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 Symphonie n° 52 en ut mineur La Tragique de Haydn

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Piero1809
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MessageSujet: Symphonie n° 52 en ut mineur La Tragique de Haydn   Ven 5 Fév - 8:31

La date de la composition de la symphonie n° 52 en ut mineur n'est pas connue avec certitude. Contemporaine des symphonies n° 42, 43 (Mercure) et 44 (Funèbre), elle date probablement de l'année 1771 ou au plus tard de l'année 1772. Comme la plupart des autres symphonies Sturm und Drang, l'effectif instrumental ne comporte que le quintette à cordes, deux hautbois et deux cors dont un alto en ut et un basso en mi bémol (1).

Le premier mouvement Allegro assai con brio 4/4 est une structure sonate épanouie avec deux thèmes bien différenciés. Il débute par un puissant unisson forte, très dramatique, caractérisé par des intervalles d'amplitude croissante. Le second thème en mi bémol majeur piano aux rythmes pointés est remarquable par son lyrisme; interrompu par un passage très véhémente au premiers violons, il revient plus étendu et encore plus expressif et on arrive aux barres de reprises. Dans toute cette vaste exposition on est frappé par le dualisme beethovénien qui s'exprime à travers deux thèmes très contrastés, le premier violent, le second chaleureux. Dans le magnifique développement, second et premiers thèmes alternent et font l'objet de modulations et de contrepoints. Des intervalles encore plus amples (quatorzième diminuée) amènent littéralement le premier thème à un climax d'intensité. A la fin du développement le second thème en la bémol majeur fera l'objet d'imitations poignantes entre les deux groupes de violons puis de furieuses gammes amènent la réexposition. Cette dernière est génialement refondue, le thème initial donne lieu à de nouvelles modulations (2) tandis que la transposition de discours musical de mi bémol à ut mineur aboutit à une expression renouvelée, en particulier, le second thème très modifié aboutit à un passage pianissimo des cordes dans leur registre aigu qui donne le frisson.

L'andante qui suit en mi bémol majeur 3/8 con sordini, d'une grande beauté mélodique, est plus serein que ce qui précède mais possède des zones d'ombre notamment au cours du développement du fait de nombreuses modulations dans les tonalités mineures et de chromatismes très expressifs. La réexposition ne montre pas de changements importants si ce n'est une participation accrue des vents. Ce mouvement dont la sonorité est très belle est en tous points digne de ceux qui l'entourent.

Le menuetto allegretto en ut mineur ¾ est très original par son thème caractéristique avec ses accentuations sur le troisième temps, ses canons entre le groupe des violons et celui des basses, la profusions des nuances piano puis sforzando à toutes les notes. Le niveau sonore est généralement piano ce qui donne au menuetto un caractère fantomatique. Changement complet d'atmosphère avec le trio qui utilise le thème du menuet transposé en ut majeur ce qui le métamorphose.

Dans le finale Presto en ut mineur alla breve, nous retrouvons la hargne du premier morceau avec en plus un mouvement survolté quasiment hystérique. Il s'agit d'une structure sonate à deux thèmes bien différenciés. Le premier thème très syncopé, d'exécution difficile, ressemble à celui du dernier mouvement de la sonate en ut mineur KV 457 de Mozart (1784) (3). Le second thème doux et expressif est le pendant du second thème du premier mouvement. La suite consiste en une avalanche de croches piquées avec des intervalles de plus en plus sauvages. Le développement débute avec le second thème encore plus expressif, passage dont la transparence résulte de l'absence des contrebasses, c'est ensuite le thème principal qui entre en scène d'abord pianissimo aux violons seuls puis mezzo forte à tout l'orchestre, l'intensité sonore augmente encore pour atteindre un sommet d'exaltation. Le développement s'articule sur le second thème transposé en ut mineur, procédé qui évite la répétition du thème initial lors de la réexposition. Quelques violents accords sabrés par le tutti amènent un farouche unisson fortissimo scellant l'unité de l'oeuvre.


(1) http://en.wikipedia.org/wiki/Symphony_No._52_(Haydn)
(2) Dans leur analyse de la symphonie n° 26 en mi bémol KV 184 de Mozart, T. de Wizewa et G. de Saint Foix suggèrent que la symphonie n° 52 de Haydn aurait pu inspirer le jeune Mozart dans certains enchainements harmoniques. W.A. Mozart, tome II, Le Jeune Maître, Desclée de Brouwer, 1936.
(3) La ressemblance de la symphonie n° 52 de Haydn avec la sonate KV 457 de Mozart a été signalée par H.C. Robbins Landon.
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Symphonie n° 52 en ut mineur La Tragique de Haydn   Dim 7 Fév - 9:36

Avec la symphonie n° 52 en ut mineur s'achève l'examen des six symphonies "Sturm und Drang" (Tempête et Tension) écrites dans le mode mineur (1) par Joseph Haydn.
Symphonie n° 39 en sol mineur (1767)
Symphonie n° 49 en fa mineur (1768) La Passion
Symphonie n° 26 en ré mineur (1768) Lamentations
Symphonie n° 52 en ut mineur (1771)
Symphonie n° 44 en mi mineut (1771) Funèbre
Symphonie n° 45 en fa#mineur (1772) Adieux

Ces chefs-d'oeuvre ont beaucoup de points communs: leur orchestration comportant un nombre restreint d'instruments: le quintette à cordes, un basson doublant les cordes graves, deux hautbois et deux cors (quatre dans la n° 39) ainsi que leur inspiration passionnée, parfois exaltée.

Toutes sont magnifiques et il serait oiseux de faire un classement. Par contre des éléments objectifs d'appréciation peuvent être pris en considération si on compare les mouvements entre eux:

Mouvement rapide numéro 1, premier mouvement cinq fois sur six: indiscutablement le plus tendu, le plus intense, le plus audacieux, le plus dissonant est celui de la symphonie n° 45 en fa# mineur suivi par le deuxième mouvement de la symphonie n° 49 en fa mineur .

Mouvement lent: le choix est plus subjectif mais à mon humble avis, l'adagio de la symphonie n° 44 en mi mineur est le plus profond et le plus émouvant de tous suivi par ceux des symphonies n° 45 en fa# mineur et n° 26 en ré mineur.

Menuetto: moins individualisés, ils sont tous exceptionnels avec un supplément d'originalité pour celui de la symphonie n° 52 en ut mineur.

Mouvement rapide n° 2, le finale cinq fois sur six: à mon humble avis le plus puissant, architecturé, élaboré est celui de la symphonie n° 44 en mi mineur, une des créations les plus géniales de Joseph Haydn.

Les symphonies n° 44 et 45 sont citées deux fois.
Les symphonies n° 59, 52 et 26 sont citées une fois.
La symphonie n° 39 n'est pas citée du tout mais on a le droit de la préférer à toutes les autres.

Quel est l'avis des colistiers sur la question?
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Symphonie n° 52 en ut mineur La Tragique de Haydn

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