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 GIULIO SABINO, une Clémence de Titus bis

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Piero1809
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MessageSujet: GIULIO SABINO, une Clémence de Titus bis   Sam 19 Juil - 9:39

Giuseppe Sarti (1728-1802) a débuté à Copenhague comme maitre de chapelle du roi Frédéric V. De retour en Italie, il écrit Giulio Sabino, un opéra seria représenté à Venise en 1781. Cet opéra eut ensuite une brillante carrière et fit le tour de l'Europe. Joseph Haydn monta l'oeuvre à Ezterhaza en 1783. L'année suivante, Sarti, en route pour Saint Petersbourg, rencontra Haydn à Eszterhazà et eut alors l'occasion d'écouter Armida, un opéra seria que Haydn venait d'achever (Vignal, 1988).

Synopsis Le drame se situe à Langres (Lingona) en Gaule du temps de l'empereur Vespasien. Le peuple de Langres conduit par Sabino s'est révolté contre le pouvoir romain représenté par Titus, fils de Vespasien. Vaincu, Sabino est contraint de se cacher dans les souterrains du chateau avec son épouse Epponina et ses deux enfants. Titus qui est amoureux d'Epponina, découvre la cachette de Sabino et emmène la famille en captivité au camps romain. Titus promet la vie sauve à Epponina si elle consent à devenir son épouse. Epponina refuse et est condamnée à assister au supplice de Sabino avant d'être executée à son tour. Mais au dernier moment, Titus, ému par la fidélité héroïque d'Epponina, suspend l'ordre d'exécution tandis que le rebelle Sabino se soumet au pouvoir de l'empereur.

Cet opéra composé avant le long séjour de Sarti à la cour de Catherine II de Russie, chante les louanges du monarque du Siècle des Lumières, capable de dominer ses passions en vue du bien commun.

Style Le plan de l'opéra est plutôt conventionnel; il se compose d'une succession d'airs entrecoupés par le récitatif secco et d'un minimum d'ensembles: un duetto à la fin du 1er acte et un terzetto à la fin du 2ème acte. Le 3ème acte, court (moins de 30 minutes) comporte un bref finale où tous les protagoniste interviennent. Joseph Haydn reprendra exactement ce schéma pour son Armida (1784) avec un contenu d'esprit profondément différent et une conclusion pessimiste. Sarti ne tint pas compte de la réforme opérée par Calzabigi et Gluck d'une part et par Traetta d'autre part, consistant à doter l'opéra seria d'une riche parure orchestrale, de choeurs puissants et d'ensembles visant à intensifier le sentiment dramatique. De ce fait Giulio Sabino est aux antipodes de chefs-d'oeuvres tels qu'Idoménée de Mozart contemporain et surtout de "Gli Orazii e i Curiazii" de Cimarosa (1796) qui, a mon avis, représente la forme la plus achevée de l'opéra seria au 18ème siècle. Afin de compenser la monotonie de cette succession d'airs, Sarti adoptera des formes très variées pour ces derniers: le grand air avec "da capo", l'ariette à une ou plusieurs strophes, et surtout les airs "à deux vitesses", comportant une première partie lente et une deuxième partie bien plus rapide, permettant ainsi d'élargir l'éventail des sentiments exprimés.

La musique de Sarti possède un tour très personnel, on le voit dès l'ouverture, qui surprend par son côté nerveux (abondance de rythmes lombards (1)). On y trouve de belles sonneries guerrières de trompettes. La scène 8 du 1er acte est introduite par un étrange prélude jouée par le basson dans son registre aigu. Ce passage reviendra au 2ème acte sous une forme modifiée mais tout aussi expressive. Les airs, le duetto et le terzetto sont tous très beaux et dépeignent une grande variété de sentiments: l'amour conjugal, les doutes de Titus, la jalousie de Sabino croyant être trompé par Epponina, son angoisse à la veille de son exécution...

Hits Les sommets de l'oeuvre sont au 2ème acte la scène 8 qui se passe dans les souterrains du chateau, on remarque les impressionnants trémolos de l'orchestre sur les paroles: "Io gia lo sento, quel che invita alla tomba, orribile di morte atro lamento" et au 3ème acte la scène du supplice de Sabino "D'una vita infelice...", introduite par une marche funèbre lugubre. Dans ces deux scènes, le tempérament dramatique de Sarti s'exprime pleinement.

L'interprétation de l'Academia Bizantina (direction Ottavio Dantone) est excellente; Les rôles de Sabino et d'Epponina sont tenus par Sonia Prina et Elena Monti toutes deux remarquables. L'orchestre précis rend justice à ces belles pages méconnues.

Un dossier complet sur Giulio Sabino se trouve dans la référence (2).

(1) http://www.musicologie.org/sites/l.html

(2) http://www.odb-opera.com/modules.php?name=Content&pa=showpage&pid=139
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Piero1809
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MessageSujet: Re: GIULIO SABINO, une Clémence de Titus bis   Dim 20 Mar - 13:38

L'opéra seria Giulio Sabino de Giuseppe Sarti connut un très grand succès. Après ses nombreuses exécutions à Eszterhazà sous la baguette de Haydn, il fut représenté dans plusieurs capitales européennes et notamment à Londres en 1788 (1).

Dans un dossier concernant cet opéra, E. et J. Pesqué rapportent qu'en 1812 fut représentée à Paris au Théâtre du Vaudeville une "comédie-anecdote en un acte, mêlée de vaudevilles, par M. J Gabriel et Wafflard" [Jules Gabriel et Alexis Vafflard], Haydn, ou le menuet du boeuf (1).

Cette comédie évoque Giulio Sabino et les relations amicales entre Giuseppe Sarti et Joseph Haydn. On y entend une des protagonistes de la pièce lire à Haydn une lettre de Sarti, venant d'Italie, louant avec enthousiasme le dernier opéra seria de Haydn. Un opéra seria probablement imaginaire car l'Anima del Filosofo, composée en 1791, ne fut jamais représenté. Par contre une représentation d'Armida eut lieu à Turin en 1805.

(1) E. et J. Pesqué http://www.odb-opera.com/modules.php?name=Content&pa=showpage&pid=139&page=3

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Emmanuelle



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MessageSujet: Re: GIULIO SABINO, une Clémence de Titus bis   Dim 20 Mar - 20:34

Bonjour Piero,
Merci de la mention de ce dossier... Very Happy
oui, le contexte de ce vaudeville est sans doute tout à fait imaginaire...
Il présente Haydn comme un espèce de "bon père de famille" un peu bonace, qui sert de Deus ex machina. C'est très intéressant sur la fortune du personnage et la perception qu'on en avait...
Evidemment, comme il s'agit d'un ppéra en vaudeville, c'est un patchwork d'airs divers notés au dessus du texte réellement chanté. Le gag était évidemment aussi dans la dichotomie des paroles adaptées sur un air connu et le texte réellement chanté, ce qui donnait un sous texte quelquefois censurable...
On peut maintenant trouver ce texte en ligne sur Google Books :
http://books.google.fr/books?id=-MNchrQSafEC&pg=RA2-PA25&dq=wafflard+haydn&hl=fr&ei=8zeGTYGwOZW64gblyo3UCA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CCoQ6AEwADge#v=onepage&q&f=false

Par ailleurs, ce procédé se retrouve jusqu'aux Nozze di Figaro de Mozart, adapté d'une pièce de théatre conçue comme un vaudeville. Il en reste d'ailleurs quelque chose : l'air que Chérubin chante à la comtesse est noté "Sur l'air de Malborough s'en va en guerre" et doit être chanté sur cette mélodie. De même la "Canzonetta sull' aria" de Rosine/Contessa et Suzanne/Suzanna est fondée sur le même principe...
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Piero1809
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MessageSujet: Re: GIULIO SABINO, une Clémence de Titus bis   Lun 28 Mar - 10:53

Merci Emmanuelle pour le lien.
Cette comédie, Haydn ou le menuet du Boeuf, semble très amusante et instructive car elle donne une idée de la perception que l'on avait de Joseph Haydn quelques années à peine après sa mort. En attendant de la lire attentivement afin de tenter de décrypter les allusions ou clins d'oeil dont elle paraît truffée, je me permets de vous poser une question. Savez-vous si la musique correspondant au texte est conservée?
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Emmanuelle



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MessageSujet: Re: GIULIO SABINO, une Clémence de Titus bis   Mar 29 Mar - 13:51

Piero1809 a écrit:
Merci Emmanuelle pour le lien.
Cette comédie, Haydn ou le menuet du Boeuf, semble très amusante et instructive car elle donne une idée de la perception que l'on avait de Joseph Haydn quelques années à peine après sa mort. En attendant de la lire attentivement afin de tenter de décrypter les allusions ou clins d'oeil dont elle paraît truffée, je me permets de vous poser une question. Savez-vous si la musique correspondant au texte est conservée?

Je ne sais pas, à vrai dire...
Souvent les airs nouveaux étaient notés en fin d'édition du livret... mais très succinctement...
Pour les autres airs, le gag résidant aussi dans la nouvelle utilisation de mélodies connues, avec un "choc" entre paroles nouvelles et anciennes, il n'était souvent pas nécessaire de les noter, puisque c'était dans l'air du temps.
Il y a peut-être quelque part du matériel musical correspondant à ce vaudeville, mais je ne sais pas où...
Le gros problème des vaudeville, c'est la reconstitution... comme le prouve le travail de l'excellent ensemble Les Monts du Reuil, qui a monté plusieurs fois (et édité) la partition de la Cendrillon de Laruette, qui inclut du Lully et du Rameau (pour ne parler que des plus connus). Certains airs manquent, ils ont été soit recomposés, soit énoncés. ( cpmpte rendu ici (avec liens sur CR antérieurs présentant le vaudeville) http://www.odb-opera.com/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&t=9597 )
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