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 LES QUATUORS OPUS 33

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JPS1827



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MessageSujet: LES QUATUORS OPUS 33   Lun 29 Sep - 10:36

Les six quatuors de l'opus 33 semblent avoir été composés entre juin et novembre 1781. Haydn déclare à leur sujet "ils sont d'un genre tout à fait nouveau et particulier, car je n'en ai pas écrit depuis dix ans". Appelés "quatuors Russes"(car ils auraient été dédiés au Grand-Duc de Russie dans l'édition posthume des quatuors de Haydn par Artaria),  ou Gli Scherzi, car les menuets y sont remplacés par des scherzos. Leur numérotation ne correspond pas à l'ordre de leur composition. Je pense qu'il serait utile de discuter de l'importance de cet opus dans l'œuvre de Haydn et dans la musique du 18ème siècle au fur et à mesure  des posts sur ces quatuors. On sait que la forte impression faite sur Mozart par ces quatuors est une des motivations qui l'a poussé à écrire les six quatuors dédiés à Haydn.
Le premier mouvement du quatuor opus 33 n°1 en si mineur a été abondamment analysé par Charles Rosen puis Marc Vignal. Ils font notamment remarquer que ce mouvement introduit une révolution stylistique dans la mesure où les rapports entre voix principale et accompagnement s'y transforment dès les premières mesures : à la troisième mesure la mélodie est confiée au violoncelle accompagné par un motif rythmique aux autres instruments, motif qui devient voix principale à la mesure 4, comme on peut clairement l'entendre, sans qu'on puisse dire à quel moment exactement l'accompagnement commencé au début de la mesure 3 devient mélodie principale à la fin de la mesure 4.


Pour Rosen c'est cette révolution stylistique qui caractérise "le genre nouveau et particulier" mis en avant par Haydn au sujet de ces quatuors. Il considère qu'il s'agit de "l'acte de naissance du contrepoint classique", tout en admettant qu'on puisse trouver un précédent à cette révolution.
Le premier thème de ce mouvement a un caractère laconique qui laisse imaginer son énergie latente. Il est lui-même composé d'un motif principal d'une croche puis d'une noire suivie de 4 doubles-croches descendantes, qui ne reviendra  pas moins de 48 fois dans le mouvement sans compter la reprise (je les ai comptées, merci de rectifier le cas échéant). En dehors d'un court passage qui sert de pont vers ré majeur, apparenté d'ailleurs au thème principal,


ce thème est unique, c'est lui qui réapparaît en majeur au moment où on attend un deuxième groupe thématique. Parallèlement, Rosen et Vignal examinent la manière détournée dont est amenée la tonalité de si mineur, nullement évidente dans la première mesure du morceau. Ce mouvement entier donne l'impression d'une puissante introduction à l'ensemble de l'opus.

Le scherzo commence par un vigoureux motif sur l'arpège de si mineur auquel s'opposera le trio en si majeur en notes conjointes fait d'un motif de cinq notes régulières que les instruments se passent dans toutes sortes de configurations en se répondant ou bien en donnant au contraire l'impression d'une ligne continue.
L'andante, d'un caractère posé et assez énigmatique, est de forme sonate ; au premier thème sur l'arpège de ré majeur répond un deuxième thème assez évasif, sur fond de notes répétées :


Le développement dramatise un peu le thème principal en l'exposant en mineur et se termine par un arpège descendant d'ut dièse majeur joué par le quatuor comme par un seul instrument à seize cordes, fin étonnante notée par Marc Vignal, dans la mesure où on attendrait plutôt ici la majeur, dominante du ré majeur qui va suivre, et qui va simplement utiliser la proximité entre ut dièse et ré pour amorcer la réexposition. A noter la remarquable cadence rompue qui survient cinq mesures avant la fin de l'exposition, puis avant la fin du morceau.

Marc Vignal n'accorde qu'une ligne au finale que je tiens personnellement pour un mouvement particulièrement remarquable et magnifique. Le ton général est énergique et rustique, contrastant en cela avec le mode mineur. Après le premier thème invitant à une danse paysanne plutôt endiablée, survient un passage virtuose au premier violon faisant penser à Vivaldi, qui sert de pont en modulant vers ré majeur, tonalité ou apparaît le second thème, d'abord solaire puis qui va bientôt se charger d'appogiatures évoquant quelque caquetage particulièrement moqueur.


Après un développement virtuose puis contrapuntique, la réexposition verra le second thème rester en mineur cette fois.


Ce quatuor est l'un de mes préférés de la série. J'en ai deux interprétations :  celle du Los Angeles Quartet est  entreprenante et rustique d'un bout à l'autre alors que les Mosaïques tirent le premier mouvement vers un registre plus plaintif.
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Piero1809
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Mar 30 Sep - 15:46

Merci Jean Pierre pour ce passionnant commentaire qui semble annoncer que vous ne vous arrêterez pas-là!

Avec le quatuor en mi bémol majeur, le quatuor en si mineur est aussi mon préféré de la série.
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Mer 1 Oct - 0:27

J'oubliais de signaler que pour les colistiers éventuellement intéressés par les partitions, on trouve toutes celles de l'opus 33 en pdf sur cette page

http://imslp.org/wiki/String_Quartets%2C_Op.33_%28Haydn%2C_Joseph%29
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JPS1827



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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Mer 1 Oct - 9:14

Le quatuor opus 33 n°2 en mi bémol majeur a été surnommé "La plaisanterie" en raison de sa fin très étonnante.
L'allegro moderato est encore résolument monothématique, avec un thème principal remarquable par sa tenue et son énergie qui évoque une marche à travers un paysage changeant ; il est basé sur une cellule rythmique unique composée de deux doubles-croches suivies d'une croche, cellule qui reviendra constamment dans tout le mouvement.



On est encore subjugué par la plasticité expressive de cette cellule au service d' une expression parfois sérieuse et bourrue, parfois joueuse ou bien presque plaintive. Haydn s'en amuse beaucoup dans le développement qui commence par le motif au violoncelle puis au violon, comme une double question à laquelle répond à nouveau le thème énoncé délibérément en la bémol, puis en mi bémol avant une géniale modulation mesure 44,



introduite par le sol bémol, allant vers fa mineur à la mesure 51 par un chemin complexe. La suite est harmoniquement plus simple allant du fa au sol puis à do mineur, avec encore une progression harmonique simple mais amenée de façon spectaculaire dans les mesures 60 à 62. A la réexposition, Haydn n'hésite pas à devant des frottements harmoniques assez crus, mesure 70.
Le scherzo commence sur un rythme dont Mozart s'inspirera certainement pour le menuet de son quatuor K 428, comme le signale Marc Vignal (et aussi Schubert pour son quatuor D112) ; on note le passage du second violon au dessus du premier dans la réponse. Le trio est une mélodie exposée au premier violon d'une gaieté simple :



La sonorité d'ensemble est très particulière avec des moyens qui paraissent simples (mélodie au premier violon, accompagnement en croches au second violon, harmonisation à l'alto et au violoncelle), cela sonne très différemment d'un quatuor de Mozart, de façon plus "paysanne".
Le largo présente trois éléments : le début est d'emblée très étonnant, la première phrase(1) exposée à l'alto et au violoncelle prenant un son cuivré évoquant des cors. La réponse nasillarde aux deux violons évoque d'abord des hautbois avant l'apparition d'un discret battement de seconde(2) au violoncelle.



Ensuite, deux accords en forme d'injonction introduisent un curieux passage syncopé(3).



Plus loin c'est la combinaison du second violon et de l'alto qui évoque à nouveau des cors. Les accords syncopés réapparaissent puis le chant du violon devient éperdu ; à la mesure 52, la phrase principale réapparaît, pacifiée, débarrassée de ses ambiguïtés sonores et l'atmosphère devient vraiment magique. La fin commence avec une nouvelle injonction de deux accords arrachés. Ce mouvement d'une beauté sévère qui nous tient un peu à distance paraît particulièrement énigmatique sur le plan expressif, méditation libre dans laquelle Haydn se livre à des expériences sonores avec le quatuor.
Le finale est un rondo avant tout construit sur un thème magnifique dont la parenté avec le finale du quatuor KV 589 de Mozart ne me paraît plus aussi nette qu'auparavant. Marc Vignal lui consacre une analyse détaillée sur le plan de la structure, considérant que le refrain complet est composé de trois parties (thème principal de huit mesures, puis deuxième section se terminant par la reprise des huit mesures principales jusqu'à la mesure 36). Ce thème est effectivement d'un caractère spirituel et léger, avec des respirations bien ménagées qui en soulignent la progression, ce qui contraste avec le caractère endiablé du premier couplet qui démarre mesure 37 et se termine par un long silence avant la reprise du refrain complet. Le second couplet, lui aussi endiablé mais moins sombre que le premier, se termine sur un long point d'orgue avant la dernière page du morceau dans laquelle le refrain est d'abord brutalement interrompu par quatre mesures adagio, puis reprend en se raréfiant, les intervalles entre les périodes augmentant, le morceau finit à la mesure 166, puis surprise, survient "la plaisanterie" : après quatre longues mesures de silence on réentend les deux premières mesures du refrain qui se terminent bien sur la tonique de mi bémol mais donnent un effet suspensif très particulier faisant attendre la suite quand on écoute ce mouvement pour la première fois…cette dernière page est encore une fois très énigmatique : éloignement de la danse villageoise, commentaire évasif sur la vanité des chose, fragilité de la vie…
Un quatuor à beaucoup réécouter, qui révèle de nouvelles beautés à chaque fois.
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Mer 1 Oct - 15:07

Merci Jean Pierre pour l'analyse de ce magnifique quatuor, un de mes favoris comme je l'ai déjà dit.
A propos de l'interprétation, j'ai la version du quatuor Festetics sur instruments anciens. N'étant pas un fanatique des instruments anciens, je me méfiais un peu mais à l'audition de ce quatuor, j'ai été conquis car la sonorité d'ensemble est vraiment belle, brillante et incisive. Pas de sonorités nasales et de mièvrerie dans cette version!
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Ven 10 Oct - 22:43

J'ai reécouté le quatuor en mi bémol majeur(HobIII.38) interprété par le quatuor Festetics.

Comme JPS l'a si bien dit, on découvre de nouvelles beautés à chaque nouvelle audition.

1er mouvement (mon préféré des quatre, du fait de la rigueur de son architecture), je suis émerveillé (et ce compliment s'adresse presqu'autant à l'interprête qu'au compositeur) par la virtuosité du premier violon. Les nombreux sextolets de doubles croches sont redoutables!

Le 2ème mouvement me fait penser au Largo sublime de la 88ème symphonie (ce dernier étant bien sur beaucoup plus audacieux et complexe). Comme dans la symphonie, les variations sur le thème principal du largo sont entrecoupées par une suite d'accords syncopés (beaucoup moins agressifs toutefois que les extraordinaires septièmes augmentées de la symphonie, jouées fortissimo par l'orchestre au complet).

Dans le trio du Scherzo, le premier violon Itsvàn Kertèsz fait des glissandi assez vulgaires alla Malher. C'est très amusant mais ce trait n'apparait pas dans la partition Eulenburg que j'ai sous la main. Haydn a écrit effectivement des glissandi du même type dans le finale de sa 89ème symphonie mais a noté explicitement la mention "strascinando" (trainant).
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Sam 11 Oct - 1:00

Le violoniste du Los Angeles Quartet fait également des glissandos entre toutes les notes liées par deux, et le quatuor Mosaïques (sur instruments anciens) fait de même. Est-ce une tradition d'interprétation ?
Dans l'ensemble j'aime beaucoup le Los Angeles Quartet, alors que je ne suis pas vraiment convaincu par la sonorité d'ensemble assez terne des Mosaïques (par qui j'ai les opus 20, 33 et 77), qui ont pourtant de remarquables idées en ce qui concerne les phrasés. Je posterai ce week-end sur l'opus 33 n°3.
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Dim 12 Oct - 18:10

Le quatuor opus 33 n°3 en ut majeur est appelé "l'Oiseau" principalement en raison du thème principal de son premier mouvement.
Ce premier mouvement commence par énoncer le thème sur des accords battus en do majeur. L'impression sonore de ces sol répétés en valeurs longues et précédés d'une appoggiature est très originale ; après un bref arrêt le thème reprend aussitôt sur le second degré, en ré mineur. Vingt ans plus tard, Beethoven utilisera ce procédé de façon systématique (début de l'Appassionata, de la Walstein). De ré mineur, on passe aussitôt en sol mineur pour une réplique extrêmement poétique



Ce fragment ramène à ut majeur vers un passage où les quatre instruments dialoguent. Chacune des trois premières parties de ce thème est ainsi composée de cinq mesures (quatre mesures précédées d'une mesure d'accords battus) et la réponse finale de neuf mesures plus une d'accords battus. Après un pont sur un motif en groupe de notes rapides (un autre oiseau ?), l'arrivée en sol majeur est marquée par un thème nouveau, qui utilise une diminution* rythmique des deux premières mesures du premier thèmes, dégagé, moins expressif que le premier, dans lequel Haydn utilise tous les instruments qui se "passent" des motifs qui voyagent donc au travers des seize cordes. Le développement va directement vers fa majeur avec le premier thème puis vers la mineur avec le deuxième thème. Après d'autres modulations survient un mystérieux et très beau passage modulant, utilisant le fragment dactylique (une longue, deux brèves) du deuxième thème



Ce passage se termine sur la dominante de la mineur (accord de mi majeur) comme à bout de souffle. De là renaît l'accompagnement d'accords battus qui mène à la conclusion du développement avec un retour direct et surprenant à la réexposition qui arrive comme un éclairage soudain



et qui sera suivie d'une coda. Haydn note une reprise de la deuxième partie, qui est fréquemment omise, la forme sonate hésitant encore entre son nouveau moule et l'ancienne coupe en deux parties reprises chère à Domenico Scarlatti et CPE Bach.

Le scherzo fait rendre au quatuor une sonorité très originale en se cantonnant au registre grave des violons. Cette sonorité rampante assombrit de façon un peu inquiétante la bonhomie du motif. Le trio contraste avec un motif aigu, encore un oiseau qui lance ses trilles.
L'adagio en fa majeur (encore dans le ton de la sous-dominante) est de forme sonate : l'exposition est d'abord une belle phrase soutenue par tout le quatuor qui va voyager vers ut majeur pendant vingt-huit mesures, se finissant en do majeur, avant une reprise variée caractérisée par l'ornement permanent de la mélodie au premier violon. Le "développement" ne comporte que six mesures étonnamment modulantes, sommet expressif du morceau,



avant la reprise de la phrase principale.
Le finale est encore assez étonnant. "C'est le premier finale des quatuors de Hayn à porter explicitement le nom de rondo, et son thème principal est agressivement populaire"(Marc Vignal). Ce thème au rythme énergique évoque effectivement une sorte de ronde "déboutonnée" mais sans concession, emportant tout sur son passage. Remarquable est l'exposition du thème au violoncelle dans la deuxième période.



Puis le premier couplet se rue sur la mineur avec un climat plus dramatique et plus emporté. La coupe est de type ABAB'A, le second couplet B' étant la reprise du premier mais en ut mineur (ce qui rapproche ce mouvement d'une forme sonate).
Ce quatuor semble avec le n°2 le plus connu de l'opus 33 et me paraît une nouvelle illustration des recherches de Haydn sur les possibilités sonores du quatuor.


*Une diminution consiste à écrire un thème en valeurs plus brèves en gardant les proportions rythmiques. Ici, une ronde suivie de deux blanches devient une blanche suivie de deux noires. ce procédé était très employé par Bach dans ses fugues, et aussi son contraire, l'augmentation (cf la monumentale augmentation du thème de la fugue n°8 du premier livre du Clavecin bien tempéré).
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Mar 21 Oct - 23:54

Le quatuor opus 33 n°4 en si bémol majeur commence par un allegro moderato construit sur un unique thème énergique, qui donne l'impression d'avoir commencé avant , comme si la musique était "prise en marche".



Tout le mouvement, bien que d'une certaine complexité rythmique, paraît avancer dans une atmosphère de bonne humeur. L'écriture est dense, répartissant un riche dialogue motivique entre les quatre instruments. Le développement est marqué par la répétition modulante au premier violon d'un motif en doubles croches d'une mesure.



Le scherzo accentue cette impression de scène paysanne, le trio n'apportant qu'une discrète note mélancolique.
Le magnifique largo, mouvement calme et réfléchi, expose un thème noble A, qui nous convie à poser un regard confiant et serein sur la nature, sans assombrissement dramatique.


Le caractère de ce thème est donné par le rythme du premier temps, rythme qui hantera tout le mouvement, avec parfois inversion du mouvement mélodique. Puis le thème se déploie dans une sorte de développement modulant sur des accompagnements en notes répétées, le plan général étant de type ABAB'A.

Le rondo final est un chef-d'œuvre. Le refrain est exposé en deux parties reprises et fait appel à un motif rythmique unique répété jusqu'à l'obsession.



Le premier couplet en trois parties reprend le rythme du refrain. La reprise du refrain est légèrement variée. Le second couplet est un déchaînement , le rythme obstiné du premier violon se superposant à un mouvement perpétuel nourri du second violon et de l'alto.



Après la reprise du refrain, la fin est remarquable : soudain le rythme suspend sa pulsation tyrannique, et survient un silence interrogatif, puis le quatuor nous livre une "plaisanterie" dans une déliquescence de pizzicati évasifs…
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Piero1809
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Dim 26 Oct - 11:30

Merci JPS pour cette présentation. J'aime tout particulièrement ce quatuor en si bémol qui incarne si bien toutes les vertus de clarté, de concision, de fantaisie et d'humour du cycle complet.
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Mer 12 Nov - 3:02

Le quatuor opus 33 n° 5 en sol majeur commence par une cadence parfaite qui revêt un aspect à la fois rythmique et harmonique particulièrement simple et définitif malgré la nuance pianissimo, enfermant en quelque sorte les nombreux éléments de ce génial premier mouvement dans un cadre harmonique strict et en donnant une formule rythmique propre à toutes sortes d'utilisations.

Le premier thème allant en notes piquées est ponctué par cette formule rythmique liminaire, puis se résout en une sorte de jeu qui aboutit à un point d'orgue avant un deuxième thème qui ressemble au premier, mais plus librement mélodique, en ré majeur (dominante de sol). Le premier thème reprend bientôt le dessus avant la fin évasive de l'exposition. Le magnifique et inventif développement commence en sol mineur, commençant à montrer l'ambiguïté modale de ce mouvement où pratiquement tous les éléments seront éclairés par le mode majeur et par le mode mineur. De sol mineur on passera en do majeur puis en mi mineur pour un rappel du second thème qui aboutit à divers frottements harmoniques, puis à un énergique passage forte avant de se résoudre sur un chromatisme en notes piquées très suspensif…auquel répond soudain la formule du début amenant la réexposition.

Deux surprises vont encore venir : d'abord une magnifique variante du pont (épisode situé entre le premier et le second thème dans la structure sonate), très modulante ; puis, après un point d'orgue à la fin de la réexposition, Haydn se rue soudain sur mi bémol majeur pour une magnifique coda (procédé harmonique utilisé ultérieurement par Beethoven, avec comme exemple le plus caricatural le passage de do majeur à la bémol majeur à la fin de l'allegro de sa sonate opus 2 n°3, ce qui est l'exacte transposition du passage de sol majeur à mi bémol observé ici).
On a déjà souligné la parenté du thème du largo avec celle du second mouvement de la Symphonie Jupiter de Mozart, mais ce n'est qu'une parenté d'écriture et non d'expression.

Contrairement à la sérénité méditative du mouvement mozartien, on a ici un chant poignant, avec toutes sortes de modifications rythmiques qui lui donnent une dignité particulière. On remarque avec quelle ingéniosité et quel poids expressif Haydn réintroduit, sur un ton sévère cette fois, la formule rythmique qui ouvre le premier mouvement.

Le scherzo est d'un caractère énergique et "déboutonné", et Haydn s'y amuse beaucoup de l'ambiguïté qui consiste à écrire des formules à deux temps dans une mesure à trois temps, procédé qui sera largement repris par Beethoven

Dans l'interprétation dont je dispose, le trio a un caractère à la fois pastoral et nostalgique, mais aussi désabusé. Après la reprise, la fin du scherzo est extrêmement suspensive.
La parenté du magnifique thème de sicilienne du finale varié avec celui du finale du quatuor en ré mineur de Mozart KV 421 est bien connue. Cependant, je remarque que dans la variation 6 du sublime andante varié de la sonate pour piano et violon KV 377 datée de l'été 1781, on retrouve déjà un thème de sicilienne apparenté, en ré mineur.

La question de savoir qui a influencé qui n'est donc pour moi pas si claire. Haydn se borne à quatre variations, la première ornant simplement le thème de doubles croches sans modifier l'acompagnement. L'écriture se fait plus dense dans la seconde avec des jeux de réponses et d'imitations. La troisième donne un rôle important à l'alto puis au violoncelle, qui donnent l'impression d'un basson un peu moqueur sous le thème imperturbable. Dans la dernière variation beaucoup plus rapide seule la première partie du thème est variée au sens strict, ce qui lui donne plus le caractère d'une une coda que d'une variation complète, conclusion endiablée de ce très beau quatuor, mon préféré de la série avec le n°2.
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Mer 12 Nov - 10:50

Merci JPS pour cette magistrale analyse. Très occupé par les sonates (un travail presque fini), je ne peux donner à ces magnifiques quatuors opus 33 toute l'attention qu'ils méritent.

Tout a fait d'accord avec vous, il est souvent difficile de dire de Haydn et Mozart lequel a influencé l'autre. Avant 1780 en gros c'est facile, Haydn est un père et un mentor pour le jeune Mozart. Après Idoménée c'est moins évident. Je donne un exemple avec la sonate n° 59 de Haydn de mai 1790 avec cette ressemblance de l'Adagio avec celui de la sonate KV 576 de Mozart ( avril 1789). Qui a influencé qui? Difficile quand on sait que courant 1789, les deux hommes se sont rencontrés longuement. Après la mort de Mozart c'est de nouveau facile mais les emprunts à Mozart sont rares car le style de Haydn a beaucoup évolué.

A noter dans la coda du finale du quatuor avec piano KV 478 une brusque modulation de sol majeur à mi bémol majeur.
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Sam 15 Nov - 16:23

Venant de reécouter le cinquième quatuor en sol majeur opus 33, je suis admiratif. Ce quatuor me parait aussi très remarquable en raison de sa beauté mélodique:
1er mouvement. C'est surtout la reexposition qui est époustouflante, profondément différente de l'exposition et pleine de fantaisie.
2ème mouvement. Un arioso du premier violon qui m'évoque l'opéra. Il est vrai que Haydn était en train de composer Orlando Paladino, un de ses plus fameux drame héroïcomique.
3ème mouvement. Le plus véritablement Scherzo des six. En plus le quatuor Festetics le joue Presto, option tout à fait défendable.
4ème mouvement. Le thème est vraiment inspiré et la fugitive incursion en si majeur à la mesure 8 est une trouvaille.

Amicalement
giuseppe
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Sam 15 Nov - 17:17

Le Quatuor de Los Angeles joue le scherzo à un mouvement assez rapide, peut-être pas tout à fait presto et ralentit franchement le trio qui prend un son un peu traînant et nasillard. Le quatuor Mosaïques le joue nettement plus lentement avec de curieux effets de "mise en route", en commençant les phrases assez lentement avant d'accélérer, assez intéressants à défaut d'être vraiment convaincants.
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MessageSujet: Quatuor en ut majeur opus 33 n° 3   Dim 16 Nov - 22:39

Ce quatuor me plait décidément beaucoup. Quelle belle sonorité, claire, puissante, brillante! Le surnom l'Oiseau lui va très bien. Le thème du premier mouvement évoque bien un chant d'oiseau et anticipe, à mon avis, sur celui qui ouvre l'opus 64 n° 5 l'Alouette.

Le trio du scherzo avec ses trilles ressemble aussi à un chant d'oiseau mais c'est le scherzo proprement dit qui m'enthousiasme. Quelle superbe harmonisation! Les quatre instruments jouent sur leur corde la plus grave et sotto voce si bien que ce morceau acquiert une profondeur et une gravité qui n'a plus rien d'une plaisanterie et qui m'évoque le sublime trio du menuet du quatuor opus 77 n°2.

De l'Adagio je ne dirai pratiquement rien sauf pour remarquer que j'entends plus un thème suivi de deux variations qu'une structure sonate. Les ornements qui habillent chaque variation sont d'une variété et d'une inventivité extraordinaires.

Quant au presto finale c'est un enchantement! Haydn est en pleine forme et nous ravit par un morceau dynamique et joyeux avec quelques accents Magyars (ou Turcs?).

Bonne soirée

_________________
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MessageSujet: CD ?   Lun 17 Nov - 1:40

Quelqu'un a-t-il une discographie à proposer ?
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Lun 17 Nov - 2:12

Giuseppe a écrit:
De l'Adagio je ne dirai pratiquement rien sauf pour remarquer que j'entends plus un thème suivi de deux variations qu'une structure sonate. Les ornements qui habillent chaque variation sont d'une variété et d'une inventivité extraordinaires.

Vous avez parfaitement raison. J'avais pensé à une structure de ce type : exposition des mesures 1 à 29, reprise variée de l'exposition de la mesure 30 à la mesure 58, développement très court de la mesure 59 à la mesure 64 puis réexposition variée à partir de la mesure 65, avec une sorte de télescopage d'une structure sonate et d'un thème varié, mais six mesures, c'est effectivement bien court pour parler de développement…


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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Lun 17 Nov - 2:22

cd-man a écrit:
Quelqu'un a-t-il une discographie à proposer ?

Je n'ai que deux enregistrements :
- l'intégrale du Los Angeles Quartet parue chez Philips, dont je suis globalement très satisfait : une certaine personnalité sonore, des interprétations vives qui "avancent" et une "tenue" certaine dans les mouvements lents, qui dans l'ensemble se parent d'un caractère un peu hiératique, et qu'on aimerait parfois plus humainement expressifs
- un enregistrement de l'opus 33 par le quatuor Mosaïquesqui fouille parfois plus les détails et donne des mouvements lents plus expressifs, mais donne souvent l'impression de traîner et se perdre dans les mouvements vifs ; malgré de magnifiques détails, la structure des œuvres me paraît moins présente que chez les précédents.

J'attends de pouvoir écouter les Buchberger dans le coffret Brilliant.


Comme vous vous en doutez, Giuseppe connaît infiniment mieux que moi la discographie de ces quatuors et j'espère qu'il nous donnera son avis.
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Lun 17 Nov - 10:22

JPS1827 a écrit:

Comme vous vous en doutez, Giuseppe connaît infiniment mieux que moi la discographie de ces quatuors et j'espère qu'il nous donnera son avis.
Vous êtes dans l'erreur, cher JPS, ma discographie est très limitée.

En 33 tours, j'ai l'intégrale de l'opus 33 avec le quatuor Weller, très brillant mais parfois un peu neutre.
En CD, j'ai la quatuor Festetics sur instruments anciens. Je suis souvent agacé par les instruments anciens, mais cette fois je suis conquis: le caractère "ancien" (sonorités plaintives et nasillardes) est très discret, par contre il y a dans cette interprétation une clarté, une transparence, un dynamisme enthousiasmants. Le premier violon domine totalement les difficultés de la partition. L'alto a une magnifique sonorité. Les deux autres protagonistes sont excellents.


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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Lun 17 Nov - 10:26

JPS1827 a écrit:
J'avais pensé à une structure de ce type : exposition des mesures 1 à 29, reprise variée de l'exposition de la mesure 30 à la mesure 58, développement très court de la mesure 59 à la mesure 64 puis réexposition variée à partir de la mesure 65, avec une sorte de télescopage d'une structure sonate et d'un thème varié, mais six mesures, c'est effectivement bien court pour parler de développement…
Finalement je crois que c'est vous qui avez raison, cher JPS, on trouve quelquefois ce type de forme sonate (avec reprise variée de l'exposition et développement qui est une simple transition) dans les mouvements lents de Haydn (et de Mozart d'ailleurs: larghetto du trio en si bémol KV 502 par exemple).
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Mar 18 Nov - 1:54

Giuseppe1732 a écrit:
En CD, j'ai la quatuor Festetics sur instruments anciens. Je suis souvent agacé par les instruments anciens, mais cette fois je suis conquis: le caractère "ancien" (sonorités plaintives et nasillardes) est très discret, par contre il y a dans cette interprétation une clarté, une transparence, un dynamisme enthousiasmants. Le premier violon domine totalement les difficultés de la partition. L'alto a une magnifique sonorité. Les deux autres protagonistes sont excellents.

Cette intégrale des Festetics à l'air très intéressante. Je me rappelle qu'on m'avait offert un des disques du quatuor Mosaïques (3 quatuors de l'opus 20) il y a une quinzaine d'années, à une époque où je m'intéressais moins aux quatuors de Haydn, et que j'avais été très intéressé par ces sonorités nouvelles et un phrasé plein de sens. Eh bien, aujourd'hui je trouve que ces disques ont mal vieilli, et les Festetics ont l'air bien meilleurs pour nos oreilles actuelles (je pense de plus en plus qu'on ne peut donner son avis sur une interprétation qu'en fonction de l'époque où on l'écoute)
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Mar 18 Nov - 2:05

Quant aux Weller, ils ont l'air un peu dans le même esprit que les Angeles.
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MessageSujet: quatuor en si bémol majeur opus 33 n° 4   Mar 18 Nov - 11:14

Je reviens également sur ce quatuor dont JPS a fait une remarquable analyse. Il me semble plus "léger" que les autres, le terme léger n'ayant aucun sens péjoratif car ce quatuor est aussi beau que les autres. Peut-être devrais-je dire qu'il est plus centré sur le charme mélodique. Ce quatuor est le numéro 4 de la série. Quand Mozart écrira sa série dédiée à Haydn, il composera aussi un quatuor en si bémol (La Chasse) qui chronologiquement sera le quatrième et qui, indiscutablement, sera le plus "facile" des six (mais pas le moins intéressant).

Dans le premier mouvement, de tempo modéré, il est vrai, la partie du premier violon me semble particulièrement ardue car il faut arriver à exprimer clairement et avec esprit le phrasé du thème initial avec ses trilles.

Le magnifique Largo en mi bémol majeur débute avec un motif d'une mesure que je ne peux m'empêcher de rapprocher du début de l'Adagio (en mi bémol aussi) du quatuor La Chasse de Mozart. Chez Haydn ce motif sera répété 22 fois. Dans la partition Eulenburg, il y a un trille sur la première note du motif. Curieusement le quatuor Festetics ne joue pas ce trille. Qu'en est-il dans les autres versions?
A partir de la mesure 30, le premier violon grimpe à des hauteurs vertigineuses et j'admire Istvàn Kertész dans cet exercice périlleux!



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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Mar 18 Nov - 23:03

Les Angeles ne font pas le trille et le quatuor Mosaïques non plus. La partition que j'ai récupérée sur imslp.org comporte ce trille. J'ai une autre partition (Dover, faisant état d'un reprint d'une édition Eulenburg révisée par Willhem Altmann ) qui comporte également le trille sur cette première note, et la plupart du temps sur les premières notes des motifs semblables. Il est possible que ce trille soit interprété traditionnellement par les quartettistes comme un vibrato nettement accusé, ce qui semble être le cas dans mes deux enregistrements.
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 33   Mer 19 Nov - 10:07

JPS1827 a écrit:
Il est possible que ce trille soit interprété traditionnellement par les quartettistes comme un vibrato nettement accusé, ce qui semble être le cas dans mes deux enregistrements.
Je ne le crois pas. Les Festetics jouent quasiment non vibrato. Si le trille se trouve sur le manuscrit autographe alors il y a problème! J'ai remarqué que ce trille se trouve presque toujours à la tierce ou à la sixte dans la partie du second violon, alto ou violoncelle. Y-aurait-il une difficulté à émettre ce double trille de manière claire et précise?

A propos du très spirituel Rondo, Marc Vignal signale une ressemblance avec le Rondo de la sonate n° 35 en la bémol majeur (HobXVI.43) que je trouve très judicieuse: lors du dernier retour du refrain, au lieu des trois si bémol pointés identiques, Haydn écrit le second si bémol à l'octave supérieur et le troisième deux octaves plus bas! On touche du doigt l'esprit humoristique et même farceur qui règne dans cette conclusion ainsi que dans celle de la sonate.
Bonne journée


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