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 IL RE TEODORO IN VENEZIA de Paisiello

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Piero1809
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MessageSujet: IL RE TEODORO IN VENEZIA de Paisiello   Ven 3 Oct - 21:48

Il Re Teodoro in Venezia (drame éroï-comique) fut composé à Vienne en 1784 suite à une commande de l'Empereur Joseph II faite à l'abbé Casti et à Giovanni Paisiello. L'opéra fut un grand succès avec pas moins de 60 représentations en sept ans. Mozart assista à l'une d'entre elles et tomba gravement malade, victime d'un refroidissement. Marc Vignal rapporte que, selon certains documents, Joseph Haydn travaillait à Eszterhazà au montage d' Il Re Teodoro in Venezia, labeur interrompu par la mort de Nicolas le Magnifique en septembre 1790.

L'argument du livret est tiré du Candide de Voltaire. Teodoro s'est autoproclamé roi de Corse; criblé de dettes, il s'enfuit et se réfugie à Venise incognito, accompagné par son ministre Gafforio. Dans la locanda de Taddeo, il tombe amoureux de la jolie Lisetta, fille de l'aubergiste. Pour subsister et tenir son rang, il se livre avec Gafforio à de minables manoeuvres frauduleuses. Sa situation de roi est finalement révélée et le crédule Taddéo, impressionné, est prêt à lui donner Lisetta. Cette dernière, croyant que son fiancé Sandrino la trompe avec Belisa, soeur de Teodoro, accepte la main du prétendu roi. Lorsque la table est mise en vue des noces, le chef de la police vient arrêter Teodoro après avoir déployé le catalogue de ses dettes. Teodoro est incarcéré et la compagnie défile devant sa cellule pour le consoler.

Ce bref résumé ne peut rendre compte de l'intérêt de ce livret: spirituel, amusant, parfois grave et même dramatique à la fin. Une critique parfois acerbe des moeurs économiques et morales du temps y est omniprésente. Les éléments bouffes sont merveilleusement intégrés aux aspects plus sérieux, les personnages adaptent constamment leur caractère aux situations. La personnalité complexe de Teodoro domine la distribution; la moralité de l'aventurier est certes douteuse, mais son amour pour Lisette est sincère et il souffre des indélicatesses qu'il est bien obligé de commettre. A la fin il tombe dans une demi-neurasthénie au point que sa condamnation est presqu'une délivrance.

Sur ce remarquable livret, Paisiello écrit une musique atypique, en nette rupture avec ses oeuvres précédentes. Dans son remarquable Socrate Immaginario (1775) et son Barbier de Séville (1782), pour ne citer qu'eux, les contrastes étaient vifs, de brillants morceaux de bravoure foisonnaient, au prix parfois d'une touche de vulgarité. Rien de pareil ici, il y a certes moins de contrastes mais plus de rigueur, plus de retenue, une caractérisation plus poussée et nuancée des personnages et surtout une plus grande unité qui, à mon avis, font de cette oeuvre (avec Nina) un des plus parfaits chefs-d'oeuvre de Paisiello.

L'oeuvre regorge de beautés:
Tous les airs de Teodoro: le songe de Teodoro "Non era ancora..." et l'air de la prison "Questo squaloso soggiorno...", tous deux au deuxième acte, sont des sommets dramatiques de l'opéra.

Les deux finales des actes I et II. Paisiello innove en composant deux immenses ensembles de 17 et 26 minutes respectivement. Le finale de l'acte I met en scène tous les protagonistes, c'est un feu d'artifice de vie, d'invention assortis d'une orchestration très délicate. L'immense crescendo sur les paroles "Che sussurro! Che bisbiglio..." est impressionnant de puissance et fait penser irrésistiblement à Rossini. Le finale du 2ème acte ne le cède en rien au précédent. La scène ultime est particulièrement dramatique lorsque Teodoro avec dignité ordonne à ses compagnons de le laisser méditer dans sa cellule "In pace lasciatemi. Udir non vo piu" et l'oeuvre se termine par un choeur qui tire la morale de l'histoire:"Come una ruota è il mondo...". Ce choeur splendide étonne par sa densité polyphonique digne d'un madrigal de la Renaissance.

Michael F Robinson, Il Re Teodoro in Venezia. Edizione critica, 1998
Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988.
Michael F Robinson, Paisiello, A thematic catalogue, Pendragon Press, 1991.
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