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 OPERA SERIA

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Piero1809
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MessageSujet: OPERA SERIA   Ven 5 Déc - 11:26

"Opera Seria : opéra sérieux entièrement chanté en italien, à sujets nobles puisés dans la mythologie ou l'histoire" (1).

Certains musicologues (G. de Saint Foix en particulier) n'hésitent pas à écrire qu'à l'époque où La Clémence de Titus de Mozart ou l'Anima del Filosofo de Giuseppe Haydn furent composés, c'est-à dire aux alentours de 1791, l'opéra seria était un genre moribond.

La connaissance des archives des différentes places théatrales nous montre en fait qu'un grand nombre d'opéras seria furent représentés dans diverses capitales européennes jusqu'à la fin du 18ème siècle: Venise, Bologne, Cremone, Rome, Naples, Madrid, Lisbonne, Londres et évidemment Eszterhazà. Les titres suivants: Giulio Sabino, L'Olimpiade, Cajo Mario, Il Disertore francese, Alessandro nelle Indie, La vendetta di Nino, Aci e Galatea, Antigona, La Didone abbandonata, Ifigenia in Tauride, Armida, etc... seront en effet donnés à Eszterhazà sous la direction de Giuseppe Haydn, surtout à partir de 1780 et jusqu'à la fin de 1790, date du décès du Prince Nicolas Eszterhazy. Le site

http://www.operone.de/

publie les listings des opéras de tous les compositeurs. Il est facile de constater que la proportion relative d'opéras seria composés pendant la période comprise entre 1750 et 1800 ne faiblit pas quand on progresse vers la fin du 18ème siècle.

L'exemple d'Alessio Prati (1750-1788), un compositeur dont Haydn dirigea quelques opéras, est particulièrement significatif. L'essentiel des oeuvres de ce compositeur écrites entre 1780 et sa mort sont des opéras seria. Il en est de même pour Vincenzo Righini (1756-1812).

Domenico Cimarosa (1749-1801), qui par ailleurs triomphe dans le Buffa n'hesite pas à signer quelques oeuvres majeures de l'opéra seria dont voici un court aperçu:
L'Olimpiade (Vicenza, 1784)
La Vergine del Sole (Saint Petersburg, 1788)
Cleopatra (Saint Petersbourg, 1789)
Gli Orazii ed i Curiazii (Venezia, 1796)
Artemisia Regina di Caria (Napoli, 1797) etc...

Giuseppe Francesco Bianchi (1752-1810) connait le succès à Venise puis à Londres avec une série d'opéras seria écrits en collaboration avec son complice Lorenzo Da Ponte. Joseph Haydn, un des meilleurs spécialistes de son époque de l'opéra italien, à la fois en tant que compositeur et directeur d'opéra, dirigea à Eszterhaza plusieurs opéras de Bianchi dont l'Olimpiade. Il assista à Londres en 1795 à la représentation d'Aci e Galatea du même Bianchi.

Giuseppe Sarti (Giulio Sabino, 1781; Enea nel Lazio, 1796), Pasquale Anfossi (Zenobia in Palmira, 1791), Vincenzo Righini (Alcide al Bivio, 1791), Luigi Caruso (La Lodoiska, 1798), Giovanni Paisiello (Fedra, 1788; Catone in Utica, 1789; Il Ritorno d'Idomeneo, 1792; Didone abbandonata, 1794....) ne sont pas en reste et s'illustrent dans ce domaine.

Conclusion: l'opera seria était un genre très vivant et dynamique à la fin du 18ème siècle.

Comment se situent les opéras que nous avons cités par rapport aux réformes de Calzabigi, Glück, Traetta, qui consistent à intégrer, dans la suite parfois monotone d'airs et de récitatifs, des ensembles et des choeurs dynamisant l'action dramatique?

On constate que la position des compositeurs d'opéras en ce dernier quart du 18ème siècle est très variable vis à vis de ces réformes. Giuseppe Sarti les ignore superbement dans Giulio Sabino (1781). Il en est de même avec l'Armida (1784) de J. Haydn qui suit à la lettre le plan de Sarti. Par contre dans Orfeo ed Euridice (1790) du même Haydn, le choeur tient la vedette. Avec Idomeneo, re di Creta (1781), Mozart signe peut-être le plus bel opera seria réformé de tous les temps.

Si l'Olimpiade (1784) de Cimarosa est relativement peu réformée, Gli Orazii ed i Curiazii (1796) du même compositeur est l'archétype de l'opéra réformé avec des ensembles et des choeurs magnifiques qui envahissent complètement la substance de l'oeuvre. De facture très moderne cette oeuvre magnifique annonce l'avenir.

De toutes manières les compositeurs et les librettistes devaient s'adapter aux goûts de leurs commanditaires. Il semble que Catherine de Russie aimait l'opéra seria traditionnel et qu'elle ne disposait pas de choeurs ni des grands effectifs requis dans l'opera seria réformé..

(1) On peut lire une intéressante discussion sur l'opera seria dans:

http://www.ron3.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=530&postdays=0&postorder=asc&highlight=opera+seria&start=0[/b]


Dernière édition par Piero1809 le Mar 23 Juil - 11:28, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: OPERA SERIA   Lun 22 Juil - 8:37

Un dossier très intéressant sur l'opéra seria peut être lu dans wikipedia (1).

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Opera_seria
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MessageSujet: Re: OPERA SERIA   Sam 30 Nov - 10:25

L'opéra seria est particulièrement apprécié à l'époque baroque.
Metastase règne en maître sur les livrets et la structure de l'opéra suit une règle quasi immuable: sinfonia d'ouverture généralement en trois mouvements vif lent vif (1), suivi par une alternance de récitatifs secs ou accompagnés et d'airs. L'oeuvre est découpée en trois actes. Le premier acte se termine souvent par un duo, le second par un trio et le troisième par un choeur de réjouissances très court.
Les airs ont le plus souvent la structure da capo très simple ABA' ou plus complexe AA1BA'A'1 (2).
Ce schéma va perdurer encore à l'ère classique.

Joseph Haydn a écrit trois à quatre opéras séria:
-le premier Acide (1763) est encore d'esprit baroque et pour autant qu'on puisse juger du fait que près d'une moitié a été perdue, comporte encore des airs avec da capo typiques.
-l'Isola disabitata (1780) appelée Azione drammatica comme l'Orfeo ed Euridice de Gluck, peut aussi être considérée comme un opéra seria. Cette oeuvre a une particularité rare, il n'y a pas de récitatifs secs mais de magnifiques récitatifs accompagnés entre les airs.
-Armida (1783-4) est au plan de la structure un opéra seria, il suit exactement le plan classique exposé ci-dessus, toutefois, du fait de l'intensité des sentiments exprimés, son esprit est nettement préromantique, il faut également noter un troisième acte entièrement durchcomponiert (3) très audacieux. Contrairement aux opéras séria traditionnels, il n'y a pas de fin heureuse.
-Orfeo ed Euridice (1791) est typiquement un opéra seria réformé, à la manière de Gluck et Calzabigi, comportant des choeurs très nombreux qui décrivent, commentent l'action et tirent la morale de l'histoire. Mais Haydn ne plagie jamais l'Orfeo de Gluck ni d'ailleurs celui de Ferdinando Bertoni qu'il avait également dirigé à Eszterhàza et crée une oeuvre très originale et intensément expressive anticipant les drames musicaux du début du 19ème siècle (Manfroce, Mayr, Rossini).

(1) Haendel par contre ouvre ses opéras séria avec une ouverture à la française.
(2) Aria da capo  http://haydn.aforumfree.com/t537-aria-da-capo
(3) Le récitatif sec a pratiquement disparu, des interludes orchestraux très élaborés s'intercalent entre les morceaux chantés qui se succèdent sans pause notable.
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Piero1809
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MessageSujet: Re: OPERA SERIA   Dim 30 Aoû - 18:21

En fait l'apogée de l'opéra seria se situe pendant la première moitié du 18ème siècle avec une compétition assez intense entre Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Nicolà Porpora (1686-1764) et Antonio Vivaldi (1678-1741). Le style de ces trois auteurs est relativement semblable avec une place prépondérante donnée à une écriture assez serrée et riche en contrepoint.

Ce style est concurrencé par les napolitains compositeurs d'opéras comme Alessandro Scarlatti (1660-1725). Plus tard, Leonardo Vinci (1690-1730) et Leonardo Leo (1694-1744) prônent une écriture donnant plus de place à la voix, plus virtuose, très riche en vocalises. Progressivement les trois premiers nommés (Haendel, Vivaldi et Porpora) n'étant plus à la mode, abandonnent l'opéra. Vivaldi pourtant écrira encore en 1737 un superbe opéra seria: Farnace.

Johann Adolph Hasse (1699-1784), d'une génération plus jeune que les précédents, vécut assez longtemps à Naples pour s'imprégner d'opéra napolitain, ses premiers opéras sont contemporains de ceux de Vivaldi, Haendel et Porpora mais il continua à en écrire longtemps après eux (une soixantaine en tout) et Alcide al Bivio date de 1760. Lorsque paraît Alcide al Bivio, Joseph Haydn a 28 ans. L'année suivante il composera son opéra seria Acide (1761).

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