AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Symphonie n° 48 en ut majeur "Marie-Thérèse"

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Piero1809
Administrateur


Messages : 2553
Points : 2719
Date d'inscription : 18/08/2007
Localisation : Alsace

MessageSujet: Symphonie n° 48 en ut majeur "Marie-Thérèse"   Lun 15 Juin - 11:31

Les circonstances de la composition par Joseph Haydn de la symphonie n° 48 en ut majeur et le débat concernant sa date de conception, sa dédicace à l'Impératrice Marie Thérèse et son orchestration (authenticité des parties de trompettes en particulier) sont détaillées par Marc Vignal (1). Cette symphonie date probablement de 1769 (et non de 1773 comme on l'a cru longtemps) et de ce fait forme avec les symphonies n° 38 (Echo) et n° 41, toutes deux en ut majeur et datant de la même année, une véritable trilogie. Composée peut-être en dernier, la symphonie n° 48 est plus ambitieuse et plus développée que ses devancières.

L'Allegro initial frappe par la magnificence de son début. Après un accord fortissimo sabré par tout l'orchestre, le thème principal est clamé par les cors et les trompettes. Quelle grandeur, quel éclat! Le deuxième exposé du thème est suivi par un motif déjà présent dans la symphonie n° 38 mais bien plus richement développé ici. On assiste ensuite à une alternance de moments de grande tension et de détente. On peut noter parmi ces derniers un second thème énoncé piano par les violons délicatement accompagnés par les autres cordes. Ce thème est suivi par un farouche unisson qui jouera un rôle important lors du développement. La fin de l'exposition est caractérisée par de spectaculaires gammes ascendantes et roulades entonnées par tout l'orchestre. Lors du développement l'unisson que nous avons signalé reparait et devient encore plus menaçant du fait des modulations auquel il est soumis, il est ensuite suivi par un travail thématique poussé sur le motif qui suivait le thème initial lors de l'exposition..

L'Adagio 6/8 inaugure une série de mouvements lents solennels et profonds que l'on rencontrera fréquemment dans les symphonies des années suivantes. Le thème initial très doux fait collaborer étroitement cordes avec sourdines et vents avec pour résultat une sonorité splendide. L'exposé du thème est suivi par un passage confié aux violons qui jouent piano un thème syncopé et aux basses qui donnent la mesure. Ce long passage à deux voix, d'une impressionnante nudité se termine par un motif sublime cette fois richement harmonisé. A la fin du développement les cors interviennent de façon quasi wagnérienne! Cet adagio introspectif contraste vivement avec la luminosité des trois autres mouvements.

A mon humble avis, le troisième mouvement, Allegretto est le menuetto le plus puissant et le plus symphonique écrit à ce jour par Haydn. La deuxième partie est remarquable: après le retour du thème, on entend une spectaculaire sonnerie de cuivres qui anticipe sur certains menuets des symphonies londonniennes. . Lors du dramatique trio en ut mineur pour cordes seules, le chef Adam Fischer fait alterner les tutti avec des passages réservés à un petit ensemble de solistes, qui évoquent les sonorités des quatuors à cordes de l'opus 20 (1772).

Le finale allegro 2/2 est un morceau plein de feu et d'énergie. Ici encore le chef Adam Fischer fait alterner tutti et soli. C'est un motif formé de gammes chromatiques ascendantes et descendantes, que l'on avait déjà entendu lors de l'exposition, qui ouvre le développement court mais concentré. Ce pasage, réservé aux solistes, montre clairement le degré de virtuosité impressionnant exigé des instrumentistes. Une fausse rentrée débouche sur un épisode dramatique issu d'une ritournelle orchestrale de l'exposition. La véritable rentrée n'apporte que peu de changements. Décrire avec des mots la vie et le dynamisme qui se dégagent de ce morceau est chose impossible.

(1) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988.


Dernière édition par Piero1809 le Lun 22 Juin - 9:54, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://piero1809.blogspot.fr
Haydn2009



Messages : 32
Points : 4
Date d'inscription : 15/02/2009
Localisation : Bordeaux

MessageSujet: Re: Symphonie n° 48 en ut majeur "Marie-Thérèse"   Lun 15 Juin - 19:27

Vous avez raison.
Très belle version de Pinnock; je n'ai pas encore écouté Fischer ni Dorati.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Piero1809
Administrateur


Messages : 2553
Points : 2719
Date d'inscription : 18/08/2007
Localisation : Alsace

MessageSujet: Re: Symphonie n° 48 en ut majeur "Marie-Thérèse"   Jeu 18 Juin - 22:02

Merci Haydn 2000, je n'ai malheureusement pas la version Pinnock.

J'ai les versions Antal Dorati et Adam Fischer. Très différentes:

-les tempos de Fischer sont bien plus rapides. C'est vrai surtout pour le premier mouvement (Allegro) qui est joué Allegro molto par Fischer. Je trouve que la version Dorati est plus claire et lisible, on entend bien mieux les parties intermédiaires. Avantage à Dorati pour ce mouvement.

-lorsqu'une phrase musicale est répétée dans le menuetto et le 4ème mouvement, Fischer utilise un quatuor de solistes qu'il oppose aux tutti orchestraux, d'où un effet de concerto grosso très séduisant. Avantage à Fischer.

-Dorati utilise la version originale de Haydn avec cors et timbales mais sans trompettes; Fischer ajoute les trompettes, présentes sur une copie du temps de Haydn et "acceptables stylistiquement" selon Marc Vignal. La version Dorati est plus authentique que la version Fischer mais cette dernière est plus spectaculaire surtout dans le premier mouvement et les fanfares du menuet. Match nul!

Ces versions sont toutes deux qualitativement excellentes mais diffèrent du tout au tout. Je vais essayer une troisième exécution!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://piero1809.blogspot.fr
JPS1827



Messages : 213
Points : 81
Date d'inscription : 01/06/2008
Localisation : Bourg la Reine

MessageSujet: Re: Symphonie n° 48 en ut majeur "Marie-Thérèse"   Ven 19 Juin - 9:42

Je n'ai pu écouter que Adam Fischer, impressionnant dans le premier et le dernier mouvement. Je ne connaissais pas du tout cette symphonie qui a effectivement un côté spectaculaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Symphonie n° 48 en ut majeur "Marie-Thérèse"   Aujourd'hui à 17:12

Revenir en haut Aller en bas
 
Symphonie n° 48 en ut majeur "Marie-Thérèse"
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Marie-Thérèse Saint-Aubin
» SAL Marie Thérèse St Aubin : c'est parti !
» [Mutin, Marie-Thérèse] Entre chien et loup
» Marie-Thérèse d'Autriche - Joëlle Chevé
» Thaler de Marie-Thérèse 1780 X

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Joseph Haydn :: Les Symphonies-
Sauter vers: