AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 IL CONTE POLICRONIO Giuseppe Moneta (1754-1806)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Piero1809
Administrateur


Messages : 2553
Points : 2719
Date d'inscription : 18/08/2007
Localisation : Alsace

MessageSujet: IL CONTE POLICRONIO Giuseppe Moneta (1754-1806)   Jeu 23 Juil - 21:37

La carrière de Giuseppe Moneta en tant que compositeur d'opéras se déroula entièrement à Florence. Il naquit en 1754 dans cette ville alors que commencait le règne du Grand Duc François I de Lorraine. Lorsqu'il mourut en 1806 à Signa, près de Florence, la donne politique avait totalement changé suite aux guerres napoléonniennes. Ces dernières aboutirent en effet à la suppression du grand Duché de Toscane, la création du Royaume d'Etrurie en 1801 et la venue des Bourbons en la personne de Louis I de Bourbon.

Il Conte Policronio, farsa in prosa, crée en 1791, ne fit pas partie du répertoire d'Eszterhazà, l'opéra du château ayant été dissous immédiatement après le décès de Nicolas le Magnifique en 1790. Toutefois cette oeuvre trouve sa place dans ce forum car, comme nous le verrons, sa musique peut donner une idée du style musical auquel Joseph Haydn était souvent confronté dans l'exercice de ses fonctions de Directeur musical de l'opéra d'Eszterhazà.

Argument. Le Comte Policronio est un imposteur, un escroc, un charlatan, qui tire partie de la bêtise et la crédulité de ses semblables pour les gruger. Il se dit inventeur d'une potion magique secrète. Grâce à elle, et moyennant une cérémonie d'initiation, il pourra redonner la jeunesse à Donna Porzia, une femme d'âge mûr qui aimerait épouser Stoppino, assistant et âme damnée de Policronio. Le marquis Pillone, barbon sicilien, convoite Giulia, fille de Porzia et espère, grâce à la potion, retrouver la vigueur de sa jeunesse. Giulia compte aussi sur la potion pour ne pas se marier avec le vieux marquis et entre temps tombe amoureuse de Silvio, jeune capitaine d'infanterie. Enfin, la comtesse Feliciana, épouse de Policronio, affolée par les forfaits de son mari, alerte Silvio qui avec ses soldats vient démasquer Policronio et le met aux fers.
Si on se rapelle qu'à cette époque, l'Affaire du Collier de Marie Antoinette, défrayait la chronique européenne et que le Comte Alessandro Cagliostro venait d'être arrété en 1789, il est évident que la trame de ce livret est inspirée de ce scandale sulfureux.

Le style. C'est celui de l'opéra bouffe italien classique, genre illustré pour le meilleur par Domenico Cimarosa et Giovanni Paisiello. La grande originalité de l'oeuvre réside dans ses dialogues parlés, à la manière des opéras comiques français et des singspiel. Il est vrai que l'influence française était importante dans ce grand Duché de Toscane. Très français sont également les nombreuses ariettes à couplets qui parsèment l'oeuvre ainsi que les vaudevilles qui terminent chacun de deux actes. Le dialogue parlé confère beaucoup de vie et de naturel à l'oeuvre. La musique est simplifiée à l'extrême, caractérisée par une grande fixité tonale, alternance de tonique et dominante avec de rares incursions dans le mode mineur. Peu de virtuosité, pas de vocalises non plus dans un souci de simplicité. Comme le génie mélodique typique d'un Domenico Cimarosa n'est peut-être pas au rendez-vous, il est évident qu'une légère monotonie risque de s'installer dans ces conditions.

Les sommets:
-Au premier acte, l'air du Comte " Testa, esperienzia...", le comte expose cyniquement sa philosophie, il est accompagné par un motif hyper nerveux des violons en imitations.
-la canzonetta de Silvio "Costanza ed affetto..." est accompagnée de pizzicattos qui évoquent une guitare.

-l'air de Giulia au deuxième acte: "Siete caro, siete bello...." est délicatement accompagné par un violoncelle solo.
-Le terzetto très amusant mettant en scène le Comte, Silvio et le marquis: Silvio provoque le marquis en duel, ce dernier poltron, demande l'aide au comte Policronio qui lui donne une formule magique: Ascalon, Lanternon, Demonion, qui énoncée très vite, doit conjurer l'épee du militaire. Rires assurés dans l'assistance.
-L'air du marquis "conte nenella mia...". Le marquis décrit à Silvia la vie bienheureuse qu'elle aura en Sicile, une fois mariée. Curieusement le marquis s'exprime en dialecte napolitain!
-Le charmant duetto Porzia, Stoppino "Quando diverro giovine..." comporte un bel accompagnement du cor qui rappelle opportunément que Giuseppe Moneta fut corniste au début de sa carrière.

Les concertati terminant les actes sont généralement les parties les plus palpitantes des opéras bouffes, ils sont ici très courts et ne correspondent pas à un climax dans la progression dramatique.

A l'écoute de cette oeuvre, on comprend que Joseph Haydn qui dirigea une invraisemblable quantité d'opéras italiens d'une vingtaine de compositeurs différents entre 1775 et 1790, ait pu être fatigué de consacrer tant de son précieux temps à des oeuvres de valeur musicale inégale.

Toutefois on peut passer un temps très agréable en compagnie du Comte Policronio et de ses amusantes aventures.
Etait-il toutefois nécessaire de ressuciter cette oeuvre alors que tant de chefs-d'oeuvre de Tommaso Traetta, Vicent Martin i Soler ou Domenico Cimarosa attendent d'être redécouverts?

Sources:
Giovanni Vitali, Giuseppe Moneta, un compositore a la corte dei Lorena
MariaLuisa Pepi, Il Conte Policronio e l'ombra di Cagliostro
Incisione Bongiovanni, 2007.


Dernière édition par Piero1809 le Mar 28 Juil - 14:31, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://piero1809.blogspot.fr
Piero1809
Administrateur


Messages : 2553
Points : 2719
Date d'inscription : 18/08/2007
Localisation : Alsace

MessageSujet: Re: IL CONTE POLICRONIO Giuseppe Moneta (1754-1806)   Sam 25 Juil - 9:14

IL Conte Policronio de Giuseppe Moneta a été enregistré par le label Bongiovanni et il faut saluer le courage et la constance de cette firme dans leur effort poursuivi depuis une trentaine d'années, de remettre au goût du jour des opéras italiens du 18ème siècle quasiment oubliées.

I Solisti Fiorentini sont placés sous la direction de Riccardo Cirri, les principaux solistes sont excellents avec une mention particulière pour Alessandro Luongo dans le rôle de l'inquiétant Conte Policronio,
Simona Bottari qui campe une Donna Porzia dont la crédulité n'égale que l'égoïsme et Anicio Zorzi Giustiniani, un Silvio dynamique et tonique.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://piero1809.blogspot.fr
 
IL CONTE POLICRONIO Giuseppe Moneta (1754-1806)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Histoire de Korrigans/Conte breton
» Cendrillon/Conte de Charles Perrault
» Conte de fées...
» Le conte devenant vrai: L'histoire (à écrire)
» "Le conte de l'autre et Amon"

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Joseph Haydn :: Haydn, Directeur musical de l'opéra d'Eszterhàza-
Sauter vers: