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 I DUE BARONI DI ROCCA AZZURRA Mélodie cimarosienne

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Piero1809
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MessageSujet: I DUE BARONI DI ROCCA AZZURRA Mélodie cimarosienne   Jeu 10 Sep - 10:04

I due Baroni di Rocca Azzurra, Intermezzo comico, de Domenico Cimarosa, livret de Giuseppe Palomba, fut crée à Rome en 1783. Il fut monté par Joseph Haydn à Eszterhazà en décembre 1786 et tint encore l'affiche en 1787 dans ce même théâtre. Pour la représentation viennoise de 1789, Mozart composa un air fameux "Alma grande, nobil core..." (KV 578).

Argument. Les deux barons Don Totaro et son oncle Don Demofonte rivalisent de bêtise. Au début de la pièce, ils admirent leurs excentriques costumes qui doivent refléter au mieux leur statut social et la couleur de leur domaine. Madame Laura, une jeune femme romaine est promise par contrat à Don Totaro. Un intrigant, Franchetto, cherche à faire de sa soeur Sandra, une Baronne. Apprenant la venue de Madame Laura, il montre aux barons un portrait de l'épouse promise qui n'est autre que celui de Sandra. Quand ils voient en chair et en os Sandra, les deux barons sont conquis et de ce fait Madame Laura est très mal accueillie. Cherchant à faire valoir ses droits, elle s'arrange pourque sa rivale Sandra et elle-même écrivent un texte dicté. Ainsi la promise par contrat sera reconnue. Franchetto déjoue ce piège avec astuce. Grâce à des déguisements, les promises sont maintenant quatre (deux épouses et deux madames). Nouveau déguisement de Sandra en gitane suivie immédiatement par Madame Laura qui se déguise en voyante égyptienne. Désormais les candidates sont six (due spose, due madame, due zingare). C'en est trop pour les cerveaux atrophiés des deux barons. Franchetto donne enfin le coup de grâce, il attire les barons dans le kiosque à musique du domaine où la magicienne Alcina (personnage mythique de Orlando furioso de l'Arioste, en l'occurence Sandra) rendra son verdict. Au milieu de vapeurs sulfureuses et de prodiges maléfiques, elle proclame devant les barons épouvantés: l'épouse est celle du portrait mais Madame Laura crie à son tour: l'épouse est celle du contrat. Madame Laura finit par comprendre la supercherie et contraint Franchetto à avouer son crime. Finalement Madame Laura épousera Don Totaro tandis que Sandra deviendra quand-même baronne en épousant le vieux Don Démofonte.

Style. Du début à la fin ce livret doit faire rire. La stupidité des barons est tout simplement grandiose. Franchetto et Sandra tirent les ficelles. Quant à Madame Laura, placée d'abord dans une situation ridicule, elle va crânement défendre ses droits et arrivera à force de tenacité à faire céder l'intrigant. Sur ce livret Cimarosa va composer une de ses oeuvres les plus légères et faciles. Grâce à son inspiration mélodique toujours aussi charmante et une concision remarquable, son opéra est indiscutablement une des merveilles du genre. Il ne semble pas que Haydn composa un air d'insertion pour cet opéra, il serait intéressant de savoir s'il apporta quelques changements ou coupures.

Hits.
Acte I
-Cavatine de Madame Laura "Questa grata auretta amica..."Le triomphe du charme et de la grâce de la mélodie Cimarosienne.
-Aria de Madame Laura "Alma grande, e nobil core". Cet air avec vocalises caractérise parfaitement madame Laura qui, par son rang social, son éducation, son mode de vie raffiné, mérite un autre accueil! C'est cet air qui fut recomposé par Mozart en 1789.
-Le finale du premier acte "Se la bella del ritratto..." dure 18 minutes. Il est centré sur le test graphologique qui doit identifier l'épouse promise. Pendant que les femmes écrivent, Don Totaro, Don Demofonte et Franchetto chantent une sérénade, où il est question d'une tourterelle qui bat la campagne à la recherche de sa semblable, en s'accompagnant de la mandoline et du tambourin. Cet épisode possède un charme bucolique indéniable, on y trouve aussi un magnifique solo de cor. Alors que les hommes dépouillent les résultats, les deux femmes chantent à leur tour une charmante mélodie en s'accompagnant l'une à la mandoline et l'autre au tambourin. Le résultat du test met la confusion à son comble et le quintette final traduit parfaitement le désarroi général, Don Demofonte mis à part qui n'a visiblement rien compris et qui sifflote dans son coin.

ActeII
Il est indéniable que l'acte II est particulièrement réussi. Le nombre élévé d'ensembles: un quatuor, deux trios, un duo et un finale lui donne un dynamisme exceptionnel.
-Le duo Sandra Madame Laura "Lasciate che passa la bella damina..." est désopilant, les jeunes femmes se lancent des invectives sans queue ni tête: Madame Fraschetta qui a conquis Séville, Madame Civetta qui crache la vanille. Fraschetta="bar à vin" dans le Latium, Civetta=chouette.
-Franchetto est un homme de ressources car il a beaucoup voyagé: à Londres, à Seville et en Egypte. Son aria "chi vuol veder del mondo..."est particulièrement séduisant.
-Le prix demandé par la fée Alcina (Sandra) pour que Don Totaro connaisse l'identité de sa promise est un morceau de nez et un morceau d'oreille. Dans son aria "Vo alla guerra", Don Totaro consent à partir pour la guerre pour les beaux yeux de sa promise mais au grand jamais à se couper le nez car comment pourrait-il encore renifler le tabac?
-Un finale enlevé met un point final à cette joyeuse comédie. Il débute de façon sérieuse par un quintette vocal pendant lequel Alcina s'apprête à lancer son oracle: "Per l'orrendo oscuro speco...". Ce très beau passage accompagné par la flûte évoque curieusement le début du finale du second acte d'Orlando Paladino de Haydn composé un an auparavant qui met en jeu également la fée Alcina.. La fin du quintette évoque presque le second finale de Cosi fan Tutte!


Dernière édition par Piero1809 le Jeu 17 Sep - 11:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I DUE BARONI DI ROCCA AZZURRA Mélodie cimarosienne   Ven 11 Sep - 9:56

Une fois de plus le label Bongiovanni a donné aux amateurs d'opéra italien du 18ème siècle, l'occasion d'écouter un des plus charmants opéras de Cimarosa.

Les enregistrements Bongiovanni sont généralement en "live" et donc il faut excuser certains défauts sonores: les piétinements des acteurs en particulier.
La distribution est remarquable :

Martina Musacchio campe une excellente Madame Laura. Très belle voix, à l'aise dans les vocalises et parfaite dans le rendu psychologique de cette noble romaine, déplorablement accueillie par les deux barons.

Domenico Trimarchi est un extraordinaire Don Demofonte, basso buffo. Dommage que ce chanteur soit si peu connu, il a signé avec Antal Dorati de merveilleux opéras de Haydn (épatant Buonafede dans Il Mondo della Luna).

Bruno Pratico est un excellent baryton, très à l'aise dans les rôle bouffes, il a signé également un très bon CD de chants traditionnels napolitains.

Ernesto Palacio joue un Franchetto très convaicant, habile à tirer les ficelles et à tromper son entourage. Il est aidé dans cette tâche par Valeria Baiano, une Sandra rouée et sans scrupules.

Excellente direction d'orchestre de Domenico Sanfilipo, un bravo au cor, à la flûte et au hautbois.

I due Baroni di Rocca Azzurra: une réussite majeure.
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MessageSujet: Re: I DUE BARONI DI ROCCA AZZURRA Mélodie cimarosienne   Dim 27 Sep - 21:16

I Due Baroni di Rocca Azzurra appartient à une série d'opéras écrits par Domenico Cimarosa entre 1780 et 1784 qui sont reconnaissables par leur caractère léger et facile. Ils font suite à une série d'opéras plus graves et plus novateurs culminant avec la très originale Armida Immaginaria de 1778 et le remarquable Le Donne Rivali (1780) qui présente des ensembles dignes du Matrimonio Segreto.

Au cours de l'année 1784 on assiste à un approfondissement de l'inspiration du maître d'Aversa qui va donner successivement un opera seria genial l'Olimpiade, et deux dramme giocosi remarquables: I due Supposti Conti et Il Mercato di Marmantile.

Avant d'aborder ces oeuvres que Joseph Haydn a bien connues (il monta douze opéras de Cimarosa), il nous reste à voir un opéra très particulier de la période précédente: Giannina e Bernardone (1).

(1) http://haydn.aforumfree.com/haydn-directeur-musical-de-l-opera-d-eszterhaza-f12/domenico-cimarosa-1749-1801-t206.htm
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MessageSujet: Re: I DUE BARONI DI ROCCA AZZURRA Mélodie cimarosienne   Mar 10 Nov - 15:55

Lors d'une reprise à Vienne de l'opéra de Cimarosa "Idue Baroni di Rocca Azzurra", Wolfgang Mozart composa en août 1789 un air d'insertion "Alma grande e nobil cor" (K 578)".

La tâche était ardue pour Mozart car il lui fallait rentrer de plein pied dans la délicieuse comédie de Cimarosa et remplacer l'air de Madame Laura, la fiancée romaine promise aux deux stupides barons de Rocca Azzurra, par un air de son cru. Comme nous l'avons vu plus haut, Madame Laura est très mal accueillie par les barons car une intrigante, Sandra a pris son identité et sa place.
Dans L'air "Alma grande, e nobil core", Madame Laura manifeste la haute idée qu'elle a de son coeur noble, de sa grandeur d'âme, elle proclame son rang social, son éducation, son mode de vie raffiné, qualités qui méritaient un autre accueil!
L'air de Cimarosa, très simple, frappe par sa spontanéité, son charme mélodique et sa vocalité, qualités majeures de son auteur, domaine où il est imbattable.
L'air de Mozart plus complexe, plus virtuose et plus sophistiqué est une merveille à la fois vocale et instrumentale. Il permet de mesurer la distance qui sépare les deux compositeurs. Si Cimarosa est, pour des raisons évidentes, bien plus en situation pour caractériser précisément le personnage de Madame Laura, Mozart surclasse Cimarosa pour le traitement orchestral et illustre parfaitement les propos de Modeste Grétry (1,2):

Cimarosa met toujours sa statue sur la scène et le piédestal dans l'orchestre alors que Mozart place la statue dans l'orchestre et le piédestal sur la scène.

(1) On est pas obligé d'être d'accord avec lui.
(2) Cité dans Hommage à Domenico Cimarosa par Yonel Buldrini.
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MessageSujet: Re: I DUE BARONI DI ROCCA AZZURRA Mélodie cimarosienne   Aujourd'hui à 22:44

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