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 GIANNINA e BERNARDONE Domenico Cimarosa

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Piero1809
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MessageSujet: GIANNINA e BERNARDONE Domenico Cimarosa   Jeu 8 Oct - 14:03

En 1781 Domenico Cimarosa fera représenter six opéras parmi lesquels deux operas seria (Giunio Bruto et Alessandro nell'Indie), Il Pittore Parigino et le présent dramma giocoso Giannina e Bernardone (1). Compte tenu d'une telle activité, la redondance était inévitable. Il semble que Cimarosa ait voulu l'éviter à tout prix en composant un opéra vraiment original. L'opéra fut crée au théatre Saint Samuel de venise au cours de l'automne 1781. Il fut ensuite donné à Vienne en 1784 puis Joseph Haydn le monta à Eszterhazà en août 1790. Il fut peut-être le dernier opéra représenté avant la mort du Prince Nicolas le Magnifique. Cimarosa le remania de son côté pour offrir à Naples une version en dialecte napolitain.

Argument. Giannina, une jeune et jolie paysanne est mariée à Bernardone, un fermier plus âgé qu'elle. Bernardone est victime d'une jalousie obsessionnelle qui le pousse à maltraiter son épouse. Masino, frêre de Giannina et son épouse Lauretta tentent en vain de calmer Bernardone. Ils sont aidés dans cette tâche par le capitaine Francone, sa fiancée Aurora et Don Orlando, un pittoresque militaire napolitano-hongrois (?). En guise de représailles, une fois la nuit tombée, Bernardone ferme la porte de la maison et laisse Giannina dehors, Giannina feint de se jeter dans le puit de la ferme. Bernardone qui croit sa femme morte, est bouleversé. Au terme d'une explication générale, Giannina arrache à Bernardone la promesse de lui faire confiance. De son côté elle sera une épouse fidèle.

Style. Le livret de Filippo Livigni est d'une grande simplicité. Le sujet est fort, il traite de la jalousie maladive, de la maltraitance et de la vie quotidienne d'un couple. Les rôles titres sont tenus par des paysans. Voilà des ingrédients d'un opéra "vériste" avant l'heure. La musique est volontairement simple et populaire. Aucun air ne comporte de vocalises ou la moindre virtuosité. Les airs prennent la forme de l'ariette à couplet ou sont à deux vitesses, une introduction lente suivie par une partie rapide. De nombreuses ariettes françaises interviennent. La musique est généralement facile et homophone, bien moins complexe que certains opéras précédents: Armida Immaginaria (1778) et Le Donne rivali (1780). Les ensembles sont toutefois nombreux et développés..

Hits. Au premier acte:
-duetto Aurora, Orlando, "Quel bel piacere. Dà la verdura!" un concentré de charme et de vocalité, annonçant l'art exquis de Vincenzo Bellini.
-air de Giannina "La Moglie quando è buona...", en sol mineur 6/8. De toute évidence, l'émouvante mélodie aux résonances un peu archaïques est inspirée du folklore napolitain. On a ici une caractérisation précise de Giannina et un des moments les plus intenses de l'opéra. Les deux couplets font alterner les tonalités mineures et majeures. Joseph Haydn remplaça cet air par un air de sa composition sur le même texte (HobXXIVb.18) (3). On peut s'interroger sur la raison de ce changement. L'air charmant de Haydn se meut dans une ambiance guillerette et bon enfant qui contraste avec le caractère mélancolique de l'air de Cimarosa. Peut-être Haydn trouva-t-il que cet air en mineur était déplacé dans le contexte général de l'oeuvre.
-le clou du spectacle est peut-être l'ensemble "Liron lilera, liron lili. Vous êtes ma chère...". Ce dernier est construit sur une ariette française chantée en onomatopées et en français par Francone, au grand dam de Bernardone qui réalise que l'on se moque de lui. Un grand moment d'opéra bouffe.

Au second acte
-le charmant duetto Giannina, Bernardone "Se contro me magagne macchinate...", pendant du duetto Aurora, Francone.
-le quintetto Aurora, Francone, Giannina, Bernardone, Orlando est un des sommets dramatiques de l'opéra.
-Orlando a deux airs à son actif. Le militaire d'origine hongroise s'exprime en un mélange d'allemand et de dialecte napolitain, assez désopilant, c'est le vrai personnage bouffe de la scène. Son air "Mezze mondo aver girate..."est irrésistible.
-Le finale de second acte dans son ensemble: "Il cantastorie, Chi vuol sentire..." Au cours des réjouissances qui précèdent les noces de Aurora et Francone, Bernardone arrive habillé en chanteur ambulant (cantastorie) (4) avec une guitarre et un panier plein d'histoires et de dictons. Bernardone et Giannina exposent à la compagnie et à qui veut les entendre leur histoire personnelle, leurs griefs, leurs reproches "La bella storiella e graziosa d'un povero marito". Cette confession publique aboutit à la réconciliation des deux époux suivie du mariage de Francone et Aurora. Réjouissances générales et danses paysannes pour finir.

(1) http://it.wikipedia.org/wiki/Domenico_Cimarosa
(2) http://delteatro.it/dizionario_dell_opera/g/giannina_e_bernardone.php
(3) http://haydn.aforumfree.com/haydn-directeur-musical-de-l-opera-d-eszterhaza-f12/airs-d-insertion-hobxxivb-t286.htm
(4) Le "Cantastorie", sorte de chanteur ambulant, joue sans doute un rôle dans la création et la diffusion de la chanson napolitaine.


Dernière édition par Piero1809 le Mar 27 Oct - 0:17, édité 1 fois
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Piero1809
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MessageSujet: Re: GIANNINA e BERNARDONE Domenico Cimarosa   Ven 9 Oct - 16:57

Un seul enregistrement de cet opéra est disponible. C'est un repiquage d'un enregistrement datant de 1956 d'un spectacle live avec des artistes de premier plan: Sena Jurinac (Giannina), Graziella Sciutti (Lauretta), Mario Carlin (Capitano Francone).....et surtout le formidable Sesto Bruscantini dans le rôle de Bernardone, choeur et orchestre de la R.A.I (Milano) sous la direction de Nino Sanzogno..

La qualité sonore est déporable, on est à la limite de l'écoutable, il y a des coupures et des passages quasiment inaudibles. Aucune recherche de couleur locale (la scène se passe à Gaeta, une cité du Royaume des deux Siciles à l'époque de Cimarosa, située au nord de la Campanie), alors que la partition prévoit la guitare, le chitarrino et le colascione. C'est une version qui date terriblement.

C'est dommage car les interprètes sont remarquables: Bernardone, à la fois buté et pitoyable est admirablement campé par Sesto Bruscantini. Giannina, victime des brutalités de Bernardone, fait preuve de qualités inattendues et même d'une certane astuce.
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