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 IL CREDULO Domenico Cimarosa

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Piero1809
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MessageSujet: IL CREDULO Domenico Cimarosa   Ven 27 Nov - 15:33

Il Credulo, farsa comica, musique de Domenico Cimarosa, livret de Giuseppe Maria Diodati fut crée en 1786 au Teatro Nuovo di Napoli. Il fait partie d'un triptyque comprenant également L'Impresario in Angustie et Le Trame deluse datant tous les deux de 1786 et basés aussi sur un livret de Diodati. Il Credulo comportait deux actes au départ, plus tard une version en un acte raccourcie, fut élaborée et appelée Il Credulo deluso. Les deux versions connurent une carrière brillante et furent représentées dans nombre de capitales européennes. Crée à Paris en 1804, Il Credulo y fut représenté 24 fois (1). Joseph Haydn monta l'opéra à Eszterhazà et le dirigea en juin 1790 en même temps que l'Impresario in Angustie (2).

Argument (3).
Don Astrolabio a l'intention de marier sa fille Norina à un riche et crédule Napolitain, Don Catapazio. Tiburno, amoureux de Norina, intrigue pour faire échouer le mariage. Sa première tactique consiste à suggérer à Don Catapazio que la raison de Norina est déficiente. Cela amène Don Catapazio à insulter Norina, le jour de leur rencontre, et à se quereller avec son père. L'étape suivante du plan de Tiburno consiste à dire à Astrolabio que Catapazio est fou et qu'il doit avertir sa fille ce qu'Astrolabio fait instantanément. Alors que les préparatifs du mariage, entre les mains de Madame Filinta, sombrent quasiment dans le chaos, Tiburno reparaît, déguisé avec une équipe de médecins Chinois. Les docteurs se déclarent capables de guérir la folie de Don Catapazio pourvu qu'il ne se marie pas. Ce dernier renonce à son union avec Norina et le jeune couple formé par Tiburno et Norina peut espérer un avenir heureux.

Le Style
L'argument fut utilisé dans le passé dans une comédie de Cimarosa, Il Matrimonio in ballo (1776). Cette recette infaillible sera utilisée une fois de plus par Cimarosa lui-même dans Amor rende Sagace, une charmante comédie datant de 1793. Disons le tout net, Il Credulo, amusante farce, ne me semble pas posséder le même niveau musical que l'Impresario in Angustie et surtout que l'admirable Trame Deluse, deux chefs-d'oeuvre de Cimarosa de la même année 1786. Le style de la musique marque une nette régression par rapport au remarquable Il Marito Disperato de l'année précédente (1785). La musique est généralement homophone, l'orchestration rudimentaire, le style lâche et la mélodie me semble moins inspirée que d'habitude.

Les hits. Quelques morceaux sortent nettement du lot:

-L'air de Norina "La Donna ch'è amante si lagna". Merveilleuse morceau, porté par les ailes du chant, pur produit du génie cimarosien.
-L'ensemble "Diro, diro...Vorrei, vorrei" devait probablement clore le premier acte de la version initiale en deux actes de l'opéra. Il débute avec un beau duo entre Norina et Catapazio qui dégénère rapidement en dispute, la musique s'enflamme et le morceau se termine dans la plus grande confusion.
-Le finale qui termine l'opéra "Spazzate su le vase" comporte quatre parties. La première débute sur les chapeaux de roues par un duetto entre Filiberto et Madame, la seconde très développée, est un superbe duetto entre Norina et Don Catapazio, d'un sentiment intense qui comporte une section lente suivie d'une section rapide dans laquelle le baryton et le soprano chantent des parties tout à fait indépendantes. La troisième est un ensemble étonnement agité et violent. La quatrième met en scène une troupe de médecins chinois dialoguant avec un choeur. Cette section d'inspiration "Gluckiste" ressemble à certaines scènes plus ou moins fantastiques de Salieri (La Grotta di Trofonio) ou Paisiello (Socrate immaginario). Les médecins chinois chantent d'une voix nasillarde donnant à cette section un potentiel comique indéniable. Le malheureux Don Catapazio ne sait plus à quel saint se vouer et finit par renoncer à son projet matrimonial. La courte cinquième partie termine l'oeuvre dans un climat jubilatoire. Il est indéniable que ce finale s'élève bien au dessus de ce qui précède.

(1) http://licida.over-blog.com/article-31507555.html
(2) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988.
(3) http://www.musicweb-international.com/classRev/2007/May07/Cimarosa_Il_Credulo_arpcd0362.htm


Dernière édition par Piero1809 le Jeu 13 Jan - 10:29, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: IL CREDULO Domenico Cimarosa   Sam 28 Nov - 12:08

Le seul enregistrement disponible d'Il Credulo de Domenico Cimarosa a été effectué en 1956. L'opéra était interprété par l'Orchestra Sinfonica e Coro di Milano della RAI dirigé par Alfredo Simonetti. Selon Glin Pursglove, la version interprétée serait un compromis entre la première version de l'oeuvre en deux actes et la seconde raccourcie en un acte (1).

La qualité de l'enregistrement est mauvaise, la musique est plate, sans aucun volume, les bruits parasites très nombreux rendent quasiment inaudibles certains passages.

Dommage car la distribution était de grande qualité.
Sesto Bruscantini domine la scène dans le rôle de Don Catapazio. Sa voix de basso buffo est ample et chaleureuse, sa diction parfaite. Malheureusement il s'exprime dans un dialecte napolitain approximatif (à mon humble avis). Dans ces conditions mieux aurait valu, dans un souci d'authenticité, enregistrer la deuxième version en un acte d'Il Credulo, dans laquelle le dialecte napolitain est supprimé.

Les rôles féminins (Norina, Madama et Lesbina) sont tenus par des chanteuses de grande qualité: Dora Gatta, Elena Rizzieri et Maria Luisa Giorgetti, respectivement. Les aigus sont souvent perçants et désagréables dans les ensembles et on ne sait pas si le style de l'époque ou bien la qualité de l'enregistrement en sont responsables.

Franco Calabrese, basso buffo, est un remarquable Astrolabio.
Mario Carlin et Cesare Valleti dans les rôles de Filiberto et Tiburno sont bons sans plus. Le timbre métallique de leur voix surprend un peu mais là encore ce défaut est peut-être du à l'enregistrement.

En résumé, on peut dire que malgré ses défauts, cette version a le mérite d'exister ce qui est déjà énorme, compte tenu du très petit nombre d'enregistrements existants pour les chefs-d'oeuvre de Cimarosa.

(1) http://www.musicweb-international.com/classRev/2007/May07/Cimarosa_Il_Credulo_arpcd0362.htm
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MessageSujet: Re: IL CREDULO Domenico Cimarosa   Mer 12 Jan - 14:23

Je viens d'écouter cette version de 1956 sur un CD datant de 2006 :



S'il est vrai que le son n'est pas extraordinaire, je suppose quand même qu'il a été amélioré avant la sortie du CD, car je ne trouve pas que l'enregistrement soit catastrophique !

Je suis d'accord avec toi pour confirmer que les airs de Norina ainsi que les deux ensembles sont ce qu'il y a de plus intéressants dans cet opéra (intitulé "farsa per musica") en 1 acte, peut-être un peu trop court avec ses 56 minutes. J'y ajouterais l'air Vanne amico al caro bene, qui ouvrait probablement le deuxième acte dans la première version de l'opéra, qui a ensuite été remanié en 1 acte.
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MessageSujet: Re: IL CREDULO Domenico Cimarosa   Aujourd'hui à 8:46

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