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 Nicola PORPORA (1686-1768)

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Piero1809
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MessageSujet: Nicola PORPORA (1686-1768)   Ven 22 Jan - 11:27

Nicola Porpora naquit à Naples en 1686 et mourut dans cette même ville en 1768. Il est à une année près le contemporain de Jean Sébastien Bach et de Georg Friedrich Haëndel. Compositeur réputé d'opéras seria et de musique religieuse, il fut également un pédagogue et un maître de chant célèbre. Il eut comme élèves Joseph Haydn et le célèbre castrat Carlo Broschi dit Farinelli.

La relation entre Joseph Haydn et Nicola Porpora est contée par le biographe de Haydn, Giuseppe Carpani. Entre 1750 et 1758, Porpora était à Vienne. Joseph Haydn , alors dans sa vingtième année entrait au service de Porpora en tant que valet de chambre et le célèbre musicien le payait en lui donnant des leçons de composition vocale. Conscient de la valeur de Haydn, Porpora le prit comme accompagnateur au clavecin de ses élèves chanteurs.

Comme Haydn le reconnut lui-même dans ses mémoires de 1776, il apprit les techniques du chant à la dure école de Porpora. Ce dernier l'invectivait souvent et le traitait de ciuccio, mot napolitain désignant un équidé aux longues oreilles. Haydn courbait l'échine, conscient d'avoir la chance de bénéficier des leçons d'un grand maître.

Au contact de Porpora, Haydn apprit également l'italien, langue qu'il parlait et écrivait sans fautes, suivant les témoins de l'époque.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicola_Porpora


Dernière édition par Piero1809 le Sam 1 Oct - 21:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nicola PORPORA (1686-1768)   Lun 25 Jan - 10:59

Dans Passage de Témoins, le BLOG Passée des Arts nous conte une fiction dans laquelle Joseph Haydn enfant chante et joue du violon devant Antonio Vivaldi agonisant.

Ce texte sert de prétexte pour rappeler comment, grâce à Nicola Antonio Porpora, Haydn recueillit l'héritage du baroque italien finissant.

http://www.passee-des-arts.com/ext/http://www.passee-des-arts.com/6-categorie-10819980.html
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MessageSujet: Re: Nicola PORPORA (1686-1768)   Sam 1 Oct - 18:55

Nicola Porpora est un compositeur passionnant à étudier surtout si on s'intéresse aux origines du style de Joseph Haydn. En tant qu'élève et serviteur de Porpora aux alentours de l'année 1753, Haydn eut loisir d'écouter la musique de son maître. Porpora contemporain de Jean Sébastien Bach et de Georg Friedrich Haendel est un musicien baroque ce qui permet de comprendre pourquoi les premières oeuvres de Haydn plongent encore leurs racines dans ce style de musique.

J'ai eu le bonheur d'assister à l'éxécution de Semiramide riconosciuta, opera seria de Nicola Porpora lors du Festival International de Musique Baroque de Beaune en juillet 2011.
On peut lire un compte rendu de cette représentation dans:
http://odb-opera.com/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&t=10224
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Joachim



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MessageSujet: Re: Nicola PORPORA (1686-1768)   Mar 4 Oct - 12:35

C'est en effet un compositeur, finalement assez peu connu, qui mériterait qu'on s'y intéresse..

Je n'ai écouté aucun de ses opéras, par contre je connais plusieurs oeuvres religieuses, dont un Salve Regina, un De Profundis, un Magnificat et un Laudate pueri que j'ai trouvés magnifiques.
Et en musique instrumentale, un superbe concerto pour violoncelle, les 6 Sinfonias da camera opus 2 et les 12 Sonates pour violon et basse continue (sans opus).

Curieusement, Popora m'a semblé plus "baroque" en musique instrumentale qu'en musique vocale !
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Nicola PORPORA (1686-1768)   Mar 11 Oct - 10:01

Joachim a écrit:

Curieusement, Popora m'a semblé plus "baroque" en musique instrumentale qu'en musique vocale !
J'ai assisté, à l'Eglise du Couvent de Ribeauvillé, à un concert du Parlement de Musique, choeur de la Maîtrise de Bretagne avec au programme:

Vêpres de l'Assomption de la Vierge de Nicola Porpora.

Une oeuvre grandiose, composée en 1744, pour 3 solistes, deux sopranos et une contralto, choeur de femmes,
orchestre baroque avec un théorbe et un tiorbino.
Cette oeuvre fut commandée par l'Ospedale de Venise, un établissement tenu par des soeurs.

Le chef Martin Gester m'a expliqué que le tiorbino est un théorbe soprano et que de ce fait les deux instruments sont complémentaires et confèrent à l'ensemble,
une sonorité très séduisante.
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MessageSujet: Re: Nicola PORPORA (1686-1768)   Lun 12 Mar - 11:58

Une oeuvre majeure de Nicolà Porpora a été donnée au Festival international d’opéra baroque de Beaune 2011

Nicola Porpora 1686-1768
Semiramide riconosciuta
Dramma per música en 3 actes, créé au Teatro San Giovanni Grisostomo de Venise en 1729
Livret de Pietro Metastasio

Orchestre Accademia Bizantina
Direction musicale: Stefano Montanari

Semiramide Delphine Galou, contralto
Scitalce Blandine Staskiewicz, mezzo-soprano
Mirteo Teodora Gheorghiu, soprano
Tamiri Maria Hinojosa Montenegro, soprano
Ircano Juan Sancho, tenor
Sibari Mary-Ellen Nesi, mezzo-soprano

Coproduction Festival Via Stellae Santiago de Compostelle

Vendredi 8 juillet, 21 heures Basilique Notre-Dame de Beaune


Semiramide riconosciuta, dramma per musica, musique de Nicola Porpora, livret de Metastasio, fut crée au Teatro san Giovanni Grisostomo de Venise en 1729. Le rôle titre fut confié à une alto, Lucia Facchinelli, comme le réclamait le personnage ambigu de Semiramide qui joue le rôle d’un homme pendant la plus grande partie de l’oeuvre, jusqu’au dénouement où elle dévoile sa vraie identité. Le rôle de Scitalce fut confié au castrat Nicolo Grimaldi. Antonia Negri joua le rôle de Tamiri. Le rôle d’Ircano fut confié à la basse Giuseppe Maria Boschi. La vedette du spectacle fut évidemment Carlo Broschi, dit Farinelli, castrat soprano, qui tint la partie de Mirteo. Le résumé de l’action qui suit est inspiré de celui d’Olivier Rouvière (1,2).

Synopsis. Acte I. Au debut de l’action Semiramis a pris l’apparence de son jeune fils Nino, afin de régner à sa place. Tamiri, princesse de Bactrie, se rend à la cour de Nino afin de rencontrer le prétendant qui doit l’épouser. Cers derniers sont au nombre de trois: Mirteo, prince d’Egypte et frère ignoré de Semiramide, le scythe Ircano et Scitalce, un prince indien que Semiramide connût autrefois sous le nom d’Idreno. Tamiri montre bientôt sa préférence pour Scitalce, elle ignore le lien qui unit ce dernier à Semiramide et ne sait rien de la fausse identité de cette dernière. Tamiri se désole de la froideur de Scitalce qui a reconnu en Nino son ex amante. Scitalce commet la faute de se confier à Sibari, un diplomate égyptien. Scitalce demande quand même la main de Tamiri. Nino (Semiramide) jaloux(se) met en garde cette dernière et va même jusqu’à encourager Mirteo et Ircano à courtiser la belle Tamiri.
Acte II. Sibari qui aime secrètement Semiramide trame la mort de son rival Scitalce. Il trouve dans cette tâche un allié en la personne d’Ircano. Scitalce sera empoisonné par la coupe nuptiale. Lors du banquet, Scitalce encore amoureux de Semiramide, refuse la coupe. Tamiri veut se venger de l’affront, elle se donnera à celui qui tuera Scitalce. Nino admire le geste d’amour de Scitalce et sauve ce dernier des intentions criminelles des uns et des autres. Il promet son soutien à Mirteo qui ne sait pas que Nino est en fait…..sa soeur. Nino finit par révéler son identité à Scitalce et ce dernier est partagé entre joie de retrouver son ex amante et douleur d’avoir été trahi par elle (du moins le croit-il).
Acte III. Sibari manipule Mirteo pour le convaincre de tuer Scitalce. Mirteo part accomplir sa vengeance. Scitalce pensant toujours que Semiramis a été infidèle, veut exciter sa jalousie en nouant une promesse de mariage avec Tamiri. Survient Mirteo qui défie Scitalce en duel. Tamiri affolée court prévenir le roi Nino (Semiramide). Le duel commence, Tamiri essaye de l’empêcher mais Mirteo revendique son droit de tuer le ravisseur de sa soeur. Scitalse se justifie en montrant la lettre écrite par Sibari accusant faussement Semiramide d’infidélité. Sibari révèle alors l’identité de Nino dans l’espoir que le peuple se révolte contre son faux roi. Le peuple au contraire acclame sa nouvelle reine. Scitalse demande et obtient le pardon de sa reine bien-aimée, Mirteo reconnait sa soeur et obtient la main de Tamiri. Sibari est démasqué mais dans un grand geste de clémence, Semiramide accorde au traître son pardon.

Ce livret presente une galerie variée de caractères. Ces derniers, le doux Mirteo, le traître Sibari, le brutal Ircano, sont souvent quelque peu stéréotypés, Tamiri est une princesse nombriliste et maniérée tandis que Scitalce est certes courageux mais c’est surtout un pantin balloté par les événements et manipulé par les intrigues. Seul Nino (Semiramide) échappe à toute classification du fait de sa double identité et de son double statut de roi et de femme amoureuse.

La musique. La musique précise et nuance le caractère des personnages. La caractérisation est réalisée essentiellement dans les airs car il n’y a que peu de récitatifs instrumentaux et les ensembles sont réduits au minimum avec un choeur minuscule qui met un point final à l’oeuvre. Les airs possèdent presque tous la forme traditionnelle avec da capo. Ces airs sont assez courts car leur partie centrale est concise et le tempo souvent assez rapide. Généralement précédés d’un prélude instrumental, ils présentent une vocalité admirable et un accompagnement orchestral dense et riche , de ce fait ils permettent d’exprimer la plus large palette de sentiments. Notons enfin que l’opéra débute en ré majeur et finit dans la même tonalité. Deux partitions sont actuellement disponibles dont l’une correspond à la version de Naples (1739) (3) et l’autre peut-être à la version originale de Venise (4).

Les airs de Semiramide sont les plus variés et expriment l’autorité royale comme le dépit amoureux ou encore la plus violente colère (Fuggi dagli occhi miei…). Pourtant son plus bel air est peut-être un aria di paragone (comparaison, métaphore), Il pastor se torna aprile (le berger quand vient le mois d’avril…). Semiramide compare son espoir renaissant d’être aimée de Scitalce à celui qui envahit le berger quand revient le printemps, il s’agit d’une barcarolle bucolique en ré majeur, au rythme voluptueux 12/8, remarquable par la simplicité de sa partie vocale et le raffinement de son accompagnement avec deux cors, deux flûtes solistes et les violons jouant à l’octave.

Scitalce, primo uomo dans la distribution, a cinq airs qui traduisent assez bien la position très inconfortable qui est la sienne. Alors que la princesse Tamiri qui est amoureuse lui demande de jouer franc jeu, il manifeste ses soucis et ses doutes dans un air magnifique: Vorrei spiegar l’affano (je voudrais expliquer mon tourment…). Précédée par un superbe solo du premier violon, la mélodie chantée (¾ moderato en la majeur) d’une grande séduction mélodique et très ornementée, déroule ses volutes harmonieuses. Une partie centrale très passionnée montre bien le désarroi de Scitalce.

Tamiri a d’abord un rôle assez passif. Convoitée ardemmeent par Ircano et Mirteo, elle est amoureuse de Scitalce. Délaissée par ce dernier, Elle laisse éclater sa colère dans un très bel air en ré majeur (4/4, Presto) : tu mi disprezzi ingrato Tu me méprise, ingrat, aria di furore, avec un accompagnement très vivaldien et des vocalises vertigineuses. Partie centrale en si mineur passionnée. Tamiri chante également à la fin de l’acte III de la version napolitaine, un air sublime D’un genio che m’accende…,magnifique sicilienne en la majeur, allegro 12/8, précédée par un non moins beau solo du premier violon..

Avec quatre airs, Mirteo a un rôle très important, on ne pouvait en donner moins à Carlo Broschi. Dans son rôle de cicisbeo (chevalier servant) de Tamiri, la séduction mélodique est son arme fatale. L’air Rondinella a cui rapita (3/4 si bémol majeur, allegro) est particulièrement représentatif. Aria di paragone, Mirteo compare sa situation à celle de l’hirondelle qui, ayant perdu sa compagne, victime d’un chasseur, se désole et erre sans but. Cet air très délicat et charmant est précédé d’un émouvant récitatif accompagné. Le thème de l’hirondelle est récurrent dans la musique populaire napolitaine et il n’est pas étonnant de le retrouver dans l’opéra seria comme dans l’opéra buffa. Lors de la cadence finale, une gamme échangée en écho entre une flûte soliste et la voix, éveillera certainement l’attention de l’auditeur mozartophile.

Dans son air avec hautbois obligé Come all’amiche arene…Sibari conseille à Scitalce de courtiser Tamiri et utilise de vigoureuses comparaisons. Comme un poison sert d’antidote à un venin, comme la blessure de l’épée acérée guérit l’acier lui-même, un amour nouveau peut guérir la plaie d’une passion malheureuse. Air presto 6/4 en ré majeur. Le hautbois double les violons mais a aussi des passages en soliste.

Ircano a propablement les airs les plus brillants et peut-être les plus virtuoses de la partition bien qu’il soit le perdant en amour et au combat. Il est en effet, contrairement à toute attente, vaincu lors du duel qui l’oppose à son rival Mirteo. Ircano est désarmé mais promet de se venger dans l’air Il ciel mi vuole oppresso (Le ciel veut me voir vaincu). Cet Aria en fa majeur 6/8 presto est avec la sinfonía d’ouverture la plus richement instrumentée de la partition avec cors de chasse, trompettes, hautbois doublant les violons. Les sonorités de l’orchestre évoquent Jean Sébastien Bach.

L’interprétation. Il s’agissait d’une version de concert sans mise en scène ni costumes. Un point très important doit être signalé ici: la partition utilisée par l’Accademia Bizantina était profondément différente des partitions de Venise de 1729 et de celle de Naples de 1739 (3,4). Il s’aggirait peut-être d’une adaptation ultérieure de Porpora (5). Par exemple un des airs le plus spectaculaire de la partition D’un genio che m’accende était remplacé par un autre air sur les mêmes paroles.
Maria Grazia Sciavo, empêchée, fut remplacée au pied levé par la soprano catalane Maria Hinojosa Montenegro. Cette chanteuse à la voix chaude et puissante donna à Tamiri , la princesse à marier, une personnalité plus volontaire et dynamique que celle un peu mièvre décrite parfois par le texte.
Le rôle complexe de Scitalce fut tenu par Blandine Staskiewicz, mezzo soprano. Grâce à son timbre très expressif, la mezzo donna à ce personnage des accents touchants notamment dans le magnifique Vorrei spiegar l’affano…
Le rôle du traître Sibari, tenu à l’origine par un castrat revint à Mary Ellen Nesi, mezzo soprano. La mezzo à la voix ample et généreuse conféra à ce personnage peu sympathique un peu d’humanité.
Le rôle d’Ircano fut confié à Juan Sancho. Ce ténor a une tessiture remarquablement étendue. Il se joua des difficultés de l’air le plus virtuose de la partition Il Ciel mi vuole oppresso, ses vocalises furent claires et sans bavures.
Teodora Georghiu, soprano, fut un Mirteo idéal. Son timbre clair et un peu acidulé fit merveille dans l’air gracieux Bel piacer saria d’un core…Ses aigus sont d’une justesse parfaite, sa ligne de chant, d’une élégance superlative. Ses vocalises, trilles, mordants, appogiatures, sont agiles et précis.
Dans le rôle titre, Delphine Galou, contralto. Une voix grave s’imposait puisque Semiramide apparait presque tout au long sous la forme du roi Nino. D’emblée Delphine Galou a montré l’étendue de sa technique infaillile dans la maîtrise d’une voix au timbre velouté unique. C’est dans le registre grave que sa personnalité s’affirme de façon la plus évidente mais elle ne craint pas de monter vers l’aigu. Ses vocalises fluides firent merveille dans le da capo de l’aria Il pastor se torna aprile
La direction très engagée et passionnée du chef Stefano Montanari à la tête de l’orchestre Accademia Bizantina, permit de faire admirer toute les facettes d’un orchestre baroque bien fourni (21 exécutants). On a signalé plus haut le rôle capital de l’orchestre dans les operas de Porpora et la richesse de l’instrumentation de Semiramide. C’est ainsi que les vents ont une importance particulière avec des hautbois et des cors qui se fondent admirablement avec les cordes donnant une sonorité unique. On a pu apprécier le rôle du luth, bien distinct du clavecín, dont les interventions apportent vraiment une couleur spécifique.

Bref une interprétation en tous points remarquable d’un opéra seria d’importance majeurs.
Une version légèrement écourtée de ce texte a été donnée dans: http://odb-opera.com/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&t=10224




(1) Olivier Rouvière, Texte de présentation de Semiramide riconosciuta, Festival International d’Opéra Baroque de Beaune, Beaune 8 juillet 2011.
(2) Olivier Rouvière, Metastase-Pietro Trapassi, musicien du verbe, Hermann, Paris, 2008.
(3) http://imslp.org/wiki/Semiramide_riconosciuta_(Porpora,_Nicola_Antonio)
(4) http://www.mutopiaproject.org/ftp/PorporaN/Semiramide/Semiramide_riconosciuta-a4.pdf
(5) Ayant contacté l’Accademia bizantina, je n’ai pu avoir de précisions sur ce point.
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MessageSujet: Re: Nicola PORPORA (1686-1768)   Ven 11 Juil - 9:09

Antonio Porpora est un compositeur vraiment sous-estimé.
A l'écoute de son Orlando ovvero l'Angelica, authentique chef-d'oeuvre, on ne comprend pas pourquoi ce magnifique opéra composé en 1720, n'est pas aussi connu que l'Orlando furioso de Vivaldi ou l'Orlando de Haendel.

Ainsi la production opératique de Porpora est aussi méconnue que celle de son élève, un certain Giuseppe Haydn, auteur également d'un Orlando paladino.

Il existe un excellent CD à prix modique de cette merveille avec des chanteurs peu connus mais tout à fait remarquables (Real Compañia Opera de Cámara, Juan Bautista Otero, Label K 617):

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MessageSujet: Re: Nicola PORPORA (1686-1768)   Ven 23 Jan - 10:42

Il est possible de visionner un film remarquable tiré de l'opéra seria Semiramide riconosciuta de Nicolà Porpora. Il est chanté par des artistes italiens (Accademia Galli Bibbiena) que je ne connaissais pas, mis à part Stefania Donzelli! mais d'un excellent niveau. Le rôle titre est magistralement interprété avec la noblesse qui s'impose par Giacinta Nicotra (mezzo-soprano). J'ai également beaucoup aimé l'interprétation du rôle de Scitalce par la chanteuse Sara Allegretta.
J'ai adoré la mise en scène de Massimo Gasparon, prodigieusement baroque et les costumes aux couleurs éclatantes et recouverts de dorures étincelantes. Malgré le caractère profane du sujet, on se croit dans une abbaye Bénédictine de l'époque de Porpora.


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MessageSujet: Re: Nicola PORPORA (1686-1768)   Dim 16 Aoû - 9:16

Voici une oeuvre majeure du mentor de Joseph Haydn vue au Festival d'Opéra Baroque de Beaune 2015.

Il Trionfo della divina Giustizia
Nicolo Porpora

Delphine Galou, alto... Maria
Blandine Staskiewicz, mezzo-soprano...Giustizia Divina
Emmanuelle de Negri, soprano...Maddalena
Martin Vanberg, ténor...Giovanni

Orchestre Les Accents
Thibault Noally Premier violon et Direction musicale

Festival International d'Opéra Baroque et Romantique de Beaune 2015
24 juillet 2015


Il Trionfo della Divina Giustizia fut crée le 4 avril 1716 à San Luigi di Palazzo de Naples. C'est probablement le premier oratorio de Nicola Porpora (1686-1768). Le texte de cet oratorio fut écrit par une main inconnue. Il s'agit d'un récit de la Passion du Christ qui s'écarte des sources bibliques dans la mesure où à côté de Marie, Jean et Marie-Madeleine, intervient un personnage nouveau : la Justice Divine dont le rôle est d'expliquer à Marie, mère de Jésus, aux deux autres témoins de la Passion et au delà à l'auditeur napolitain de l'oratorio, le sens de la mort de Jésus de Nazareth. Ainsi Jésus se donne en sacrifice pour racheter la faute d'Adam et Eve, le meurtre d'Abel et sauver ainsi l'humanité. En outre, le texte exhorte l'humanité à manifester sa gratitude vis à vis du Christ en adorant sa Croix. A côté de cette dimension pédagogique, se superpose le ressenti de Marie face au supplice de son fils, qui en fait le personnage le plus intensément dramatique de l'oeuvre. Avec six airs chacune, la Justice et Marie, occupent le devant de la scène, tandis que Jean et Madeleine, avec deux et trois airs respectivement, sont un peu plus en retrait.
La Justice a des airs brillants dans un tempo souvent rapide, notamment un air magnifique avec trompette obligée avec sourdine au début de l'acte II Ecco già l'orrenda tromba. Contrairement à tout attente, la trompette n'est presque jamais à découvert et double plutôt les cordes, ceci probablement dans un souci de convenance religieuse. Marie a les airs les plus dramatiques de la partition, proches du lamento comme Tutto del core il sangue... , dans cet air, les chromatismes de l'accompagnement mettent en relief sa douleur et ses pleurs. Mais le plus émouvant de tous les airs de Marie est peut-être le dernier, Occhi mesti, afflitti lumi, que l'on peut assimiler à la séquence Stabat mater de la liturgie. Madeleine et Jean font le récit de la Passion, Madeleine dans des termes mélancolique et avec une ligne vocale très mélodieuse. Jean, de façon dynamique et dans un tempo allègre comme il sied au plus jeune disciple de Jésus, exprime dans le superbe air, Non è d'Abele il sangue..., la nécessité du pardon des fautes.
Dans cette œuvre magnifique, on peut admirer l'habilité de Porpora a écrire pour la voix mais également pour l'orchestre. Malgré l'écriture polyphonique assez serrée des cordes, on entend parfaitement chaque pupitre. Tard dans sa vie, Joseph Haydn rendit hommage à celui dont il fut le valet lorsqu'il avait vingt ans environ et qui fut en même temps son mentor.

J'avais déjà entendu et apprécié Blandine Staskiewicz (La Justice) à Beaune dans Semiramide riconosciuta de Porpora. Ce soir, sa voix s'exprimait avec une projection et un éclat exceptionnels et apparemment sans effort. Capable de toutes les prouesses, vocalises hardies, sauts d'octaves, avec une justesse impeccable, la mezzo fut pour moi la révélation de la soirée. Dotée d'un timbre rare d'alto, Delphine Galou chante souvent des rôles dévolus à des castrats (rôle titre dans Semiramide de Porpora, rôle d'Andronicus dans Tamerlano de Haendel...) mais c'est évidemment dans des rôles féminins d'alto ou de contralto qu'elle peut donner le meilleur d'elle-même, comme dans les poignants chants de Marie dans l'oratorio présent. En plus de son timbre rare, sa ligne de chant est très fluide et son engagement d'une grande intensité. On imagine quel serait le résultat dans une version scénique de cet oratorio qui s'y prête particulièrement. Emmanuelle de Negri (Marie-Madeleine), admirable Telaïre dans Castor et Pollux donné l'année dernière au même endroit, était un peu plus en retrait dans les trois airs qu'elle chanta. Martin Vanberg fut remarquable d'autorité et de fougue dans le personnage de l'apôtre Jean. Les choeurs au nombre de quatre étaient chantés par les quatre solistes qui produisirent un volume sonore étonnant et paradoxalement un son parfaitement fondu, témoignant de leur valeur exceptionnelle.

Thibaut Noally, son violon à la main, dirigea l'ensemble avec discrétion et efficacité. Les cordes furent exemplaires de précision et de fermeté. Le continuo : clavecin, orgue et théorbe se distingua dans les récitatifs.

Dans une nef de la Collégiale de Beaune, remplie aux deux tiers, le public applaudit chaleureusement les artisans de cette magnifique soirée.

Ce texte a été publié un mois auparavant dans Odb-opéra. http://www.odb-opera.com/viewtopic.php?f=6&t=16225

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MessageSujet: Re: Nicola PORPORA (1686-1768)   Jeu 20 Aoû - 21:43

Bonne nouvelle pour les amateurs de Nicola Porpora, son excellent opéra  Germanico in Germania, composé en 1734, a fait l'objet d'un enregistrement qui paraitra fin août chez Decca. Les meilleurs chanteurs baroques actuels on été recrutés: Franco Fagioli (Arminio), Max Emanuel Cencic (Germanico), Julia Lehzneva (Rosmonda), Alessandro de Marchi (Direction)…

A la même époque, Haendel compose également un opéra seria Germanico qui est déjà disponible avec plusieurs interprètes de l'oeuvre précédente.

Je me réjouis à l'avance d'écouter les deux opéras et de les comparer.

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MessageSujet: Re: Nicola PORPORA (1686-1768)   Aujourd'hui à 10:43

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