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 Symphonie n° 57 en ré majeur La Poule bis

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Piero1809
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MessageSujet: Symphonie n° 57 en ré majeur La Poule bis   Ven 26 Fév - 11:14

Par son style la symphonie n° 57 en ré majeur a été composée en 1774 par Joseph Haydn peu de temps après les spectaculaire symphonies n° 54 en sol majeur et 56 en ut majeur qui se rattachaient par maints traits au mouvement Sturm und Drang et peut-être en même temps que la symphonie n° 55 en mi bémol majeur Le Maître d'Ecole. En effet plus de conflits ni de drames dans la symphonie n° 57, mais une allure souriante, aimable, élégante avec quand même une émotion maîtrisée dans l'adagio. On est dans un autre monde, celui de l'opéra bouffe, genre auquel Haydn va se consacrer activement à partir de l'année 1775.

Quoi de plus élégant et gracieux que ce premier mouvement. Après une courte introduction adagio, voilà un allegro 4/4 bondissant orchestré avec beaucoup de délicatesse, les violoncelles sont souvent distincts des contrebasses ce qui donne plus de transparence et de lisibilité au discours musical. Le thème initial règne en maître pendant l'exposition mais un second thème très mélodieux intervient peu avant les barres de reprises. Le développement contrairement à l'habitude de Haydn n'est pas construit sur les thèmes de l'exposition et apparaît plutôt comme une libre fantaisie qui toutefois ne rompt en rien l'unité du morceau.

Le merveilleux adagio con sordini 6/8 est un thème varié qui se maintient dans des sonorités très douces et un peu rêveuses. Le thème et les variations sont entourés de doubles barres de reprises Le thème débute par un court motif pizzicato de trois croches auquel répondent les cordes col'arco (avec l'archet). Au cours de la deuxième partie du thème on note une admirable marche harmonique descendante des violons. Pendant toute la durée du morceau Haydn joue sur cette alternance des pizzicatti pianissimo et col'arco piu forte. Lors de la quatrième et dernière variation, facétieusement, le motif "pizzicato" est indiqué col'arco et forte et doit être joué par tout l'orchestre, c'est le seul passage présentant une certaine amplitude sonore, la marche harmonique signalée plus haut est maintenant reprise par les basses, passage d'une superbe sonorité mais tout s'apaise et le mouvement s'achève tout doucement par les trois croches pizzicatti.

Très viennois, et vigoureusement rythmé, le menuetto invite à la danse. Par contre le trio, écrit pour les cordes seules, évoque beaucoup plus la musique de chambre, il débute en ré mineur puis module en si bémol et aboutit en fa majeur aux barres de reprises. La tonalité de ré mineur s'installe vraiment après les barres de reprises, seul passage un peu mélancolique de la symphonie.

Une tarentelle endiablée Prestissimo 4/4 met un point final à la symphonie. Pendant toute la durée du morceau d'infatigables triolets de croches parcourent à toute vitesse le mouvement. Des triolets de doubles croches qui évoquent très nettement les caquetements d'une poule interviennent ça et là et l'ensemble est rythmiquement très périlleux. Marc Vignal signale que ce thème fut utilisé auparavant par le compositeur baroque Alessandro Poglietti dans un caprice pour clavecin sur les cris de la poule et du coq (1). Seule halte dans cette course effrénée, un passage mystérieux composé de deux rondes pianissimo marqué mancando (2) suivi d'une progression harmonique des deux violons en imitations très vivaldiennes! Cet étincelant mouvement met un point final à une symphonie très séduisante qui mériterait d'être plus connue.

(1) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988, pp. 1011-2 et toutes références citées.
(2) Mancando = s'éteignant, mourant
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Symphonie n° 57 en ré majeur La Poule bis   Dim 7 Mar - 12:19

Trois versions étaient disponibles pour la remarquable symphonie n° 57 en ré majeur qui, entre nous soit dit, évoque bien plus le caquètement d'une poule que la symphonie n° 83 ainsi nommée.

Antal Dorati à la tête de l'orchestre de chambre de Lausanne
Adam Fischer dirigeant l'orchestre de chambre austro-hongrois
Christopher Hogwood au pupitre de The Academy of Ancient Music.

Si dans le premier mouvement les conceptions sont assez semblables et les tempos voisins, par contre les différences sont profondes entre les chefs dans la manière d'interpréter le magnifique adagio. Le tempo adopté par Christopher Hogwood est plus lent que ceux adoptés par Fischer et Dorati, de plus il fait toutes les reprises dans chaque variation ce qui d'ailleurs est inscrit sur la partition. Au début et lors de la première variation la musique acquiert plus de volume et de solennité mais dans les variations suivantes, l'auditeur perd un peu le fil conducteur du mouvement alors que Fischer et surtout Dorati réussissent à captiver l'auditeur.

Dans le menuetto Adam Fischer agace par un parti pris tout à fait arbitraire de cuivrer systématiquement à chaque intervention des cors forte, ce qui me semble contraire à l'esprit de cette oeuvre particulièrement charmeuse et détendue (1). Dommage car le trio réservé aux cordes est bien amené et très réussi. Christopher Hogwood se détache nettement dans ce mouvement. Il faut noter qu'il effectue les reprises lors de la réexposition du menuet ce qui allonge le mouvement de 30%.

Dans l'étourdissante tarentelle finale prestissimo, Hogwood adopte un tempo diabolique, à la limite des possibilités humaines! J'ai du mal à imaginer comment les cordes effectuent les triolets de doubles croches! C'est très excitant mais les conceptions plus sages de Dorati et de Fischer (attention les cors cuivrent) ne me déplaisent pas.

En résumé Hogwood prend plus de risques et gagne son pari dans le prestissimo final tandis que Dorati donne une version plus sage mais très équilibrée et musicalement satisfaisante.

(1) Attention à ne pas confondre les symphonies n° 56 et 57 très différentes d'esprit, même si elles se rejoignent dans le quatrième mouvement.
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