AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Symphonie n° 85 en si bémol majeur "La Reine"

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Piero1809
Administrateur


Messages : 2558
Points : 2724
Date d'inscription : 18/08/2007
Localisation : Alsace

MessageSujet: Symphonie n° 85 en si bémol majeur "La Reine"   Lun 26 Avr - 11:44

La symphonie n° 85 en si bémol majeur, La Reine, de Joseph Haydn est tellement connue qu'on ne réalise plus sa nouveauté à l'époque de sa composition en 1785. De ce point de vue, l'approche chronologique consistant à écouter les symphonies de Haydn dans l'ordre de leur composition est instructive. On peut mieux saisir les différences existant entre la symphonie La Reine et les précédentes. Le plan est plus vaste, les idées plus nettes, et plus contrastées, les développements encore plus élaborés, la fusion entre style galant et savant encore plus complète, bref la symphonie La Reine est peut-être la première représentante du classicisme à son apogée.
Certes la symphonie La Reine n'est pas la plus novatrice des Parisiennes, la symphonie n° 82 l'Ours ou la n° 86 en ré majeur, pouvant toutes les deux revendiquer ce titre mais elle incarne au mieux le caractère royal de sa dédicace et est évidemment la plus emblématique de la série.
Il est probable que Wolfgang Mozart qui connut probablement cette symphonie, dut être très impressionné par sa jeunesse, son inventivité et son modernisme, lui qui avait un peu trop hâtivement désigné Ignaz Pleyel comme successeur de Joseph Haydn. La célèbre trilogie de Mozart composée en 1788 (symphonies en mi bémol KV 543, sol mineur KV 550 et ut majeur KV 551) porte indiscutablement la trace de l'influence des Parisiennes.

Les circonstances de la composition et l'origine de la commande des Parisiennes on été discutées dans ce même forum (1).

Si l'introduction Adagio avec ses rythmes pointés a une allure française, le Vivace qui suit et son rythme ¾ semble typiquement autrichien. Il est bâti sur un seul groupe de thèmes. Il commence piano avec un motif en croches détachées descendantes de caractère viennois contrastant avec les gammes ascendantes énergiques forte qui suivent. Plus loin un arpège fortissimo rappelle le début de la symphonie n° 45 Les Adieux (2). Alors que l'on attend un second thème, c'est le premier qui revient au hautbois avec de belles imitations entre ce dernier et les basses. Le développement débute avec le passage "Les Adieux" étendu et plus véhément que jamais, le premier groupe de thèmes fait ensuite l'objet de nouvelles imitations entre violons et basses et enfin c'est la première partie du thème qui explose littéralement en sol mineur suivies par gammes ascendantes que la tonalité de ré mineur rend plus rageuses que jamais. La réexposition est semblable à l'exposition à de menus détails orchestraux près.

Le second mouvement Andante 2/4 consiste en variations sur un thème d'ariette française très à la mode à l'époque. Ce mouvement est tellement connu que l'on ne remarque plus son orchestration délicate avec des violoncelles souvent distincts des basses, la variation mineure émouvante, la grâce de la quatrième variation. Dans cette dernière, le thème reste toujours solidement arrimé aux cordes tandis qu'une flûte virevoltante improvise de délicates broderies autour du thème avec la plus charmante fantaisie. C'est enfin le basson qui a la vedette dans la dernière variation. Une courte et poétique coda met un point final à ce morceau.

Le troisème mouvement, un menuetto très rythmé est pittoresque avec ses rythmes lombards. Dans le trio, un laendler, on apprécie le jeux des vents, le basson d'abord puis le hautbois et la flûte tandis que les cordes accompagnent avec des pizzicatos.

Le finale Presto 2/4 est un puissant rondo sonate, un des jalons essentiels de l'évolution de cette forme musicale avant le fameux finale de la symphonie n° 99 en mi bémol majeur. Le thème très incisif est encadré de doubles barres de reprises. Le premier couplet reprend les deux premières mesures du thème dans un mouvement symphonique de grande ampleur, c'est ensuite un retour du refrain très écourté et alors éclate un splendide développement, un des plus longs et élaborés de Haydn à cette date. Le combat porte sur les quatre premières mesures du thème qui sont échangées avec la plus grande énergie entre le groupe des violons et celui des basses avec de part en part de violents coups de boutoirs syncopés. La réexposition du refrain est amenée grâce à une transition pianissimo d'une grande subtilité. Le retour du couplet est fortement condensé et une spirituelle coda en imitations entre les deux hautbois met un point final à ce finale somptueux.

(1) http://haydn.aforumfree.com/les-symphonies-f1/les-symphonies-parisiennes-debat-et-avis-t1-15.htm
(2) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://piero1809.blogspot.fr
 
Symphonie n° 85 en si bémol majeur "La Reine"
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [GdC] Seigneur anti dragon, démons majeur, Stegadon ..
» Médaille St-Jacques-le-Majeur (de Compostelle) XIXe.
» castlevania symphonie of the night
» Eddings Leigh et David - Le démon majeur de Karanda - Chant 3 de la Mallorée
» La Symphonie des Siècles - Elizabeth Haydon

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Joseph Haydn :: Les Symphonies-
Sauter vers: