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 Symphonie n° 86 en ré majeur Largo sublime

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Piero1809
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MessageSujet: Symphonie n° 86 en ré majeur Largo sublime   Sam 1 Mai - 13:09

Les trois dernières symphonies, la n° 84 en mi bémol majeur, la n° 82 en ut majeur l'Ours et la n° 86 en ré majeur, du groupe des Parisiennes, ont été composées par Joseph Haydn en 1786. Qelle est la plus grande des six? La question mérite d'être posée. Selon certains commentateurs, l'Ours et la n° 86 peuvent revendiquer ce privilège par leurs dimensions, le dynamisme de leurs mouvements extrêmes. Si l'Ours possède le finale le plus puissant, nul ne contestera que la n° 86 possède de très loin le mouvement lent le plus profond.
Peu de temps après la symphonie n° 86 de Haydn, Wolfgang Mozart couchait sur le papier sa symphonie n° 38 en ré majeur Prague. En dépit de profondes différences dans le détail, on peut toutefois noter des similitudes générales dans les dimensions inusitées, la puissance dramatique, la vigueur des développements des deux symphonies.

Après une introduction Adagio solennelle, le mouvement rapide Allegro spiritoso débute par un premier groupe de thèmes comportant un premier motif piano de tonalité ambigüe et un second motif fortissimo, affirmant la tonalité de ré majeur, au rythme percutant et obstiné qui se maintient plus de 40 mesures jusqu'au retour du premier motif à la dominante conduisant au second groupe de thèmes dont le motif principal (mesure 65) essentiellement mélodique se déroule piano. Cette exposition partage avec celle de du premier mouvement de l'Ours une grandeur et des dimensions inusitées dans toutes les précédentes symphonies (1). Le développement débute par le premier motif du premier groupe de thèmes qui passe par les tonalités les plus diverses, c'est ensuite le second motif du premier groupe de thèmes qui fait aussi l'objet d'un travail harmonique poussé. Après un bref passage du second thème, c'est le premier motif qui revient cette fois en imitations entre violons et violoncelles (distincts des contrebasses) mouvement de tout l'orchestre qui tout naturellement amène la réexposition. Cette dernière est semblable à l'exposition à quelques détails près. Conclusion lapidaire par quatre mesures d'accords sabrés par tout l'orchestre.

A mon humble avis, le Largo Cappriccio en sol majeur est avec le largo de la symphonie n° 88 le mouvement lent le plus profond de toutes les symphonies de Joseph Haydn. La cellule de base de tout ce morceau est un simple arpège ascendant basé sur l'accord parfait de sol majeur. Cet arpège va revenir huit fois chaque fois dans une tonalité différente avec une harmonisation d'une audace et d'une subtilité inouies et une orchestration alliant les bois et la flûte de manière sans équivalent, à ma connaissance, dans toute la musique de l'époque. Chaque apparition du motif de base s'articule à un épisode au caractère de récitatif affirmé composé d'un motif au rythme pointé très caractéristique. L'épisode central qui fait suite à la quatrième apparition du motif de base a une fonction de développement sans toutefois perdre son caractère de récitatif. Le sixième retour du motif s'enchaine à une mélodie nouvelle d'une beauté déchirante. Enfin la huitième apparition de la cellule de base scelle ce morceau sublime.

Le menuetto inaugure une série de mouvements qui par leur dimension considérablement augmentées (la deuxième partie du menuetto comporte 48 mesures) sont en rupture avec les menuets traditionnels et ouvrent la voie aux scherzos de l'avenir. Comme Marc Vignal le fait remarquer ces menuettos sont de véritables structures sonates avec exposition, développement et réexposition et donnent au troisième mouvement un poids comparable aux trois autres (2).

Le finale Allegro con spirito débute d'abord piano avec l'exposé du premier thème. Ce dernier au rythme martelé fait l'objet d'un crescendo impressionnant (3) au cours duquel on entend un piétinement obstiné quasi bestial (l'Ours est battu). Ce mouvement symphonique de grande ampleur s'arrête brusquement et laisse la place au second thème qui avec son allure légère, spirituelle, quasi Rossinienne contraste vivement avec ce qui précède. La fin de l'exposition confie aux vents très actifs un troisième thème inspiré des deux précédents. Après une exposition aussi vaste, aussi riche, aussi foisonnante, il n'y a plus de place pour un long développement et de fait ce dernier (à peine trente mesures) est relativement court. Basé essentiellement sur le second thème puis sur le premier, il a le mérite par sa concision de renforcer l'unité et la cohésion du morceau. Après une réexposition un peu écourtée, une courte coda met un point final avec esprit à cette symphonie de manière cohérente avec la mention con spirito que Haydn a prodiguée.

(1) La symphonie Prague de Mozart dépasse dans son premier mouvement de 310 mesures les dimensions de la présente symphonie. Son développement contrapontique qui combine les trois motifs du premier groupe de thèmes est particulièrement génial.
(2) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988.
(3) Ce crescendo n'est pas indiqué sur la partition mais la plupart des chefs le font.
(4) http://imslp.info/files/imglnks/usimg/2/25/IMSLP31405-PMLP61592-Haydn_Sinfonia_Hob_I_86__D.pdf


Dernière édition par Piero1809 le Mer 5 Mai - 15:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Symphonie n° 86 en ré majeur Largo sublime   Mer 5 Mai - 15:39

A propos du trio du menuetto de la symphonie n° 86, Marc Vignal écrit:

"Le trio (28 mesures), par ses traits populaires, s'oppose à la magesté du menuet proprement dit, avec un effet magique au moment où pour prolonger son épisode central, la flûte vient relayer le hautbois. Harry Halbreich rapproche ces sonorités de flûte de celles de la Sixième Symphonie de Sibelius". (1)

Ayant étudié cette symphonie n° 6 tout récemment (2), je ne vois pas du tout ce que Harry Halbreich a voulu dire mais le rapprochement entre les deux grands créateurs me semble une idée intéressante.

(1) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988, pp 1199-1201.
(2) http://haydn.aforumfree.com/baroque-classicisme-et-romantisme-f6/jean-sibelius-1865-1957-t363.htm cat
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MessageSujet: Re: Symphonie n° 86 en ré majeur Largo sublime   Jeu 6 Mai - 9:22

Dans le largo de la symphonie n° 86, la musique est tellement forte qu'elle gomme la marque du chef d'orchestre.

Parmi les versions que j'ai à disposition, j'ai du mal à départager Antal Dorati (Orchestre de chambre de Lausanne), Adam Fischer (Orchestre de chambre austro-Hongrois) et Neville Mariner (Academy of St Martin in the Field).

Vous qui avez d'autres versions de ce chef-d'oeuvre, Qu'en pensez-vous?
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MessageSujet: Re: Symphonie n° 86 en ré majeur Largo sublime   Aujourd'hui à 3:06

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