Joseph Haydn

(1732-1809)
 
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 Symphonies n° 17 en fa majeur et n° 19 en ré majeur

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Piero1809
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MessageSujet: Symphonies n° 17 en fa majeur et n° 19 en ré majeur   Ven 2 Juil - 8:38

Les symphonies n° 17 en fa majeur et n° 19 en ré majeur se ressemblent beaucoup. Toutes deux adoptent la coupe de la sinfonia à l'italienne en trois mouvements. Leurs mouvements lents sont tous deux à la tonique mineure. Elles se terminent toutes deux par un finale au rythme ternaire 3/8. Enfin elles ont toutes deux été composées par Joseph Haydn à des dates voisines, probablement entre 1758 et 1761 (1).

L'effectif instrumental de la symphonie n° 17 en fa est particulièrement réduit avec le quintette à cordes et deux cors. Il n'y a donc pas de hautbois contrairement à la majorité des symphonies de cette époque (2). Pourtant la symphonie n° 17 a de brillantes couleurs. Elle débute par un Allegro 3/4 assez baroque d'esprit: pendant tout le mouvement des batteries de basses soutiennent l'harmonie et les progressions harmoniques avec imitations entre les deux violons sont nombreuses. Le développement est particulièrement long; selon une habitude assez fréquente dans ce groupe de symphonies, il débute par un exposé du thème principal à la dominante puis à la tonique. La suite consiste en jeux contrapontiques à partir de motifs tirés de l'exposition.
L'andante ma non troppo en fa mineur , d'une expression constamment poignante, est une des plus belles pages de Haydn de cette époque. Elle est écrite pour le quintette à cordes. Le discours musical d'abord en fa mineur évolue vers la bémol majeur, prend alors une tournure doucement recueillie et c'est en la bémol que se termine l'exposition. La tonalité de fa mineur revient au cours du développement, le sentiment prend un tour plus dramatique et plus heurté avec une participation active des basses. Cette tonalité de fa mineur se maintient jusqu'à la fin du morceau qui s'achève tout doucement dans une ambiance accablée assez rare chez Haydn.
Le contraste est vif quand vient l'insouciant finale Allegro molto 3/8. Ce mouvement, comme presque tous les finales des symphonies antérieures à l'entrée de Haydn au service des Esterhazy, est en deux parties avec barres de reprises après chaque partie. On peut dire que la première partie correspond à l'exposition d'une structure sonate tandis que la seconde comporte une ébauche de développement et une réexposition.

Le premier mouvement de la symphonie n° 19 en ré majeur, Allegro molto ¾, est tout aussi ambitieux que le mouvement correspondant de la n° 17. Il débute avec un thème qui comporte trois parties: successivement un accord parfait ascendant de ré majeur, un court trait "horizontal" formé de quatre doubles croches et deux croches et un motif descendant riche en appogiatures. Plus loin une dissonance fuggitive (mesure 14) est suivie par une marche harmonique sur la deuxième partie du thème. Le développement débute avec le thème successivement à la dominante puis à la tonique; après des trémolos modulants, un travail thématique donne lieu à des imitations très ingénieuses sur les trois parties du thème. Les hautbois, présents en plus des cors dans cette symphonie se contentent généralement de doubler les premiers violons.
L'andante en ré mineur 2/4 pour les cordes seules est très expressif comme celui de la symphonie n° 17. Il débute avec un accord parfait descendant de ré mineur, pendant symétrique du début de l'allegro initial. Les nombreux passages syncopés sont typiques des mouvements lents de cette époque. Après un petit développement, la transposition du discours musical en ré mineur lors de la réexposition accroît encore l'émotion du morceau et tout se termine pianissimo avec des triolets de doubles croches.
Le presto final 3/8 est remarquable par son caractère dansant conféré par un rythme aux basses composé d'une croche, de deux doubles croches et d'une croche répétés obstinément (3).

(1) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988.
(2) http://imslp.info/files/imglnks/usimg/8/8a/IMSLP53126-PMLP71286-Haydn-H1.017FSbh.pdf
(3) http://imslp.info/files/imglnks/usimg/4/42/IMSLP31393-PMLP71503-Haydn-_Sinfonia_Nr19__HCR_Landon_.pdf
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Olivier2

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MessageSujet: Re: Symphonies n° 17 en fa majeur et n° 19 en ré majeur   Sam 29 Oct - 15:22

Je découvre avec plaisir la belle symphonie n°17 En fa majeur et je suis content de trouver le commentaire ci dessus.

Je trouve effectivement le second mouvement "Andante ma non troppo", une respiration lente et qui se traduit par une merveilleuse ambiance chambriste.

Les deux mouvements extrêmes, relativement enjoués, encadre bien ce moment de grâce .
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Symphonies n° 17 en fa majeur et n° 19 en ré majeur   Dim 30 Oct - 15:05

Merci pour votre commentaire.
Qui était l'interprète de cette symphonie n° 17?
J'ai oublié de dire dans mon compte rendu que le chef était Adam Fischer à la tête de l'orchestre austro-hongrois.
Bonne journée.
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Olivier2

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MessageSujet: Re: Symphonies n° 17 en fa majeur et n° 19 en ré majeur   Dim 30 Oct - 15:17

Piero1809 a écrit:
J'ai oublié de dire dans mon compte rendu que le chef était Adam Fischer à la tête de l'orchestre austro-hongrois.
C'est cette interprétation que j'ai écouté, elle provient du coffret Brillant et c'est d'ailleurs les seuls enregistrements que je possèdent pour ces symphonies de jeunesse.

Cette symphonie m'a fait penser à la 29eme symphonie en la majeur de Mozart qui est aussi écrite pour une orchestration dépouillée 2 violon, alto, 2 hautbois, 2 cors, violoncelle et basse.

J'ai été moins séduit avec la symphonie n°19 que j'ai écouté par la suite. Je re essayerai drunken
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Euclide-Orphée

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MessageSujet: Re: Symphonies n° 17 en fa majeur et n° 19 en ré majeur   Ven 25 Mai - 1:32

Le projet Haydn2032 continue son petit bout de chemin.
Ici nous avons la chance qu'ils nous partagent une interprétation de la 19ème symphonie de Haydn, certes pas la plus marquante, mais c'est l'occasion de se replonger dans une époque de conception toute fraîche du classicisme (avec pourtant déjà bien des audaces de la part de Haydn !) et de redonner un brin de notoriété aux symphonies peu connues et jouées de Haydn (notamment les plus anciennes). Après tout quand un compositeur écrit autant la diffusion de son oeuvre en vient à être difficile, peu de gens ayant le courage de faire le tour ne serait-ce que des symphonies (et ne parlons pas des quatuors, opéras et autres trios en tout genre).
Naturellement cette symphonie ne mérite pas une notoriété particulière, mais il est toujours agréable d'avoir sous la main des interprétations soignées et magnifiquement enregistrées : ses oeuvre méritent d'être respectées et trop souvent bien des symphonies de Haydn sont un petit peu bâclées. J'apprécie le traitement exquis qui est porté ici à toute oeuvre de Haydn.



Une telle symphonie, charmante à bien des égards quoi qu'assez neutre (on n'en retiendra rien d'exceptionnel), se juge dans son contexte (fin des années 1750 donc très tôt, Rameau est encore de ce monde et projette d'écrire Abaris ou les Boréades). A bien des égards toute la transition du baroque au classique, le jour et la nuit qui opposent des oeuvres contemporaines (y compris parfois chez un même compositeur, on trouvera ainsi des oeuvres totalement baroques et totalement classiques chez des Zach, Balbastre, Richter, Gassmann ou même CPE Bach) , est assez fascinant. C'est une époque très riche et très innovante qui est bien trop souvent reléguée au second plan.
Au-delà de l'aspect purement musical ces symphonies "primitives" permettent au moins d'illustrer la place toute particulière d'Haydn dans l'histoire de la musique, non seulement comme grand compositeur ayant laissé des chef-d'oeuvres mais comme l'un des grands instigateurs de tout une ère musicale, et que de chemin parcouru jusqu'à la fin. Le catalogue de Haydn permet de suivre le classicisme de sa naissance à son apogée et quasi-mort (le distinguo classicisme / romantisme est toutefois très ambigu et varie selon l'interlocuteur), c'est tout de même assez rare.
Bref, j'ai pris plaisir à me replonger dans l'innocence de cette petite symphonie originelle !
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Symphonies n° 17 en fa majeur et n° 19 en ré majeur
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