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 Symphonie n° 50 en ut majeur

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Piero1809
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MessageSujet: Symphonie n° 50 en ut majeur   Mar 28 Sep - 11:07

La symphonie n° 50 en ut majeur fut composée par Joseph Haydn en 1773, année féconde qui vit naître outre le remarquable opéra bouffe L'Infedelta delusa, les symphonies n° 51 en si bémol, la symphonie n° 64 en la majeur et la symphonie n° 65 en la majeur. Si les symphonies n° 51 et 64 sont de typiques représentantes du mouvement "Sturm und Drang" (3), par contre les symphonies n° 65 et 50 s'en écartent notablement. C'est compréhensible dans la cas de la symphonie n° 50 dont deux mouvements au moins dérivent d'un spectacle pour marionettes malheureusement perdu "Der Götterath". Selon EC Robbins Landon cette symphonie, et non pas la n° 48 (Marie-Thérèse), bien antérieure, aurait été composée à l'occasion de la visite de l'impératrice à Eszterhazà en 1773. L'instrumentation est typique des symphonies de jeunesse car elle comporte le quintette à cordes, deux hautbois, un basson doublant la basse, deux cors altos, deux timbales et peut-être deux trompettes doublant les cors. La présence des trompettes fait débat et Anthony Hogson recommande de s'en passer si on dispose de cors altos (1).

Après une introduction Maestoso remarquable par ses rythmes pointés, l'allegro ¾ nous emmène dans une ambiance festive. Le thème principal est asymétrique, il se compose d'un motif des violons piano suivi d'une réponse forte en croches du tutti. Clarté et transparence sont les maîtres mots qui définissent le mieux ce mouvement (et d'ailleurs la symphonie toute entière). Cette exposition très concise se termine par un second thème très doux. Le développement est basé principalement sur les deux motifs constituant le thème. Le motif des violons s'opposant au vigoureux motif en croches de tout l'orchestre à travers des modulations expressives. Le motif en croches devient prépondérant à la fin du développement et finit par occuper tout l'espace sonore. La réexposition est peu différente de l'exposition. Ce mouvement très court, à l'énergie contenue, ressemble bien plus à une ouverture d'opéra qu'à un premier mouvement de symphonie.

Avec le second mouvement Andante moderato 2/4, on se croirait revenu au temps des symphonies antérieures à 1761. En effet cet andante est écrit pour les cordes seules dans sa première partie. De plus un violoncelle solo joue constamment la même mélodie que le premier violon mais à l'octave inférieur comme on l'a vu dans l'andante ma non troppo de la symphonie n° 16 en si bémol majeur qui elle est antérieure à 1761 (2). Comme la mélodie principale est jouée à l'unisson par les premiers violons et les seconds violons d'une part et par le violoncelle solo à l''octave inférieur et que l'accompagnement des basses et des altos est très discret, ce mouvement a une sonorité très particulière, assez étrange, unique dans les symphonies de Haydn. L'entrée des hautbois et des cors dans la seconde partie apporte un complément d'harmonie et une sonorité plus classique. Aucun nuage ne voile ce mouvement axé sur la beauté mélodique et la clarté.

Le menuetto (appelé Menuet par Haydn) est certainement le mouvement le plus original de la symphonie. Il contraste par son "modernisme" (on le croirait composé à une date bien plus tardive) avec l'archaïsme du mouvement précédent. Ce menuet est construit comme un morceau de sonate en miniature, après les barres de reprises la seconde partie débute par un petit développement très élaboré sur les premières mesures du thème du menuet qui font l'objet d'imitations serrées entre les premiers et les seconds violons. Le trio débute par les premières mesures du menuet et amènent avec beaucoup de subtilité le thème du trio en fa majeur, un chant du hautbois de caractère presque tyrolien. Il n'y a pas de barres de mesures et c'est avec beaucoup d'élégance et de poésie que le chant du hautbois pianissimo s'enchaine au da capo du menuet. Une recherche constante d'unité donne à la fois charme et rigueur à ce mouvement.

Le climat du finale Presto 2/2 est assez proche de celui du premier mouvement. Il débute pianissimo par un thème à la fois furtif et spirituel (oui c'est possible), thème répété une fois et suivi par une marche harmonique de caractère baroque qui nous renvoie à des symphonies en ut majeur antérieures (n° 41, 38, 32). Le dévelopement est construit sur les deux premières mesures du thème qui font l'objet de modulations variées et de variations rythmiques intéressantes. La rentrée d'abord inchangée est par la suite notablement modifiée: la marche harmonique "baroque" gagne en éclat et puissance et à la fin un fortissimo dissonant de tout l'orchestre avec timbales déchainées annonce la symphonie n° 56 en ut majeur de l'année suivante. Fin lapidaire de ce mouvement très spirituel et d'une des plus brèves symphonies de Haydn.

(1) Anthony Hodgson, The Music of Joseph Haydn. The Symphonies. The Tantivy Press, 1976.
(2) http://haydn.aforumfree.com/les-symphonies-f1/symphonies-n-15-et-n-16-originalite-imagination-t337.htm
(3) http://haydn.aforumfree.com/generalites-f14/sturm-und-drang-orage-et-passions-t425.htm
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Joachim



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MessageSujet: Re: Symphonie n° 50 en ut majeur   Mer 5 Jan - 14:08

Je viens de l'écouter dans l'enregistrement de Manfred Huss qui reprend trois symphonies provenant de musiques théâtrales (n° 12, 50 et 60).

Je me demande si l'dée d'Anthony Hogdon de remplacer les trompettes par des cors ne serait pas justifiée. En effet, ces trompettes qui ponctuent chaque mesure par moments sont un peu trop présentes, à mon avis. C'est peut-être pour cette raison que l'andante avec son violoncelle solo est mon mouvement préféré de cette symphonie.
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Symphonie n° 50 en ut majeur   Mar 11 Jan - 0:13

Joachim a écrit:
Je viens de l'écouter dans l'enregistrement de Manfred Huss qui reprend trois symphonies provenant de musiques théâtrales (n° 12, 50 et 60).

Je me demande si l'dée d'Anthony Hogdon de remplacer les trompettes par des cors ne serait pas justifiée. En effet, ces trompettes qui ponctuent chaque mesure par moments sont un peu trop présentes, à mon avis. C'est peut-être pour cette raison que l'andante avec son violoncelle solo est mon mouvement préféré de cette symphonie.
C'est effectivement un point qui se discute. En ce qui me concerne j'aime bien ces symphonies de fête avec trompettes perçantes, héritées de la période baroque mais que Joseph Haydn utilise avec volupté. Toutefois si on suit bien Anthony Hodgson, en omettant les trompettes, il faut alors des cors alto qui sont peut-être aussi agressifs que les trompettes!

En tous cas, merci Joachim de nous rendre compte de ce CD tout à fait passionnant et Manfred Huss est vraiment un grand chef!
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MessageSujet: Re: Symphonie n° 50 en ut majeur   Aujourd'hui à 22:43

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