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 Symphonie n° 92 en sol majeur OXFORD

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Piero1809
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MessageSujet: Symphonie n° 92 en sol majeur OXFORD   Dim 2 Jan - 22:12

J'ai écouté le dimanche 25 novembre 2009 les Rois de la Galette (Tribune des Critiques de Disques). L'oeuvre en question était la symphonie n° 92 en sol majeur Oxford de Joseph Haydn. Sept versions ont été comparées. La gagnante fut l'interprétation de René Jacobs, mais une victoire en demi-teintes car toutes les versions y compris la gagnante, furent critiquées et en particulier la version Adam Fischer qui fut éliminée d'office.

Résultats de la confrontation publiés par Radio-France

Versions gagnantes:
Version 3, Orchestre Baroque de Fribourg, René Jacobs (Harmonia Mundi)
Version 5, Orchestre de Cleveland, George Szell (Sony)

Versions éliminées au deuxième tour:
Version 1, Orchestre de Chambre de Vienne, Philippe Entremont (Harmonia Mundi)
Version 7, Orchestre du 18°siècle, Frans Bruggen (Philips)

Versions éliminées au premier tour:
Version 2, Orchestre Haydn Austro-Hongrois, Adam Fischer (MDG)
Version 4, Orchestre Philharmonique de Berlin, Simon Rattle (Emi)
Version 6, Orchestre Philharmonique de Munich, Sergiu Celibidache (Emi)

J'ai été frappé par le traitement des trompettes et des timbales dans cette 92ème symphonie, version Adam Fischer. On aurait cru que le micro était placé sous les trompettes tellement leur sonorité était violente et perçante! Moi qui aime bien entendre les trompettes, j'en étais géné. Par contre, dans la version Georges Szell, 2ème du classement, on entendait mal les cuivres, mais il faut dire que le chef avait à sa disposition un énorme pupitre de cordes!

Mais que cette symphonie est géniale! J'en viens à me demander si finalement les n° 88 et 92 ont été dépassées par les douze Londoniennes?

Encore une précision concernant l'émission de dimanche 25 novembre que j'ai réécoutée à tête reposée.
La version gagnante (René Jacobs) fait sonner fort ses trompettes mais ce n'est pas désagréable. Bien que gagnante, elle a été très critiquée du fait de la présence d'un continuo, en fait un piano, que l'on entend si bien qu'un des critiques a même plaisanté: Jacobs aurait du choisir entre une symphonie et un concerto pour piano!
Dans le minore du célèbre adagio, on a parlé de scène grandiloquente d'opera seria. Mais le finale vertigineux a séduit tout le monde et c'est Jacobs qui a emporté la palme d'or.

Décidément on dirait que René Jacobs rafle toutes les médailles actuellement...

Piero


Dernière édition par Piero1809 le Dim 9 Jan - 16:15, édité 4 fois
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Symphonie n° 92 en sol majeur OXFORD   Mer 5 Jan - 13:32

Dernière des trois symphonies d'Ogny et dernière symphonie composée à Eszterhazà avant le départ pour Londres, la symphonie n° 92 en sol majeur dite Oxford est considérée par de nombreux auteurs comme une des plus grandes de Joseph Haydn. Marc Vignal lui consacre une étude détaillée et effectue une analyse en profondeur de son premier mouvement. Le nombre de mesures des différentes sections de ce dernier: exposition, développement, reexposition et à l'intérieur de ces derniers la mise en évidence de sous sections (dont un nouveau développement et une coda) permettent au musicologue de montrer que la structure de ce mouvement est régie par le nombre d'or (1). Dans ces conditions j'encourage les lecteurs du forum de lire le texte de Marc Vignal. Pour ma part je me contenterai d'un court commentaire.

Avec L'introduction adagio la symphonie débute en douceur, la nuance piano se maintient pendant toute l'introduction mis à part un court forte et elle se termine pianissimo. L'allegro spiritoso 3/4 qui suit est à première vue une structure sonate classique à deux thèmes le second thème très gracieux intervenant juste avant la fin de l'exposition. Pendant cette exposition on ne peut qu'admirer la beauté de l'orchestration dans laquelle flûtes, hautbois et bassons ornent les deux thèmes par des contrechants. La splendide coda est la plus vaste à ce jour dans une symphonie de Haydn, elle met en jeu les deux thèmes principaux du mouvement et comme le reste du mouvement est plus axée sur la délicatesse que sur la puissance.

L'adagio cantabile en ré majeur 2/4 porte bien son nom. Le thème magnifique comporte deux parties, la première partie est énoncé deux fois, la deuxième partie du thème est aussi répétée mais avec d'importantes changements, notamment une participation active des bois et en particuliers des deux bassons qui ont souvent des parties indépendantes des cordes. L'intermède mineur est attaqué fortissimo et staccato par l'orchestre au complet (les trompettes, les cors et les timbales se déchaînent), un thème très syncopé parcourt cet intermède très développé. Reprise du thème du début en entier et sans grands changement. On arrive alors à une merveilleuse coda confiée presqu'exclusivement aux bois qui reprennent, transposé en ré majeur, le thème syncopé de l'intermède mineur. Ce thème passe aux cordes avec des inflexions vers sol mineur très mélancoliques. Fin pianissimo.

Le menuet et trio, allegretto, (104 mesures, 258 mesures avec toutes les reprises) forment un des ensembles les plus développés parmi les symphonies de Haydn et s'apparente plus que jamais au scherzo beethovénien. Le trio est une pièce essentiellement symphonique et s'éloigne du laëndler généralement présent à cette place. Il débute par un étonnant solo des cors et des bassons dont les chefs doivent scrupuleusement respecter le rythme syncopé très caractéristique (2).

Le finale Presto 2/4 est mon mouvement favori, le plus brillant, le plus extraordinaire finale de toutes les symphonies de Haydn, le plus génialement orchestré à mon humble avis. Le thème a un caractère à la fois élastique, furtif et mystérieux avec ses chromatismes et son accompagnement en octaves brisés (4) du violoncelle solo. Le thème maintenant doublé par la flûte, est répété et l'accompagnement passe au cor qui doit exécuter des octaves brisés avec ses harmoniques graves! L'orchestre est maintenant au complet sur une variante du thème. A la mesure 53, le thème est entonné par les basses alors que les violons accompagnent avec de savants retards, l'effet est grandiose.. On arrive à un fortissimo de tout l'orchestre puis au second thème staccato (4), ce dernier léger et aérien comme une bulle de champagne a un caractère presque rossinien, la flûte souligne les traits du premier violon par de spirituels échos, les seconds violons accompagnent staccato et piano tandis que les basses ponctuent le discours musical de pizzicatos discrets.. L'énorme développement, un des plus longs de tout Haydn fait cent dix mesures, exactement la longueur de l'exposition. Il est bâti sur les deux thèmes. Le premier thème passe par tous les pupitres tandis que les autres instruments jouent un contre chant qui exploite génialement ses chromatismes et autres particularités harmoniques, le second thème quant-à lui, grâce à de rapides modulations, passe par les couleurs les plus brillantes. Lors de la réexposition, le second thème est enrichi d'un nouveau contrechant du cor et d'échos de la flûte et du hautbois qui en intensifient la portée et lui donnent une plus grande plénitude. A la mesure 342 se termine un des finales symphoniques les plus développés et élaborés de Haydn (3).

(1) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988.
(2) Anthony Hodgson, The Music of Joseph Haydn. The Symphonies, The Tantivy Press London, 1976, pp.122-4.
(3) E.C. Robbins Landon, Joseph Haydn Symphonies 88-92, Dover Publications, New York, 1983.
(4) Staccato: terme violonistique signifiant que les notes doivent être jouées détachées avec un coup d'archet spécial. Octaves brisés: un intervalle d'un octave sépare deux notes successives.


Dernière édition par Piero1809 le Ven 7 Jan - 12:01, édité 1 fois
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Joachim



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MessageSujet: Re: Symphonie n° 92 en sol majeur OXFORD   Mer 5 Jan - 13:51

Piero1809 a écrit:
Où est passé le fil consacré à la symphonie n° 92 en sol majeur Oxford de Joseph Haydn? Je n'arrive plus à le retrouver. Son auteur pourrait-il me renseigner afin que je le mette en bonne place?


Tu es sûr qu'il y avait un sujet sur cette symphonie ? Je ne l'ai pas retrouvé non plus.

Merci pour ton post, comme toujours superbement détaillé, qui incite vraiment à réécouter cette oeuvre.
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Symphonie n° 92 en sol majeur OXFORD   Sam 8 Jan - 10:56

Mea Culpa. Il n'y avait pas de fil consacré à cette symphonie. Merci Joachim. Je corrige le premier post de cette rubrique.

Anthony Hodgson déplore que de mauvaises habitudes ont été prises par certains chefs, mauvaises pratiques ayant presque dégénéré en tradition!

-dans l'Adagio, de nombreux chefs accélèrent le tempo dans le fameux minore. Le résultat est que cet intermède si dramatique perd de sa force expressive. De plus le retour au tempo initial génère une certaine platitude;

-dans le trio du menuetto, Joseph Haydn a indiqué sur sa partition que les cors et les bassons doivent attaquer le trio sur le troisième temps du menuetto qui précède, engendrant ainsi un rythme syncopé qui se propage dans tout l'épisode et lui donne son caractère. Par facilité ou bien routine, certains chefs démarrent le trio sur le premier temps ce qui enlève une grande partie du charme à ce morceau.

Ainsi certaines pratiques héritées du 19ème siècle, consistant à corriger les audaces du génial compositeur, perdurent de nos jours!
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Symphonie n° 92 en sol majeur OXFORD   Lun 9 Déc - 11:55

Je recommande chaudement la version de la symphonie n° 92 Oxford de Nikolaus Harnoncourt à la tête du Concentus Musicus Vienne, le chef autrichien met littéralement le feu au presto final!. La symphonie côtoie un récital très intelligent de Cecilia Bartoli, interprétant des oeuvres merveilleuses de Mozart et Haydn réunis pour notre plus grande délectation dans deux généreux DVD.
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MessageSujet: Re: Symphonie n° 92 en sol majeur OXFORD   Aujourd'hui à 3:10

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