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 ARMIDA E RINALDO Giuseppe SARTI

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Piero1809
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MessageSujet: ARMIDA E RINALDO Giuseppe SARTI   Jeu 24 Mar - 14:51

Armida e Rinaldo, Dramma per Musica de Giuseppe Sarti, livret de Giuseppe Coltellini fut crée à Saint Petersbourg en 1786. Le thème des amours impossible entre le croisé Rinaldo et de la magicienne Armida a été traité maintes fois dans le passé. Jean Baptiste Lully (1686), Tommaso Traetta (1761), Giuseppe Scarlatti (1766), Niccolo Jommelli (1770), Pasquale Anfossi (1770), Antonio Salieri (1771) Antonio Sacchini (1772), Christoph Willibald Gluck (1778), Giuseppe Haydn (1784) mirent ainsi en musique les mythes chantés par Torquato Tasse dans La Gerusalemme liberata (1). Sarti utilisa un livret assez ancien de Marco Coltellini écrit pour le compositeur Scarlatti en 1766, repris pas Salieri et modifié pour tenir compte des exigences scéniques en usage à Saint Petersbourg. Dans la représentation du théâtre Masini de Faenza (ville natale de Sarti) en 2002, le rôle d'Armida fut confié à une soprano, celui de Rinaldo à une mezzo soprano.

Synopsis. Quand le rideau se lève, Armida et Rinaldo filent le parfait amour, troublé seulement par la venue d'un guerrier inconnu aux pouvoirs considérables contre lesquels la magie d'Armida semble impuissante. Alors que Rinaldo s'abime dans les rêves que lui procure la magicienne, Ubaldo, compagnon d'armes de Rinaldo, le ramène violemment à la réalité et lui rappelle ses devoirs vis à vis de sa patrie, notamment celui de délivrer Jérusalem. Rinaldo d'abord convaincu retombe dans les rêts d'Armida. Afin de la rassurer, il lui montre son bouclier, rempart, dit-il, contre les ennemis de leur amour. A la vue du bouclier, Armida défaille et son attitude ouvre les yeux de Rinaldo qui s'embarque rejoindre les armées franques. Armida restée seule, et résolue de se venger, enfourche son char infernal...

Le style. Il s'agit d'un opera seria assez court ou plutôt d'une azione teatrale en deux actes possédant de nombreux choeurs. Ces derniers ne participent pas à l'action mais plutôt la commentent. Ces choeurs et notamment le choeur des démons, sont visiblement inspirés de ceux d'Orfeo ed Euridice de Gluck. Par rapport aux Armida précédentes, le dramma de Sarti est très allégé, il n'y a plus que quatre personnages et encore Ismene, confidente d'Armida et complice de ses rites infernaux n'a aucun air tandis qu'Ubaldo n'en a qu'un. Armida et Rinaldo monopolisent la scène et ont plusieurs airs à leur actif. Ces airs sont généralement très courts y compris les deux ou trois grands airs napolitains avec da capo. Il n'y a que peu d'ensembles, un duetto apparaît à la fin du premier acte et un terzetto au milieu du second à des places qui correspondent avec celles des duetto et terzetto de l'Armida de Haydn (2) et de ceux de Giulio Sabino (3,4), opera de Sarti, crée en 1781. Indiscutablement l'absence de récitatif sec constitue l'aspect le plus original de ce dramma per musica. Dans ces conditions, le lien entre les airs est assuré par le récitatif accompagné ce qui donne une grande fluidité au déroulé de l'intrigue. Quelques années auparavant, Haydn avait composé une azione teatrale analogue: l'Isola disabitata (1779).

Les sommets.
Acte I
Le grand air napolitain avec semi da capo d'Armida "Non bramo, o caro bene...". Il n'y a pas de reprise de la première partie et le da capo proprement dit est notablement écourté. Les vocalises présentent une grande fluidité, sont bien adaptées à la voix, sans suraigus périlleux et sans difficulté particulière, nonobstant leur tempo très rapide.

La cavatine de Rinaldo "Lungi da te ben mio...". Très émouvante comme d'ailleurs tous les airs du croisé qui, envouté (ou non?) par la magicienne, est profondément amoureux. Cet air très court au rythme de sicilienne est très simplement accompagné par les cordes. Il est suivi par un air non moins beau:

"Vieni a me sull'ali d'oro". Air très simple entièrement "durchcomponiert", accompagné par une clarinette très poétique et un motif obsédant des cordes, il ressemble plus à un lied romantique qu'à un air d'opéra. Rinaldo s'endort aux sons d'une douce symphonie jouée par d'aimables fantômes, nous raconte le livret!

Le duetto "Dilegua il tuo timore" représente un sommet émotionnel et un point de rupture. Armida et Rinaldo chantent d'abord leur amour sans faille mais Armida exprimant son inquiétude de l'avenir, Rinaldo lui présente le bouclier censé la protéger. A cette vue Armida défaille car c'est ce bouclier qui au contraire rend tous se charmes inopérants. Armida s'enfuit épouvantée et Ubaldo peut enfin s'écrier "Ho vinto" J'ai vaincu. Ce duetto joue dans l'Azione teatrale de Sarti un rôle analogue au duetto situé en fin du premier acte de l'Armida de Haydn (2,3), il est toutefois bien plus court, moins élaboré et moins intense que celui de Haydn mais cependant très efficace dramatiquement.

ActeII
Dans tout l'opéra les choeurs sont importants. Ceux du début de l'acte II sont particulièrement beaux et plus personnels que d'autres trop inspirés de ceux de l'Orfeo de Gluck (1). Armida est entourée de sa suite. Ces derniers sont en train de faire leurs dévotions à quelque divinité infernale. La musique très simple donne une sensation très oppressante et Armida qui s'exprime en constante alternance avec le choeur, prévoit sa chute prochaine.

Cavatine de Rinaldo "Ah non lasciarmi, no..."Rinaldo demande à Ubaldo ne ne pas l'abandonner mais en même temps le supplie de lui permettre de voir une dernière fois Armida...Rinaldo n'est pas le guerrier intrépide de la légende mais un homme indécis et faible que sa passion aveugle. Il n'hésitera pas à trahir Armida qui, elle aussi, a sacrifié ses devoirs et sa patrie à sa passion mais reste fidèle jusqu'au bout.

Terzetto: Armida, Rinaldo et Ubaldo "Strappami il cor..." Ce terzetto n'a pas la densité contrapuntique et la force dramatique du génial terzetto de l'Armida de Haydn situé à peu près au même niveau de l'action et avec les mêmes protagonistes (2,3). C'est tout de même un morceau très intéressant qui consacre le ralliement de Rinaldo à la croisade tandis qu'Armida n'a de cesse de clamer son désespoir face à un abandon qu'elle assimile à une trahison.

Le Rondo de Rinaldo. "Quanto è barbaro il dolore..." On considère souvent (1) que Sarti est l'inventeur du Rondo d'opéra. Notons tout de même que le fameux Rondo Ch'io mi scordi di te de Mozart K1 505 date du 26 décembre 1786. Avant d'embarquer, Rinaldo fait ses "adieux" à Armida, un au revoir en fait puisqu'il lui promet de revenir en homme libre! Ce morceau est à deux vitesses, une première partie Largo de structure ABA avec A=refrain et un allegro A'CA' avec A' étant une variante du refrain. La fin de l'aria est superbe d'exaltation passionnée, mais il n'est plus question de passion de Rinaldo pour Armida mais de son excitation consécutive à sa décision de fuir Armida et de rejoindre l'armée franque.

(1) Marco Beghelli, Notice pour Armida e Rinaldo, Incisione Bongiovanni, 2002.
(2) http://haydn.aforumfree.com/t46-armida-hobxxviii12
(3) Sarti était de passage à Eszterhazà en mai1784 et assista à une représentation de l'Armida de Haydn ainsi que de son Fra i due litiganti, il terzo gode sous la baguette du maestro Giuseppe Haydn.
(4) http://www.odb-opera.com/modules.php?name=Content&pa=showpage&pid=139
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MessageSujet: Re: ARMIDA E RINALDO Giuseppe SARTI   Ven 25 Mar - 11:09

D'aucuns s'étonneront de voir Armida e Rinaldo de Giuseppe Sarti parmi les opéras de Joseph Haydn. En fait j'ai souhaité regrouper les trois opéras seria consacrés à la magicienne Armide: Armida abbandonata de Jommelli, Armida de Haydn et Armida e Rinaldo de Sarti car ces trois operas seria ont de nombreux points communs et sont reliés de différente manière à Haydn compositeur d'opéras.
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