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 Giovanni PAISIELLO 1740-1816

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Piero1809
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MessageSujet: Giovanni PAISIELLO 1740-1816   Sam 16 Avr - 21:33

Giovanni Paisiello est né à Roccaforzata dans les Pouilles en 1740 et mort à Naples en 1816. Compositeur extrêmement prolifique, il exerça ses talents dans presque tous les genres musicaux. Mais c'est grâce à ses opéras qu'il est le plus connu. Il composa près de cent opéras dont les plus célèbres sont Socrate immaginario (1775), Gli Astrologi immaginari (1779), Le Barbier de Séville (1782, Il Re Teodoro in Venezia (1784), La Molinara o L'Ammore contrastato (1788), Nina ossia La Pazza per Amore (1789)...Sa musique religieuse est extrêmement importante quantitativement et qualitativement.

Paisiello a un style très original et sa musique a le plus souvent un son unique du fait d'une orchestration très habile utilisant au mieux le timbre des instruments. Profondément différente de celle de Mozart et de Joseph Haydn, sa musique devrait être beaucoup plus connue et certains parmi ses opéras devraient être exécutés régulièrement de manière à introduire une tradition d'interprétation.

Une liste complète de ses oeuvres figure dans le lien suivant:

http://en.wikipedia.org/wiki/Giovanni_Paisiello

Les opéras suivants: Gli Astrologi, Le Barbier de Séville, Il Re Teodoro et La Molinara que Haydn a montés et dirigés, ont fait l'objet d'une étude succincte ici même:

http://haydn.aforumfree.com/f12-haydn-directeur-musical-de-l-opera-d-eszterhaza


Dernière édition par Piero1809 le Dim 17 Avr - 11:19, édité 1 fois
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Giovanni PAISIELLO 1740-1816   Sam 16 Avr - 22:03

Pulcinella vendicato nel ritorno di Marechiaro, farsa per musica, a été composée par Giovanni Paisiello à une date inconnue sur un livret de Francesco Cerlone dont une première mouture remonte à 1765. Il est probable qu'en 1770, cette farce servit de quatrième acte à une comédie de Paisiello l'Osteria di Marechiaro (1768) ou celle du même nom (1768) de Giacomo Insanguine (1728-1795) (1,2). La partition originale se trouve à la bibliothèque du conservatoire de San Pietro a Majella de Naples.

Synopsis. L'action se passe à Torre del Greco, localité située au bord de la mer à 20 km de Naples et au pieds du Vésuve. Pulcinella tout heureux d'épouser Carmosina, lui chante une sérénade. La scène suivante se passe au marché où Carmosina tient un étal de poisson. Don Camillo et son serviteur Coviello s'intéressent à la jolie poissonnière et entreprennent de la séduire en lui promettant de rouler en carosse. Carmosina d'abord méfiante finit par accepter de devenir l'épouse de Don Camillo. Pendant ce temps, Pulcinella chante encore une sérénade et prépare, comme cadeau de noces, deux oignons et une gousse d'ail avec lesquels Carmosina pourra se parfumer. Alors qu'il se dirige vers sa fiancée, il est repoussé violemment par Coviello et Don Camillo qui lui annoncent que Carmosina ne lui appartient plus et qu'elle épousera Don Camillo. Pulcinella désespéré veut se jeter à la mer mais est sauvé à la dernière minute par Claudia qui a été séduite et abandonnée par Don Camillo. Tous deux entreprennent de jeter un filet à la mer et rapportent une étrange amphore qui contient un mage emprisonné. Les deux pécheurs délivrent le mage qui en compensation leur donne une baguette magique. Avec cette baguette ils pourront se venger. D'abord ils transportent Carmosina et Don Camillo au sommet du Vésuve où ces deux derniers peuvent assister gratis à une jolie éruption du volcan. Ensuite ils transforment Coviello en âne et le rouent de coups. Comme si cela ne suffisait pas, ils transforment Coviello en pendule et Carmosina et Don Camillo en statues. Alors Coviello et Don Camillo renoncent à leur infâme projet, Carmosina retourne chez Pulcinella, Claudia chez Don Camillo et Coviello épouse Bianchina, une vendeuse de macaroni...

Tout cela n'a évidemment ni queue ni tête, mais on s'amuse bien ce qui est l'essentiel. De plus la musique est charmante comme on le verra plus loin. On remarque d'emblée que les deux couples principaux appartiennent à des milieux sociaux bien différents: Pulcinella et Carmosina sont d'origine très modeste et Don Camillo et Claudia appartiennent à la bourgeoisie. Les premiers s'exprimeent en dialecte napolitain tandis que les seconds parlent le toscan. On voit que l'ordre social traditionnel, mis à mal par les entreprises de Don Camillo, est restauré avec la fin heureuse.

Le style. Il est composite et baroque au sens littéral (1). L'emprunt à la commedia dell'arte est évident avec les personnages de Pulcinella, Coviello et de Carmosina. Les allusions à l'opéra seria sont multiples avec en particulier les scènes sur le Vésuve rappelant les scènes infernales contemporaines de Gluck. Les airs sont peu nombreux et très courts, par contre les ensembles sont nombreux: un duetto, trois terzettos et deux quartettos. La musique est d'une grande simplicité, mais toujours efficace. Dans les airs les emprunts à la musique populaire napolitaine sonr multiples et donnent à toute l'oeuvre un charme particulier. L'utilisation d'instruments traditionnels, guitare et colascione (3) dans les récitatifs secs et les airs est digne d'être mentionnée.

Les Sommets.
En l'absence de sinfonia, l'opéra s'ouvre par une sérénade chantée en duo par Pulcinella et Carmosina. "Gioia de st'arma mia, cara nenella..." en sol mineur 6/8. Deux couplets avec chaque fois un épisode lent dans le mode mineur suivi d'un épisode rapide dans le mode majeur. Cette chanson populaire napolitaine au rythme lancinant sera utilisée maintes fois dans le futur, par Paisiello (L'Osteria di Marechiaro), Cimarosa (L'Italiana in Londra) et Fioravanti (Le cantatrici villane).

scène 2 air de Carmosina "Tengo Treglie rossolelle...". Sur fond des bruits du marché, Carmosina attire le chaland en énumérant les poissons et autres produits de la mer qu'elle a sur son étal. On est plongé dans une ambiance très couleur locale!

scène 4 Terzetto "Donzellette semplicette..." Claudia chante une charmante mélodie en marquant le rythme avec un tambour de basque et met en garde les jeunes filles naïves contre les entreprises des hommes. Deux musiciens de rue, Trafichino et Marioletta se joignent à elle.

scène 7 nouvelle sérénade de Pulcinella. "Chi ha visto la moglierella..." Avec une fleur aussi belle, je dis adieu au labeur, je veux me la couler douce, je veux me goinfrer...Tel est l'idéal de Polichinelle.

scène 11 Terzetto Mage, Pulcinella, Claudia. "Dal cupo baratro..." Le mage sort de l'amphore un pistolet à la main. Pulcinella est terrorisé. La musique de Paisiello a un son inimitable, alchimie sonore due au mélange du continuo, du hautbois et des cors!

scène 14 Quartetto Pulcinella, Carmosina, Don Camillo et Claudia. "Uh che bamba..." Point culminant au propre et au figuré car nous sommes sur le Vésuve. Scène infernale et désopilante comme seul Paisiello en est capable. "Pendant qu'ils brûlent, nous mangerons", dit Pulcinella (4).

(1) Alessandro Lattanzi, Notice de Pulcinella vendicato, Tesori di Napoli, vol XIV, OPUS 111, 2002. Auteur de l'édition critique de l'opéra utilisée par Antonio Florio.
(2) Michele Scherillo, L'Opera buffa Napoletana durante il settecento, R.Sandron Ed., Milano 1916, pp. 309-11. Merci à Emmanuelle de m'avoir communiqué cette référence d'un livre dont la lecture est un plaisir.
(3) Colascione, instrument semblable au luth utilisé dans la musique traditionnelle du sud de l'Italie, principalement dans la commedia dell'arte. http://www.youtube.com/watch?v=ZJFMHcnA9MA
(4) Pulcinella est obsédé par la nourriture.
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MessageSujet: Giovanni PAISIELLO 1740-1816   Mar 7 Juin - 8:48

Si à ma connaissance, Joseph Haydn ne connut pas personnellement Paisiello, par contre il monta et dirigea à Eszterhàza plusieurs de ses opéras dont La Molinara peu de temps après sa création à Naples en 1788. Né à Roccaforzata dans la région des Pouilles, Paisiello fit une partie de sa carrière à Naples, puis à Saint Petersbourg de 1776 à 1783. Appelé par Napoléon Bonaparte en 1800, il resta deux ans en France où il composa une tragédie lyrique Proserpine. Revenu en Italie, son étoile faiblit du fait du retour des Bourbons qui n'appréciaient pas qu'il ait pris du service auprès de Napoléon Bonaparte. Il mourut à Naples en 1816.

Il fut certainement l'un des compositeur d'opéras le plus célébré au 18ème siècle et au début du siècle suivant. Pour Napoléon, le plus grand compositeur n'était ni Mozart, ni même Haydn mais Paisiello.

Sa musique toujours charmante et inspirée peut atteindre grande puissance et profondeur dans des chefs-d'oeuvre comme Il Re Teodoro in Venezia (1784) et Nina (1789).

Liste de ses opéras dans le lien suivant:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Giovanni_Paisiello
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MessageSujet: Re: Giovanni PAISIELLO 1740-1816   Jeu 26 Sep - 10:28

Nina o sia La Pazza per Amore (Nina ou La Folle par Amour), opéra comique larmoyant fut crée à Naples en 1789.
C'est l'oeuvre sans doute la plus emblématique de Giovanni Paisiello et de mon point de vue la plus novatrice. A mon humble avis, c'est passionnant de connaître la musique que l'on faisait à l'époque des grands opéras de Mozart nés de la collaboration avec Da Ponte. Joseph Haydn entendit probablement des extraits de cet opéra pendant ses séjours à Londres. Il monta également plusieurs opéras de Paisiello à Eszterhàza, notamment le Barbier de Séville, La Molinara, Le Gare Generose, Il Tamburo notturno, La Frascatana.

Le DVD Nina est disponible à prix d'or chez Amazon.
On peut toutefois le visionner et l'écouter dans d'excellentes conditions dans un médium bien connu d'hébergement de vidéos.

La distribution est luxueuse, excusez du peu!

Anna Caterina Antonacci dans le rôle titre
Michele Pertusi Le Comte
Juan Diego Florez Le Berger, Lindoro

Direction musicale Ricardo Muti

Précipitez-vous pour l'écouter avant qu'il ne soit retiré, il est encore temps!
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Joachim



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MessageSujet: Re: Giovanni PAISIELLO 1740-1816   Mer 2 Oct - 12:32

Hors opéras, Paisiello a composé énormément d'oeuvres : cantates, oratorios, messes et motets, musique de chambre, sinfonias, ainsi que 8 concertos pour piano, absolument magnifiques, que l'on trouve sur ce double CD :

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Piero1809
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MessageSujet: Re: Giovanni PAISIELLO 1740-1816   Mer 30 Oct - 15:12

Joachim a écrit:
Hors opéras, Paisiello a composé énormément d'oeuvres : cantates, oratorios, messes et motets, musique de chambre, sinfonias, ainsi que 8 concertos pour piano, absolument magnifiques, que l'on trouve sur ce double CD :
Merci beaucoup Joachim pour cette information. Je vais écouter ces concertos pour piano. Paisiello est vraiment un compositeur exceptionnel. Au temps de Napoléon Bonaparte, il était considéré comme le plus grand musicien vivant et sa réputation dépassait même celle de Joseph Haydn!
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Joachim



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MessageSujet: Re: Giovanni PAISIELLO 1740-1816   Dim 4 Oct - 21:09

Il y a pas mal de temps, j'avais écouté Il Fanatico in Berlina de Paisiello, qui, je me souviens, mavait laissé une bonne impression... puis je l'avais oublié...

J'ai retrouvé le CD en téléchargement, et je viens de le réécouter dans cet enregistrement :



Je ne connais pas la trame de l'histoire car je ne dispose pas du livret, mais cet opéra me plaît du début à la fin, dès l'ouverture on est plongé dans cette musique magnifique, dont le style des arias n'est pas loin, de Mozart.

Tu connais, Piero ?
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MessageSujet: Re: Giovanni PAISIELLO 1740-1816   Aujourd'hui à 22:44

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