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 Giacomo PUCCINI (1858-1924)

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Piero1809
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MessageSujet: Giacomo PUCCINI (1858-1924)   Mer 30 Jan - 20:22

Giacomo Puccini nait à Lucques (Toscane) en 1858, il est donc le contemporain de Gustav Mahler né en 1860, de Claude Debussy né en 1862 et de Richard Strauss né en 1864. Le Villi (1883) et Edgar (1889), opéras de jeunesse connaissent un succès notable qui aide à établir la réputation du jeune homme. Le premier grand succès immédiat vient plus tard avec Manon Lescaut (1893). Les chefs-d'oeuvre se suivent ensuite, certains sont accueillis triomphalement comme La Bohème (1896), Tosca (1900). D'autres mettent plus de temps à s'imposer: Madame Butterfly (1904), La Fanciulla del West (La Fille du Far West) (1910), La Rondine (L'Hirondelle) (1917), Il Trittico (Le Tryptique) (1918), un ensemble de trois opéras d'une heure environ chacun: Il Tabarro, Suor Angelica, Gianni Schicchi. Turandot (1926) reste inachevé et sera terminé par Franco Alfano après la mort de Puccini en 1924. A noter la collaboration du musicien avec les librettistes Luigi Illica et Giuseppe Giacosa dans Manon Lescaut et les trois opéras suivants.

Dans Manon Lescaut, le style typique de Giacomo Puccini n'est pas encore atteint malgré le grand intérêt de cette oeuvre. Ce style très particulier s'exprime pleinement dans tous les opéras qui suivent, oeuvres de grande qualité présentant une grande diversité. Les opéras de Puccini présentent les caractéristiques suivantes:

-ils sont relativement courts, environ deux heures de musique, les airs de bravoure et les grands duos spectaculaires tendent à se raréfier avec le temps au fur et à mesure que Puccini progresse dans sa carrière de compositeur, assez importants dans La Bohème, ils disparaissent pratiquement dans La Rondine, la virtuosité vocale est toujours limitée et l'accent porte essentiellement sur la beauté mélodique;
-l'orchestration est particulièrement soignée et très fournie, l'orchestre prend souvent l'avantage sur les voix. Puccini recherche des sonorités nouvelles, subtiles rt mystérieuses, des alliages d'instruments sensuels, pittoresques ou menaçants. L'utilisation des bois est toujours optimale, Cf le merveilleux solo de clarinette dans l'air e lucevan le stelle de La Tosca;
-l'harmonie est riche, originale et souvent audacieuse, il y a vraiment un son typique Puccinien fait de l'emploi d'harmonies modales, inspirées peut-être de Debussy ou encore de musiques d'Extrême Orient. Le contraste est vif entre certains passages orchestraux agressifs et dissonants et le chant qui revêt souvent douceur et charme mélodique.

Quel est le plus bel opéra de Puccini? J'hésite entre trois: La Fanciulla del West, La Rondine et Tosca. Turandot aurait pu prétendre à faire partie du haut du classement mais seul le premier acte est à la hauteur des grands opéras du compositeur.

Puccini a également composé de la musique instrumentale (1). On connait surtout ses Crisantemi pour quatuor à cordes (1890) et sa Messa di Gloria (1880).

Pour tout savoir sur Giacomo Puccini, le mieux est de lire le livre écrit par Marcel Marnat (2), un spécialiste de Joseph Haydn, nous y voilà enfin!!

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Giacomo_Puccini
(2) Marcel Marnat, Giacomo Puccini, Fayard, 2006.



Dernière édition par Piero1809 le Mer 6 Fév - 14:58, édité 3 fois
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Giacomo PUCCINI (1858-1924)   Ven 1 Fév - 19:57

La Rondine (L’hirondelle) est une Comédie Lyrique composé par Giacomo Puccini sur un livret de Giuseppe Adami. Il fut crée à l'Opéra de Monte Carlo, territoire neutre dans le premier conflit mondial, le 27 mars 1917 où il obtint un succès d'estime, peut-être du fait du temps de guerre.

L'argument. Acte I. Magda, demi-mondaine entretenue par Rambaldo confie au poète Prunier qu'elle n'a jamais connu le véritable amour. Ruggero, un étudiant fait son apparition et demande à la compagnie où peut-on s'amuser à Paris. On lui répond: le bal chez Bullier. Acte II. Prunier décide d'emmener discrètement Lisette, la bonne de Magda, au bal. Magda se déguise pour aller également chez Bullier. Elle y rencontre Ruggero et danse avec lui. Ils tombent amoureux l’un de l’autre. Lisette qui a reconnu sa maitresse est très ennuyée car elle a "emprunté" une robe et des bijoux de Magda. Rambaldo, furieux, demande des explications à Magda qui lui répond qu'elle a trouvé l'amour et qu'elle est décidée à le quitter. ActeIII. Magda et Ruggero vivent ensemble dans la pauvreté. Lisette et Prunier viennent leur rendre visite et Lisette qui a échoué dans sa tentative de devenir actrice, supplie Magda de la reprendre à son service. La mère de Ruggero dans une lettre touchante accepte Magda comme belle-fille et bénit cette union mais Magda déclare à Ruggero que son passé lui interdit de passer sa vie avec un honnête homme. Elle quitte Ruggero et, comme l'hirondelle, retourne dans son nid.

Le Style. Cette trame passablement démodée n’est pas propice à passionner le public actuel. Toutefois cette intrigue typiquement Second Empire n’est pas mal ficelée et a le mérite de proposer quelques moments dramatiques forts et des situations comiques. La Rondine est pourtant un opéra relativement peu joué y compris de nos jours. Les spectateurs furent déroutés par un opéra qui ne comporte aucun grand air ou duetto permettant de faire briller les chanteurs et qui en plus dispense un continuum mélodique sans découpe claire des scènes. C'est le plus classique des opéras de Puccini et en même temps le plus moderne et en tout état de cause le plus harmonieux du fait d'une merveilleuse orchestration au service d'un charme mélodique exceptionnel, même chez Puccini. L'orchestre comporte: le quintette à cordes, une flûte piccolo, deux flûtes, deux hautbois, un cor anglais, deux clarinettes en si bémol, une clarinette basse (ou un cor de basset) en si bémol, deux bassons, quatre cors en fa, trois trompettes, trois trombones, un trombone basse, harpe, célesta, glockenspiel, piano, timbales, grosse caisse, cymbales, triangle, tambour. A noter que cet orchestre imposant joue la plupart du temps piano voire pianissimo et que l’effectif complet est rarement utilisé. Comme dans Der Rosenkavalier composé par Richard Strauss en 1910, les rythmes de valse parcourent l'opéra. Une atmosphère nostalgique imprègne le récit qui ne se termine pas par une happy end loin de là puisque Magda renonce à l’amour et laisse Ruggero désespéré.

Les Hits.
ActeI
Au debut de l’acte, Prunier et Magda, à tour de rôle, entonnent l’air Chi il bel sogno…une musique d’un charme indicible, une mélodie d’une étonnante pureté et simplicité, une orchestre subtil : violons avec sourdine, clarinettes, clarinete basse, harpe, piano et célesta, concourent à créer un moment musical raffiné.

Après un dialogue Bianca et Magda aux sonorités Debussystes, Magda chante une séduisante mélodie probablement inspirée d’une chanson populaire: Fanciulla è sbocciato l’amore…Là encore un orchestre d’une grande délicatesse dans lequel intervient la clarinette basse, donne à cette scène un charme pénétrant. Un accord du célesta termine la scène de façon mystérieuse.

La dernière scène est un duetto Lisette Prunier. T’amo, menti, no tu sapessi , Le poète traite la soubrette avec condescendance, reflétée dans une étrange mélopée chantée par clarinettes et bassons et répétée par les deux amants.

ActeII
Le premier duetto Magda Ruggero Nella dolce carezza, est très beau et me fait furieusement penser à la Nina ossia la Pazza per Amore de Giovanni Paisiello.

Le quartetto Lisette Prunier Magda Ruggero Dio! Lei! Chi? est très amusant. Lisette a reconnu Magda déguisée en grisette et est très génée de porter les effets et le chapeau de sa patronne.

Le second duetto Magda Ruggero Bevo al tuo fresco sorriso avec choeurs est admirable avec ses harmonies subtiles et ses modulations.

Acte III
Après un prélude impressioniste, le Duetto Magda Ruggero Amore mio Mia Madre est très émouvant. Ici encore la beauté de l’orchestration laisse pantois.
La fin de l'opéra, la voix de Magda au loin sur un triple pianissimo des cordes en sourdine, est poignante. Bref cet opéra est une merveille.



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MessageSujet: Re: Giacomo PUCCINI (1858-1924)   Lun 4 Fév - 0:26

Parmi les enregistrements de La Rondine de Giacomo Puccini disponibles, un des plus connus est celui du label EMI dirigé par Antonio Pappano avec
Angela Gheorghiu dans le rôle titre,
Roberto Alagna (Ruggero),
Inva Mula (Lisette),
William Matteuzzi (Prunier).
Cette distribution de prestige rend justice à ce magnifique opéra. Angela Gheorghiu est au mieux de sa forme dans un rôle qui lui convient admirablement. Roberto Alagna lui donne la réplique de façon très émouvante.
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Joachim



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MessageSujet: Re: Giacomo PUCCINI (1858-1924)   Mer 13 Fév - 14:04

On peut préciser que Giacomo Puccini descend d'une dynastie de musiciens, un peu comme les Bach, les Couperin ou les Philidor. Tous sont nés et morts à Lucques sauf "notre" Giacomo (Bruxelles).

L'arrière-arrière grand père, Giacomo I (1712-1781) compositeur principalement de musique sacrée (17 messes et quantité d'autres oeuvres).

L'arrière grand-père Antonio (1747-1832) : principalement musique sacrée également.

Le grand-père Domenico (1772-1815) : opéras-comiques, musique sacrée, mais aussi 2 symphonies et un concerto pour piano en si bémol majeur ("mozartien", qui me plaît beaucoup).

Le père Michele (1813-1864) : 2 opéras, une symphonie, un concertone et musique sacrée également.

Et notre Giacomo (1858-1924), qui outre ses 10 opéras est notamment l'auteur d'une Messa di Gloria et quelques pièces religieuses mineures, de mélodies et pièces instrumentales (Preludio sinfonico, Capriccio sinfonico, 3 Menuets et un quatuor à cordes, et une élégie pour quatuor à cordes intitulée Chrisantemi.


Hors les Classiques (Haydn, Mozart, Salieri etc), je ne suis pas un très grand fan d'opéras, en particulier italien (le Bel Canto -Donizetti, Bellini...) m'indiffère plutôt, même Verdi - à part la Traviata et la Force du Destin - Embarassed mais par contre j'aime beaucoup Puccini, dont j'ai écouté tous les opéras, y compris les premiers rarement interprétés : Le Villi et Edgar. 10 opéras seulement (en comptant il Trittico pour un), c'est finalement peu pour un compositeur principalement d'opéras. Mais chez Puccini aucun déchet comme on peu en trouver chez Donizetti ou même Rossini qui ont souvent composé "à la va-vite". On sent que le compositeur a mis beaucoup de temps à peaufiner avec soin ses opéras.

C'est curieux que tu cites la Rondine et la Fianciulla del west parmi les meilleurs, ce sont pourtant les moins connus. Personnellement je ne me prononcerais pas car il y a déjà bien longtemps que je les ai écoutés, alors il me faudrait une nouvelle audition ! Ce que je peux dire c'est que mes préférés sont Turandot et Madame Butterfly.


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MessageSujet: Re: Giacomo PUCCINI (1858-1924)   Mer 13 Fév - 22:20

Joachim a écrit:

C'est curieux que tu cites la Rondine et la Fianciulla del west parmi les meilleurs, ce sont pourtant les moins connus. Personnellement je ne me prononcerais pas car il y a déjà bien longtemps que je les ai écoutés, alors il me faudrait une nouvelle audition ! Ce que je peux dire c'est que mes préférés sont Turandot et Madame Butterfly.
Merci Joachim pour tous ces commentaires. Ma liste de préférences n'est pas définitive. Je ne connais pas encore Le Villi, Edgar, Il Tabarro et Suor Angelica. Actuellement j'écoute ou je visionne avec attention tous les opéras de Puccini en ordre divers.
Turandot et Madame Butterfly sont placés très haut dans mon Panthéon des oeuvres du compositeur. Turandot aurait pu être le plus grand des opéras de Puccini du fait des moyens très importants (orchestre, choeurs, chanteurs, figurants...). Malheureusement la maladie puis la mort du compositeur en ont décidé autrement. J'adore Madame Butterfly, l'histoire me plaît beaucoup, elle est intemporelle car elle dénonce l'abus de pouvoir avec force et la musique, particulièrement mélodieuse, "colle" parfaitement à tous les personnages.
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MessageSujet: Re: Giacomo PUCCINI (1858-1924)   Jeu 21 Fév - 11:23

A noter la représentation, ces jours ci et début mars, de TURANDOT à l'opéra de Stockholm avec Nina Stemme dans le rôle titre, Ricardo Massi dans celui de Calaf et Yana Kleyn dans celui de Liu. Direction musicale Thomas Söndergaard

Il s'agit d'une exécution historique d'une beauté à couper le souffle. On peut l'écouter à l'adresse suivante:
http://sverigesradio.se/sida/avsnitt/152402?programid=2359
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MessageSujet: TOSCA   Sam 2 Mar - 14:48

Si je devais nommer l'opéra le plus emblématique de Giacomo Puccini, je choisirais certainement  TOSCA. Composé en 1899, il est crée le 14 janvier 1900 au teatro Costanzo di Roma. Le livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa reprend une pièce de  Victorien Sardou publiée en 1889.

Synopsis. L'action se situe à Rome en 1800. Le roi de Naples Ferdinand IV (1) et son épouse Marie Caroline viennent de récupérer leur trône et se livrent à une répression féroce (2) contre les Républicains, orchestrée par le baron Scarpia. Cesare Angelotti, ex consul de la Republique de Rome, est arrété et incarcéré au Castel San Angelo.
Acte I. Angelotti qui s’est évadé cherche refuge dans l’église Sant’Andrea della Valle où le peintre Cavaradossi est en train de peindre La Maddalena (Marie Madeleine). Cavaradossi promet aide et refuge au fugitif. Scarpia, à la recherche d’Angelotti, enquête dans l’église et y rencontre Floria Tosca, maitresse de Cavaradossi. Exploitant la jalousie de Tosca qui soupçonne que son amant la trompe avec la marquise Angelotti, modèle de Cavaradossi pour La Maddalena et soeur de Cesare Angelotti, il découvre que Cavaradossi cache le proscrit. L’acte se termine par un Te Deum célébré à Sant’Andrea.
Acte II Scarpia fait arrêter Cavaradossi et le transfère dans les géôles du palais Farnèse pour le torturer et obtenir ses aveux. Tosca, entendant les cris de douleur de son amant, finit par révéler à Scarpia la cachette d’Angelotti. Ce dernier se suicide en prison. Pour sauver son amant, Tosca accepte le marché de Scarpia, elle passera une nuit avec lui et ce dernier en échange organisera une exécution simulée de Cavaradossi, il signe également un sauf-conduit permettant aux amants de quitter l’Italie. Alors que Scarpia veut se saisir de Tosca, celle-ci le poignarde à mort.
Acte III Sur la terrasse du Castello Sant’Angelo, l’exécution de Cavaradossi se prépare. Tosca informe ce dernier que le peloton d’exécution tirera avec des balles à blanc et demande à son amant de simuler la mort, le temps que les soldats quittent la terrasse. Ensuite ils pourront filer le parfait amour. Les soldats tirent sur Cavaradossi qui s’effondre élégamment. Tosca se précipite vers son amant et constate avec horreur qu’il est mort, criblé de balles réelles. Poursuivie par la police qui a découvert le corps de Scarpia, elle grimpe sur le parapet de la terrasse et se jette dans le vide.

La musique. Puccini est capable de créer l’ambiance générale de chacun de ses opéras grâce à quelques mesures d’introduction. Aucun prélude n’a toutefois la puissance d’évocation et l’énergie libérée des quelques vingt quatre premières mesures de Tosca. Trois accords parfaits massifs clamés par tout l’orchestre fff: si bémol majeur, la bémol majeur et mi majeur Andante molto sostenuto 3/2, sont suivis par une gamme descendante syncopée, diatonique puis chromatique Vivacissimo con violenza. Je ne connais aucun autre opéra avec un début pareil! Ces deux motifs sont censés représenter la noirceur du personnage de Scarpia puis la fuite désespérée d'Angelotti. Ils se manisfestent avec modifications de tempo, de dynamique, de rythme tout au long des deux premiers actes et sont la signature de l’oeuvre. Ces deux premiers actes constituent le corps de l’opéra, ceux où toute la trame se noue, dans le troisième acte très court se trouve le dénouement tragique inéluctable..

Les sommets.
Acte I (L’église Sant’Andrea della Valle)
Le premier air de Cavaradossi Recondita armonía di belleze diverse en fa majeur, par sa simplicité, sa douceur et la delicatesse de son orchestration peut être considéré comme l’autoportrait musical du peintre. Ce dernier s'extasie sur la beauté des deux femmes qui inspirent l'oeuvre qu'il est en train de peindre (portrait de La Maddalena).
Le fameux duo Cavaradossi Tosca en mi majeur Mia gelosa! est archi connu et représente un bel exemple du bel canto alla Puccini.
La scène qui clôt l’acte I est certainement un des moments les plus impressionnants de toute l’oeuvre de Puccini. Scarpia (con passione erotica) monologue de façon obsessionnelle Va Tosca, nel tuo cuore s’annida Scarpia (Va Tosca, Scarpia fait son nid dans ton coeur) tandis que la foule se groupe au fond de l’église dans l’attente du cardinal, l’orgue intervient, les cloches sonnent, la foule entonne fortissimo le Te Deum. A la fin les accords extraordinaires du prélude de l’acte I retentissent toutes forces déployées et l’acte se termine sur un accord de mi bémol majeur quadruple forte!
Acte II (Le palais Farnèse)
On assiste pendant presque toute la durée de l'acte à un duel entre Scarpia et Tosca, gagné finalement par Tosca qui poignarde Scarpia au terme d’une scène d’une violence inouie: Muori, muori, dannato, hurle Tosca.
A La fin de l’acte, Tosca dispose deux chandeliers de part et d’autre du corps de Scarpia, les accords du début de l’oeuvre, si bémol, la bémol, mi majeur sont murmurés par l’orchestre en guise d'oraison funèbre et l’acte se termine par un accord lunaire de fa# mineur.
Acte III (La Terrasse du Castel Sant’Angelo, prison d’état)
Il s’ouvre par une mélodie populaire chantée par un berger (3), passage d’une grande poésie, orchestré avec la plus grande délicatesse.
L’acte est évidemment dominé par l’air célébrissime de Cavaradossi E lucevan le stelle (et luisent les étoiles…) où le peintre exprime son angoisse de mourir alors que la vie était pleine de promesses. On notera le magnifique solo de clarinette qui précède l’air.
Le suicide de Tosca s’accompagne d’un passage orchestral très violent, remarquable par sa concision, une vingtaine de mesures, un rappel de l’air e lucevan le stelle, un accord final de mi bémol mineur et tout est dit.

(1) Ferdinand IV roi de Naples était un admirateur passionné de Joseph Haydn. Il l’invita souvent à venir à son palais de Caserte mais Haydn déclina ses invitations. Le compositeur écrivit de nombreuses oeuvres pour Ferdinand IV, les concertos pour deux lires (1786) et de magnifiques Notturni dont 8 nous sont parvenus (1790), oeuvres de très grande valeur. http://haydn.aforumfree.com/t309-concertos-pour-vielle-organisee-version-pour-vents
(2) Ferdinand IV fit emprisonner Domenico Cimarosa, soupçonné d’avoir collaboré avec les instigateurs de l’éphémère Republique Parthénopéenne (1799).
(3) L’intrusion de mélodies populaires est fréquente dans les opéras de Puccini. On peut rappeler à ce propos que Giovanni Paisiello fit de même dans ses opéras. En particulier le chant du berger avec accompagnement de zampogna (cornemuse) à la fin de l’acte I de Nina ossia La Pazza per Amore anticipe celui présent dans la Tosca.


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MessageSujet: Re: Giacomo PUCCINI (1858-1924)   Mar 5 Mar - 17:47

La musique symphonique de Puccini, pas très connue, consiste en un Preludio sinfonico (1876), un Capriccio sinfonico (1883), Tre minuetti (1884) et Crisantemi (1890). Tout Puccini se trouve déjà dans les ses oeuvres de jeunesse que sont le Préludio et le Capriccio. Les trois menuets et Crisantemi ont d'abord été composés pour quatuor à cordes. Les Chrysanthèmes est une oeuvre poignante écrite en hommage au duc Amedeo di Aosta.

Sur le CD ci dessous on trouve en plus des pages orchestrales (préludes et intermezzo) extraites de ses premiers opéras : Le Villi, Edgar et Manon Lescaut.

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MessageSujet: TOSCA   Ven 8 Mar - 10:59

Merci Joachim pour cette référence qui permet d'écouter des oeuvres rares de Puccini et de mieux comprendre l'évolution de sa musique.

Je signale ici que l'on peut visionner actuellement gratuitement une remarquable TOSCA sur la toile:
Tosca Royal Opera House Covent Garden 2011
Avec Angela Gheorghiu, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel
Chef d'orchestre: Antonio Pappano, Metteur en scène: Jonathan Kent, Orchestre du Royal Opera

Angela Gheorghiu y est sublime dans le rôle titre et Kaufmann (Cavaradossi) et Terfel (Scarpia) lui donnent brillamment la réplique. La mise en scène attachée à la vérité historique est excellente et le tout est admirablement filmé. L'orchestre est somptueux.


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MessageSujet: TOSCA   Mer 13 Mar - 10:57

TOSCA. Un DVD avec la distribution indiquée dans le post précédent est également disponible chez E.M.I. Classics


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MessageSujet: LA FANCIULLA DEL WEST   Jeu 14 Mar - 10:07

La Fanciulla del West (La Fille du Far West) est un opéra de Giacomo Puccini sur un livret de Carlo Zangarini et Guelfo Civinii d’après le drame de David Belasco (1). Puccini commença à s’intéresser à ce sujet dès 1908 mais l’opéra ne fut crée qu’en 1910 au Metropolitan Opera de New York.

La Trame
Acte I
L’action se passe dans un Saloon, le Polka-bar dirigée par Minnie, une jeune femme célibataire de fort caractère. Ce bar est fréquenté par les mineurs venus de partout faire fortune dans l’Ouest américain ainsi que par Jack Rance, le sheriff du lieu. Les mineurs et le shérif sont amoureux de Minnie, mais cette dernière les tient à distance, elle ne veut surtout pas de l’amour de Rance, un homme marié. Dans ce lieu, tout le monde possède une arme et sait s’en servir à l’occasion. Les mineurs jouent aux cartes, quelquefois de violentes disputes éclatent mais Minnie arrive à calmer les esprits échauffés par l’alcool. Un étranger Dick Johnson arrive un jour et entre lui et Minnie, le courant passe tout de suite et leurs échanges deviennent de plus en plus tendres. Minnie ne sait pas que Dick est en réalité un bandit de grand chemin (bandito da strada) nommé Ramerrez.
Acte II
Dans la chambre de Minnie. Minnie a invité Dick Johnson chez elle et les jeunes gens se déclarent leur amour. Minnie apprend bientôt que Dick est Ramerrez, bien que ce dernier tente de plaider sa cause, Minnie le chasse de chez elle, sitôt sorti Ramerrez est blessé d’un coup de feu et Minnie le soigne et le cache au grenier. Jack Rance survient et déloge Ramerrez de sa cachette. Minnie propose un marché à Rance, ils vont jouer une partie de poker, si Rance gagne il aura la peau de Ramerrez et Minnie en prime, s’il perd, Ramerrez aura la vie sauve. Minnie triche et gagne.
Acte III
Les mineurs ayant repéré Ramerrez veulent le lyncher puis le pendre, Minnie parlemente avec eux, elle évoque tous les services qu’elle leur a rendus et en retour demande la grâce de Ramerrez. Rance et les mineurs acceptent et le bandit et elle sont contraints de quitter les lieux et condamnés à l’exil.

Le style. Puccini s’exclamait: maintenant j’en ai assez de La Bohème, de Tosca et de Madame Butterfly, je veux écrire autre chose. De fait cet opéra est très original et novateur. Dans le premier acte il n’y a plus d’airs ou de duos individualisés, l’orchestre est omniprésent et couvre les chanteurs, ces derniers utilisent souvent un chant semi parlé. L’action n’est absolument plus linéaire , on a plutôt une série d’épisodes qui servent à poser les bases de l’histoire contée. Dans les deux actes suivants l’action se manifeste de façon plus chronologique et linéaire. La musique, contrairement à certains opéras précédents de Puccini n’est jamais banale et ne tombe jamais dans la facilité, elle alterne des moments d’extrême tensión où les harmonies sont hardies (gammes par tons entiers, dissonances) et de détente faisant appel à plusieurs mélodies populaires américaines.
On parle souvent de western spaghetti mais c’est historiquement faux car ces derniers, une création de l’après deuxième guerre mondiale, sont beaucoup plus récents que cette oeuvre datée 1910. C’est plutôt à la Ruée vers l’or, chef-d’oeuvre de Charlie Chaplin qu’il convient de comparer La Fanciulla del west. En tout état de cause La Fanciulla del West est probablement l'opéra de Puccini où il y a la plus forte densité de musique.

Les Hits.
Acte I
Difficile de dégager des passages remarquables car on a affaire à une mélodie continue d’un intérêt constant.
Chanson des mineurs La mia mamma…. Un chanteur ambulant (cantastorie) arrive dans le polka-bar et sa chanson est reprise en choeur par les mineurs. Quelle est l’origine de cette mélodie, une chanson populaire américaine? J’y vois plutôt un chant napolitain, évoquant comme beaucoup d’entre eux composés à cette époque, la détresse des émigrés, ayant perdu leurs racines, leur pays, leur famille (3).
Valse de Minnie et Dick Johnson Signor Johnson, un valtzer, La,la,la…. Une douce mélodie donne lieu à des développements inattendus et orchestrés avec subtilité.
Acte II
Grand duo d’amour entre Minnie et Dick Johnson. Rien à voir avec les duos des opéras d’antan, cette scène consiste en une alternance de tension et de détente culminant avec un nouveau thème “américain”, seul passage bel canto de l’acte.
La partie de poker. Ch’io v’offro quel uomo e la mia vita…… Climax de l'opéra. Cette scène est une des plus extraordinaires de toute l’oeuvre de Puccini. La musique y est particulièrement démonstrative avec des timbales déchainées et des cuivres hystériques évoquant la scène de Salomé de Richard Strauss où cette dernière demande à Hérode la tête de Jean Baptiste (2).
Acte III
Première scène Rance et Nick. Ve lo giuro, sceriffo...Le prélude avec ses gammes en tons entiers montrent l’intérêt de Puccini vis à vis de la musique de ses contemporains en particulier celle de Debussy.
Lynchage de Johnson par les mineurs, cette scène est accompagnée par une musique très agressive.
Aria de Johnson. Qu’ella mi crede libero e lontano… C’est un des rares passages de l’opéra où Puccini cède au bel canto. La didascalie indique pour Johnson en passe d’être pendu: avec une grande expression, se relevant avec un quasi sourire… Cet air est admirable de bout en bout.
Scène ultime. Addio, mia dolce terra, addio mia California…Admirable scène d’une grande sobriété, conclusion rien moins qu’optimiste car il est question d'un double exil pour Minnie et Johnson, deux fois déracinés.

(1) http://www.dicoseunpo.it/dicoseunpo/P_files/Fanciulla_West.pdf
(2) Puccini assista à la première de Salomé qui était dirigée par Richard Strauss lui-même. Puccini fit de sérieuses réserves concernant la direction musicale, …ce fut une sorte de salade russe mais c’était donc l’auteur et tout le monde fut content
(3) Enrico Caruso, artiste napolitain, créa l'oeuvre au Met à New York en 1910.


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MessageSujet: LA FANCIULLA DEL WEST   Sam 16 Mar - 10:28

Une des plus grande Fanciulla del West de l'histoire a été donnée en 2011 à l'opéra de Stockholm avec Nina Stemme que l'on ne présente plus dans le rôle titre et Aleksandr Antonenko, un des meilleurs ténors spinto actuel, dans celui de Dick Johnson. Tous les autres rôles sont tenus par des chanteurs et chanteuses éminents. La direction musicale est confiée à Pier Giorgio Morandi.

Ce spectacle exceptionnel peut être vu intégralement sur un media bien connu d'hébergements de videos.
Dépêchez-vous car cela ne durera pas!

A noter:
Ne pas rater la surprise du tout début de l'acte I (pendant que l'orchestre joue le prélude, on assiste à un lever de rideau inédit...) absolument génial.
L'apparition du personnage de Charlot au début de l'acte I.
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MessageSujet: Giacomo PUCCINI TURANDOT   Ven 29 Mar - 10:57

La composition de Turandot, opéra de Giacomo Puccini sur un livret de Giuseppe Adami et Renato Simoni, fut entreprise au courant de l'année 1920. En 1924, l’opéra était presque terminé, il manquait seulement la dernière scène. La mort de Puccini interrompit le travail. L’achèvement de l’oeuvre fut confié à Franco Alfano qui venait de composer La Légende de Sakuntala, un opéra au thème semblable à celui de Turandot, et une versión complète de l’opéra put être créée le 26 avril 1926 sous la direction de Toscanini (ou bien d'Ettore Panizza). En fait Alfano composa au moins deux versions de la fin de Turandot, c’est la dernière un peu allégée que l’on entend généralement. En 2001, Luciano Berio écrivit une nouvelle fin pour Turandot en utilisant uniquement les esquisses de Puccini (1).

La Trame. L’action se place dans la cité interdite de Pekin dans la Chine ancienne. La princesse Turandot, fille de l’Empereur, a voué sa vie à la vengeance d’une ancêtre qui fut violée et martyrisée. Pour se venger des hommes en général, elle soumet ses prétendant à une épreuve: ils doivent résoudre trois énigmes, s’ils résolvent les trois, ils épouseront Turandot et accèderont au trône. S’ils échouent à l’une d’entre elles, ils seront exécutés, sort subi par tous les candidats à ce jour. Un étranger, en fait le prince de Tartarie qui séjourne incognito à Pekin, se presente. A la vue de Turandot, il est saisi d’une passion dévorante pour la Princesse et se soumet à l’épreuve des énigmes malgré les avertissements des ministres de l’empereur Ping, Pang et Pong, . Il sort victorieux de cette épreuve et peut espérer obtener la main de la Princesse et le trône. Turandot supplie son père de ne pas la donner en pâture à cet étranger mais le père rétorque que la parole donnée est sacrée et qu’elle doit respecter le pacte. L’étranger propose un marché, si la princesse veut échapper à son sort, elle doit deviner son nom. Si elle échoue elle devra accepter de devenir son épouse. Apprenant que Liu, une esclave connait le nom de l’étranger, Turandot la fait torturer afin qu’elle révèle ce nom, mais amoureuse de l’étranger, Liu refuse de nommer l’homme qu’elle aime et se suicide dans sa prison.
L’étranger finit par adoucir le coeur de Turandot et lui révèle son nom qui est Calaf fils de Timur. Turandot admet sa défaite et Calaf est porté en triomphe par le peuple au trône de Chine.

Le style. Il n’y a pas que la maladie quii empêcha Puccini de terminer son opéra. Il est patent qu’arrivé à la mort de Liu, Puccini se trouvait devant une question redoutable: comment terminer de façon convaincante au plan dramatique cet opéra? Il est clair que la fin telle qu’elle existe aujourd’hui n’est pas crédible. On ne comprend pas pourquoi Turandot, Princesse implacable, la fille du Ciel, libre et pure, féministe avant la lettre, peut-elle céder aux caresses de Calaf (2). Puccini composait lentement et était perfectionniste, on peut penser qu’il aurait écrit une fin dramatiquement plausible. En tout état de cause, la fin de Franco Alfano est musicalement réussie et s’accorde sans hiatus avec les trois actes composés par Puccini.
Pour les raisons énoncées plus haut Turandot ne peut pas prétendre au titre de plus bel opéra de Puccini. La musique est tonalement la plus aventureuse de tous les opéras de Puccini, encore faut-il relativiser cette modernité, compte tenu que cette oeuvre a été composée pour l’essentiel vers 1921. Dix ans auparavant Richard Strauss avait composé Elektra et le Wozzeck d’Alban Berg, crée en 1925, est autrement plus audacieux que Turandot. L’orchestration est somptueuse et Puccini ne se refuse rien, en particulier il emploie une abondante percussion comportant de belles parties de xylophone et une riche collection de gongs. Notons enfin que Puccini usa d’authentiques mélodies chinoises dans certaines parties de l’oeuvre.
L’acte I est mon préféré et c’est une des plus belles création de toute l’oeuvre de Puccini. Il comporte deux aspects très originaux:
-on n’y trouve pas une histoire contée mais une succession de tableaux brillamment colorés qui en quelle que sorte posent le décor et apportent les données essentielles pour la suite de l’action.
-les passages essentiels sont clamés par des choeurs et un orchestre luxuriant, les airs ou duos, excepté un air de Liu, sont réduits à la portion congrue. Ce parti pris était déjà celui de La Fanciulla del West.
L’acte II est très impressionnant notamment le fantastique trio humoristique de Ping Pang Pong, trois dignitaires du royaume ainsi que la célèbrissime scène des énigmes. Seule la fin de l’acte ne me plait pas beaucoup. C’est puissant, grandiose mais somme toute un peu extérieur (je n'ose pas dire banal).
L’acte III est le moins inventif, il y a beaucoup de fort belles choses mais le compositeur utilise des matériaux issus de l’acte I, il y a donc quelques redondances, et parfois, à mon humble avis, des banalités. L’orchestration devient moins brillante, moins inspirée. La plume de Puccini s’arrête après le baiser de Calaf. Les parties composées par Franco Alfano n’abaissent pas le niveau d’ensemble bien au contraire, par contre la pompeuse scène finale, répétition de celle de l’acte II, ne laisse pas un souvenir marquant.

Les sommets. Tout serait à citer dans le génial acte I.
La grandiose entrée en matière du mandarin: Popolo di Pekino scandée par le xylophone.
Le prodigieux choeur Perché tarda la luna! Faccia pallida... avec ses dissonances troublantes et ses modulations aventureuses. La lune éclaire la scène de l’exécution du condamné , réminiscence de la Salomé de Richard Strauss mais en même temps création très originale de Puccini.
L’aria de Liu, Signore, ascolta est une merveille de simplicité et d’émotion, à la fin la mélodie d’une indicible beauté est enveloppée des volutes d’un célesta.
La fin de l’acte d’une concision extrême, est d’une puissance à couper le souffle.

Dans l’acte II, Ping Pang et Pong tiennent longtemps le devant de la scène. Ces scènes très commedia dell’arte apportent des touches d’humour grinçant et culminent avec le magnifique terzetto: Ho una casa nell’Honan…où les trois ministres évoquent la vie tranquille qu’ils pourraient mener dans leurs maisons de campagnes respectives. Les surprenantes modulations et l’orchestration subtile donnent à ce passage une grande poésie.
Le grand air de Turandot In questa reggia….où la Princesse raconte les sévices que subit son ancêtre Lou-Ling.
La fameuse scène des énigmes Straniero ascolta… d’une puissance dramatique inégalée.

Acte III. Le debut est très prometteur avec un prélude mystérieux et magique, on pense au cercle des adolescentes et des adolescents du Sacre du Printemps. Les harmoniques des cordes, des ultrasons à la limite de l'audible, donnent à ce passage une grande force évocatrice.
L’air de Calaf Nessun Dorma… est devenu un tube célébrissime. Il représente pour moi la partie la plus faible de l’opéra mais se fait excuser par sa brièveté.
La très beau duo Principessa di morte, où la plume de Puccini s’arrête, reprend quelques éléments de l’air In questa reggia, il est remarquable par ses harmonies quasi Wagnériennes.

Dans la partie composée par Franco Alfano et surtout dans la version “longue” écrite initialement, on notera le magnifique duo Calaf Turandot et tout particulièrement l’élan passionné du passage, Del primo pianto…ainsi que le passage exalté So il tuo nome…(je connais ton nom!) tous deux chantés par Turandot. Dans ces passages le style d’Alfano, plus chromatique et plus polyphonique que celui de Puccini, est bien reconnaissable (3).

(1) http://en.wikipedia.org/wiki/Turandot
(2) Kerman, Joseph, Opera As Drama, New York: Knopf, 1956; Berkeley: University of California Press, 1988
(3) Il serait normal que dans les programmes des représentations de Turandot soient indiqués avec clarté :-où s’arrête la plume de Puccini ;-quelle version d’Alfano (ou de Berio) est utilisée ;-la présence d’esquisses de Puccini dans ces différentes versions. Ces indications pourraient être données sous forme de didascalies dans le livret de l’œuvre.
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MessageSujet: Re: Giacomo PUCCINI (1858-1924)   Lun 1 Avr - 10:57

La Fanciulla de Stockholm a été retirée et n'est plus visible.

On peut voir sur Arte live web La Fanciulla del West créée en mars 2013 à l'opéra Royal de Wallonie avec Deborah Voigt dans le rôle titre et Carl Tanner dans celui de Dick Johnson, mise en scène de Lorenzo Mariani, direction musicale: Gian Luigi Gelmetti. Très différente de la version de Stockholm, c'est moins spectaculaire mais peut-être plus émouvant!

http://liveweb.arte.tv/fr/video/La_Fianciulla_del_West_Puccini_Opera_Royal_Wallonie/

visible encore pendant 164 jours, alors profitez-en!!!
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MessageSujet: Suor Angelica   Dim 14 Avr - 9:22

Suor Angelica (Soeur Angélique) fait partie du Trittico (Tryptique), ensemble de trois opéras d'une heure chacun:

Il Tabarro (La Houppelande)
Suor Angelica
Gianni Schicchi

Cet ensemble fut crée au Met à New York le 14 décembre 1918. Les premières esquisses du Tabarro datent de 1913. Actuellement on ne représente plus les trois opéras à la file, leur exécution demandant trop de moyens et de personnels ce qui est bien dommage.

On peut visionner sur la toile dans d'excellentes conditions Suor Angelica, un opéra (Livret de Giovacchino Forzano) qui se passe entièrement dans un couvent. Emotions garanties. L'interprétation par le Queen's College (The City University of New York) est excellente.
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MessageSujet: Suor Angelica   Jeu 18 Avr - 15:38

Suor Angelica (Soeur Angélique)
Deuxième volet du Trittico (le Tryptique) après Il Tabarro et avant Gianni Schicchi et crée en même temps qu'eux à New York en 1918, Suor Angelica contraste vivement avec Il Tabarro, drame vériste d’une noirceur accablante, car il conte l’histoire d’un miracle dans un couvent de Soeurs.

La Trame. Les Soeurs sont réunies au cours d’un instant de repos et se font mutuellement part de leurs désirs, l’une, ancienne bergère voudrait caresser le museau d’un petit agneau, l’autre, la soeur gourmande, souhaiterait manger une sucrerie…seule Soeur Angelica, la Soeur herboriste, reste muette mais les Soeurs murmurent qu’elle attend depuis sept ans des nouvelles de sa famille.
On annonce l’arrivée d’un carrosse portant les armes d’une très grande maison noble. La supérieure du couvent convoque Soeur Angélique au parloir où l’attend la Princesse , sa tante. Cette dernière traite sa nièce avec mépris et lui annonce que’elle doit signer un acte la destituant de tous ses biens au profit de sa jeune soeur en instance de mariage. Angélica évoque les sept ans passés au couvent à prier la Sainte Vierge pour le salut de tous et son désir de recevoir un signe d’affection. La Princesse rétorque qu’il n’y a pas de pardon possible pour celle qui a souillé le blason familial en concevant un enfant hors mariage. Angélica demande anxieusement des nouvelles de l’enfant qu’elle n’a vu qu’une fois avant d’etre enfermée. L’enfant est mort rétorque la Princesse. Angelique décide de rejoindre son enfant et s’empoisonne. Au moment de mourir elle réalise qu’elle est en état de péché mortel et supplie la Sainte Vierge de lui pardonner. La statue s’anime, fait apparaître l’enfant qui conduit Angelica au Paradis.

Une lectura plus prosaïque de ce texte a été faite par certains metteurs en scène qui ont suggéré que Soeur Angelique aurait eu des visions après ingestion du poison. Rien ne permet de penser que ce fut l’idée de Giacomo Puccini. Ce dernier plutôt conservateur avait une soeur religieuse à laquelle il rendait souvent visite et il est probable que cette conclusion miraculeuse lui convenait parfaitement.

La musique. Malgré un orchestre très important (un des plus importants parmi tous les opéras du compositeur, il comporte un respectable nombre de claviers: un orgue, deux pianos, un célesta et un glockenspiel, la harpe et la flûte piccolo ont fort à faire), un faible nombre d’instruments est sollicité en permanence et on entend parfois un orchestre de chambre, voire un simple quatuor à cordes. Les rares tutti n’en sont que plus spectaculaires. La musique utilise des chants d’églises et des tournures liturgiques mais le style Puccinien est parfaitement reconnaissable avec ses harmonies modales et ses dissonances subtiles.

Les sommets. L’opéra comporte un seul acte mais trois sections bien distinctes.
La première section décrit l’ordinaire de la vie monastique, elle débute avec la prière Je vous salue Marie: Ave Maria, piena di grazia… magnifique choeur chanté par les moniales et parcouru par des sonneries de cloches et des figurations de la petite flûte évoquant des chants d'oiseaux, elle se poursuit par petites touches tantôt émouvantes, pittoresques et parfois humoristiques quand les petits travers de chacune sont évoqués.
C’est un nouvel opéra qui commence avec la deuxième section. La venue de la Princesse, Il Principe Gualtiero, vostro padre…. Un dialogue extrêmement dramatique s’engage entre soeur Angelica et sa tante, les harmonies deviennent chromatiques et souvent dissonantes. Le monologue de la Princesse: Nel silenzio di quei raccoglimenti… est particulièrement impressionnant avec un thème composé de quatre quartes ascendantes successives chantées par la voix de contralto soutenue par les cuivres. Ces derniers (cors, trombones, tuba) jouent pianissimo et la scène n’en prend que plus de puissance et de grandeur, on a là un grand moment d’opéra et une musique particulièrement inspirée..
Troisième section. Mort et rédemption d’Angelica. Angelica s’empoisonne au terme d’une scène bouleversante: Senza mamma, o bimbo…. Elle réalise l’horreur de son geste: Ah! Son dannata!…La musique évoque ensuite des visions paradisiaques quand l’enfant prend Angelica par la main. Un choeur d'anges intervient ainsi que deux pianos, un orgue, un celesta, un glockenspiel, 3 trompettes de scène qui viennent en renfort d'un orchestre déjà bien fourni en bois et en cuivres. Cet ensemble énorme joue doucement et tout s'achève par un quadruple pianissimo.

Suor Angelica n'eut aucun succès. Les auditeurs furent déroutés par l'absence de bel canto. Actuellement c'est le moins connu des opéras de Puccini. Il devrait être plus souvent joué car la musique est admirable et il y a des passages intensément dramatiques.
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MessageSujet: TOSCA   Jeu 25 Avr - 19:26

A mon humble avis une des meilleures TOSCA en DVD qu'il m'ait été donné de voir.

Angela Gheorghiu dans le rôle titre
Jonas Kaufmann: Cavaradossi
Bryn Terfel: l'horrible Scarpia
Que désirer de plus?


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MessageSujet: La Rondine   Sam 4 Mai - 10:10

On peut voir sur You Tube La Rondine de Giacomo Puccini dans une interprétation très émouvante du New York City Opera. Il s'agit d'un enregistrement datant de 1985 qui est curieusement très vieillot par les couleurs et l'image tremblotante. Par contre la mise en scène est habile, les costumes (époque Louis Philippe) seyants et les voix superbes. Elizabeth Knighton (Rôle titre) est excellente en tant que chanteuse et comme actrice, ses suraigus sont d'une pureté parfaite, Jon Harrison (Ruggero) n'en fait pas trop et sa sobriété le rend d'autant plus efficace et émouvant. Claudette Peterson est drôle et talentueuse comme il se doit pour jouer le rôle de Lisette et Prunier(David Eisler) lui donne la réplique d'une superbe voix de ténor. Tous les autres rôles sont très bien chantés et joués.

http://www.youtube.com/watch?v=SpcLYabAQ1Y
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MessageSujet: Re: Giacomo PUCCINI (1858-1924)   Mar 18 Juin - 21:31

La Rondine de Giacomo Puccini
Film (Viva l'Opera! Cinéma UGC) du spectacle produit à Venise au Théâtre de La Fenice en 2008
Carlo Rizzi, Direction Musicale
Graham Vick Mise en scène

Fernando Portari, Ruggiero
Fiorenza Cedolins, Magda
Sandra Pastrana, Lisette
Emanuele Gianino, Prunier
Stefano Antonucci, Rambaldo

Dès les premières mesures de cette musique divine j'étais sous le charme et mon attention n'a pas faibli jusqu'à la dernière note. Concernant l'oeuvre, on peut se référer à mon analyse présentée plus haut.


La mise en scène de Graham Vicq situe l'action dans les années 1950 avec une touche parodique appuyée. Les costumiers s'en donnent à cœur joie et cela nous vaut des tenues féminines amusantes et plutôt seyantes. On apprecie également la remarquable direction d'acteurs et l'exploitation harmonieuse de l'espace. La scène du bal chez Bullier est particulièrement animée et colorée.

C'est une Magda posée et lucide qu'incarne Fiorenza Cedolins. On ne croit pas trop à son escapade amoureuse et de ce fait, le dénouement est bien trop prévisible. En dépit d'une performance vocale remarquable, elle m'a déçu dans l'air fameux Chi il bel sogno di Doretta. C'est bien chanté, la mélodie se déroule sans faille mais manque de charme, spontanéité et surtout de poésie. Je lui préfère Angela Gheorghiu qui se distingue dans ce passage par une sobriété bienvenue. Son duo final avec Ruggiero est par contre très émouvant et elle semble bien plus à l'aise dans ce registre dramatique.
Fernando Portari (Ruggero) a une très belle voix bien timbrée et ses pianissimos sont impressionnants mais j'ai trouvé que l'engagement du ténor brésilien laissait parfois un peu à désirer, heureusement il s'implique d'avantage dans la scène finale. 
Emanuele Gianino est excellent de bout en bout, il est le Prunier que j'imaginais, spirituel, cynique et désabusé (magnifique duetto Lisette Prunier T’amo, menti, no tu sapessi) . Excellente prestation vocale et comique de Sandra Pastrana, effervescente, dans ce rôle toujours très gratifiant.


Si ce film passe dans votre région (il fait un tour de France) ne le manquez pas. Les sous titres sont en français.
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MessageSujet: Re: Giacomo PUCCINI (1858-1924)   Mer 26 Juin - 21:03

TOSCA
Opéra en trois actes Livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa Créé au Teatro Costanzi à Rome le 14 janvier 1900
Daniele Callegari Direction Musicale
Robert Carsen Mise en Scène
Anthony Ward Décors, Costumes
Davy Cunningham Lumières

Amanda Echalaz Floria Tosca
Andrea Carè Mario Cavaradossi
Franck Ferrari Baron Scarpia
............
Enfant de la maîtrise un pâtre
Michel Capperon Direction Chœurs de l’Opéra national du Rhin
Philippe Utard Direction Petits Chanteurs de Strasbourg Maîtrise de l’OnR
Orchestre philharmonique de Strasbourg
ONR, Strasbourg 19 juin 2013

Ce commentaire est une partie d'un texte publié dans Odb-opéra (1).

Robert Carsen s'intéresse à Tosca depuis 22 ans . Il mit en scène l'opéra à Anvers puis à Hambourg, au Liceu de Barcelone et plus récemment à Zurich où il signa une nouvelle adaptation. L'opéra de Strasbourg, très proche par ses dimensions de celui de Zurich, se prêtait parfaitement à cette dernière version. Tosca est obsédée par le théâtre, elle vit come La Tosca in teatro et ne fait plus la distinction entre la scène et la vie réelle. Tout au long de l'acte II c'est dans son costume de scène, une lumineuse robe bleue, qu'elle affronte Scarpia. A la fin la diva, abandonnée par des deux admirateurs, ne trouve plus d'intérêt à la vie et se jette dans le vide.
Au premier acte, deux colonnes massives et des rangées de sièges suggèrent un théâtre mais ils pourraient aussi figurer le décor Renaissance de Sant'Andrea della Valle. A la fin de l'acte, le rideau se déchire et fait apparaître un splendide autel baroque avec une vision fugitive d'une statue de la Sainte Vierge en gloire sous les traits de...Tosca ! La transposition dans les années 1950 n'est sensible que dans le premier acte, par la suite, le décor se simplifie et devient intemporel. Le bureau de Scarpia est réduit à l'essentiel et limité par un sinistre mur en plaques d'acier boulonnées derrière lequel se déroulent les basses œuvres du chef de la police. Les amateurs de théâtre grand-guignolesque seront déçus par la scène du meurtre de Scarpia par Tosca, traitée avec retenue. La rose rouge que la cantatrice dépose sur le corps de Scarpia remplace les deux chandeliers qui selon la didascalie doivent être disposés de part et d'autre de la tête du chef de la police au rythme du Leitmotiv murmuré par l'orchestre.
J'ai bien aimé les costumes d'Anthony Ward. Hormis les tenues de Tosca toujours seyantes, les costumes chamarrés des soldats étaient très spectaculaires.  

Mention spéciale pour le petit pâtre qu'on ne voyait pas mais qui nous ravit de sa belle voix fraiche dans une scène ravissante au début de l'acte III dont Puccini soigna particulièrement l'orchestration. Bien au delà de la caricature dans laquelle on nous livre souvent le personnage, Franck Ferrari a donné une interprétation sobre et maîtrisée. De sa belle voix, il ne force jamais le trait et se montra particulièrement convaincant dans la scène magnifique et terrible du Te Deum Va Tosca, nel tuo cuor s'annida Scarpia (Va Tosca, Scarpia fait son nid dans ton cœur). Quand Andrea Caré entonna son air fameux Recondita armonia on sentit immédiatement qu'on allait entendre un grand Cavaradossi, le ténor rendit pleine justice au plus bel air de la partition (à mon humble avis) et donna d'emblée la mesure de son immense talent : voix au timbre magnifique, ligne de chant très pure, suraigus d'une parfaite justesse...E lucevan les stelle confirma pleinement cette opinion. Amanda Echalaz a beaucoup d'atouts : une voix puissante au medium dramatique, un timbre riche et pur, une technique apportant une remarquable musicalité y compris dans les passages les plus tendus. Elle habitait son personnage et a su rendre ses humeurs très contrastées. Son air célébrissime Vissi d'arte fut très émouvant et nous permis d'apprécier son légato et ses très beaux pianissimos.
L'orchestre philarmonique de Strasbourg donna une lecture de grande qualité sous la baguette inspirée et lucide de Daniele Callegari.
Très belle prestation des petits chanteurs de Strasbourg et des choeurs de l'opéra du Rhin.

Dernière représentation à Strasbourg jeudi 27 juin, à Mulhouse les 5 et 7 juillet.

(1) http://www.odb-opera.com/viewtopic.php?f=6&t=12743
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MessageSujet: Re: Giacomo PUCCINI (1858-1924)   Ven 15 Nov - 0:09

Il est possible de visionner actuellement sur you tube la représentation donnée à l'opéra de Vienne (Wiener Staatsoper) en 2013 de La Fanciulla del West.
La distribution est prestigieuse:
Nina Stemme dans le rôle titre (Minnie),
Jonas Kaufmann Dick Johnson
Tomasz Konieczny Sheriff Jack Rance
L'orchestre du Wiener Staatsoper est dirigé par Franz Welser-Möst.

Jonas Kaufman est en pleine forme, c'est un ténor exceptionnel, sensationnel!
Nina Stemme me semble encore meilleure qu'a Stockholm.
Tomasz Konieczny m'a un peu déçu.
La mise en scène est très intéressante et les chanteurs acteurs tous très bons. La partie de poker de l'acte II est toujours un moment d'anthologie, elle m'a semblé toutefois moins percutante qu'à Stockholm. J'ai beaucoup aimé la direction musicale remarquable et l'orchestre à la sonorité magique.

Courez vite visionner ce spectacle magnifique, cela ne durera pas longtemps!
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MessageSujet: Re: Giacomo PUCCINI (1858-1924)   Lun 14 Sep - 19:28

Giacomo Puccini né en 1858 est pratiquement contemporain de Mahler (1860), Debussy (1862), Richard Strauss (1865). Avec ces trois compositeurs il a contribué, à sa manière, a introduire la "modernité" dans la musique. Pourtant il fut vilipendé par Debussy et Richard Strauss alors que lui, toujours curieux d'esprit, était à l'affut de musiques nouvelles, il admirait Pelléas et Salomé (bien qu'il critiqua la manière de diriger de Strauss de façon amusante: ...sous sa baguette, Salomé ressemblait à une salade russe mais c'était le grand maestro et le public semblait ravi….). Il a tenté en assistant à une représentation de Pierrot Lunaire de prendre contact avec Schönberg mais sans grand succès semble-t-il.

Maurice Ravel pourtant si difficile en matière d'orchestration, ne tarissait pas d'éloges envers le premier acte de la Bohème. En fait tous les opéras de Puccini sont magistralement orchestrés mais selon moi, la palme revient à La Rondine qu'il faudrait connaître rien que pour sa splendeur sonore.

Evidement c'est dans l'opéra que le génie de Puccini s'exprime pleinement. A mon humble avis, Le Villi est un essai de jeunesse dans lequel le style du musicien ne s'exprime pas encore. On considère généralement que Manon Lescaut est le premier opéra de la maturité du compositeur pourtant je dois avouer, au risque de choquer, que cet opéra ne me touche pas (mis à part le prélude de l'acte III) pour des raisons que je ne comprends pas.
Les autres opéras sont des merveilles, le texte et la musique ne font qu'un, comme il se doit quand l'opéra est une réussite éclatante.
Dans Tosca que du muscle, pas un atome de graisse et je reprends ici la formulation de HC Robbins Landon pour la symphonie n° 40 de Mozart et la n° 88 de Haydn.
Madame Butterfly ferait pleurer le coeur le plus endurci.
La Fanciulla del West est passionnant par sa musique si originale et par son thème: l'émigration des travailleurs vers le grand ouest américain.
Dans La Rondine triomphe la finesse, l'humour et une profonde émotion.
Dans Il Trittico, tout est beau mais parmi les trois opéras qui le composent, je préfère Il Tabarro, une heure de musique géniale et une action se situant sur une péniche ancrée au canal de l'Ourcq (je recommande la mise en scène de l'opéra de Lyon quasiment expressionniste).
Enfin Turandot, le chant du cygne, un opéra très ambitieux…, mais qui ne peut compter, selon Marcel Marnat, parmi les chefs-d'oeuvre de Puccini.

Puccini compositeur vériste, voilà une étiquette qui lui colle à la peau! Mais en quoi sa musique est-elle vériste?
Rien de vériste dans Tosca, un opéra historique dans la lignée de Don Carlo par exemple.
De la couleur locale dans Madame Butterfly et une attaque de l'impérialisme occidental.
Le champagne coule à flots dans La Rondine et il n'y a rien de naturaliste là dedans!
Beaucoup de couleur locale encore dans La Fanciulla del West et une ambiance assez jazz…
Ambiance digne de Simenon dans Il Tabarro...
Grand conte chinois dans Turandot.

Il est de bon ton de critiquer les deux finales qu'Alfano composa pour Turandot. Je trouve ces finales excellents (surtout le premier qu'on ne joue jamais car jugé trop long alors que le second qui est psychologiquement moins crédible est toujours donné) et notamment le grand duo final de la princesse Turandot et de l'étranger Calaf, très puissant et intense. La toute fin est nulle malheureusement avec cette reprise de Nessun dorma fortissimo, très vulgaire et complètement hors sujet! Quand on réalise comment Puccini a terminé La Fanciulla des West ou bien La Rondine, on réalise l'incongruité de la fin de Turandot, alors que Puccini rêvait d'un finale à la Tristan!

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MessageSujet: Re: Giacomo PUCCINI (1858-1924)   Dim 12 Juin - 8:52

Piero1809 a écrit:

Le suicide de Tosca s’accompagne d’un passage orchestral très violent, remarquable par sa concision, une vingtaine de mesures, un rappel de l’air e lucevan le stelle, un accord final de mi bémol mineur et tout est dit.

Je suis un admirateur de Puccini et en particulier de Tosca mais je suis déçu par la fin. Au fil des ans, cette conclusion me satisfait de moins en moins. Puccini, sans doute fatigué, reprend l'air fameux e lucevan le stelle au moment où Tosca se jette de la tour des Anges. C'est un contre sens: Cavaradossi et Tosca sont morts et c'est Scarpia le vainqueur, il aurait donc fallu terminer ce troisième acte avec le thème de Scarpia qui ouvre l'opéra fortissimo et conclut le deuxième acte pianissimo!

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MessageSujet: Re: Giacomo PUCCINI (1858-1924)   Aujourd'hui à 17:16

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Giacomo PUCCINI (1858-1924)
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