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 Jean-Philippe RAMEAU (1683-1768)

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Piero1809
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MessageSujet: Jean-Philippe RAMEAU (1683-1768)   Mer 30 Juil - 21:33

Jean Philippe Rameau est né à Dijon en 1683 et mort à Paris en 1768. Compositeur et théoricien, il est généralement considéré comme le plus grand musicien français avant le 19ème siècle. Son art s'est déployé dans tous les genres musicaux, vocaux et instrumentaux (le clavecin en particulier) mais à partir de 1730 environ, il affiche une préférence pour l'opéra et tout particulièrement la tragédie lyrique. La plus connue est peut-être Castor et Pollux. Il est aussi l'auteur d'une brillante comédie musicale, Platée, à l'humour ravageur, égratignant un certain nombre de personnages de son époque. Son dernier opéra Les Boréades, terminé en 1763, jamais représenté du vivant de Rameau, peut être considéré comme la dernière oeuvre importante relevant de l'esthétique baroque (1).

On peut lire une excellente biographie dans Wikipedia (1). On notera que Rameau est le contemporain à une ou deux années près de Jean Sébastien Bach né en 1785, de Georg Friedrich Haendel né en 1785, de Georg Phillip Telemann né en 1681 et de Nicola Porpora né en 1786. La musique de Rameau fait appel à l'intellect autant qu'à la sensibilité et c'est, à mon avis, ce qui le rapproche de Joseph Haydn.

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Philippe_Rameau


Dernière édition par Piero1809 le Dim 24 Aoû - 9:09, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Jean-Philippe RAMEAU (1683-1768)   Mer 30 Juil - 21:46

Castor et Pollux est peut-être l'opéra le plus connu de Rameau. La musique en est magnifique de bout en bout. Voici un compte rendu d'une version de concert de cet opéra représentée au festival d'opéra baroque de Beaune, le 26 juillet 2014.
Ce compte rendu a été déjà publié sous une forme plus développée dans odb-opera (1).

Castor et Pollux
Tragédie lyrique en 5 actes, créée le 24 octobre 1737 à l'Académie Royale de Musique, remaniée en 1754 qui sera présentée ici.
Pierre-Joseph Gentil-Bernard, livret

Colin Ainsworth, haute contre, Castor
Floria Sempey, basse, Pollux
Emmanuelle de Negri, dessus, Télaïre
Clémentine Margaine, bas-dessus, Phébé
Christian Immler, basse, Jupiter
Philippe Talbot, haute contre, Un Athlète, Mercure
Virgile Ancely, basse, Le grand Prêtre de Jupiter
Sabine Devieilhe, dessus, Cléone, une Ombre

Choeur et Orchestre Pygmalion
Raphaël Pichon, Direction Musicale

Festival Internationale d'opéra baroque et romantique de Beaune 2014

Synopsis. Les frères jumeaux Castor et Pollux sont tous deux amoureux de Télaïre mais seul Castor est payé de retour. Pollux dont le mariage avec Télaïre était prévu, se sacrifie et décide de "donner" cette dernière à son frère. Le mariage de Castor et de Télaïre va être célébré mais Phébé qui est amoureuse en secret de Castor, décide de se venger, elle charge Lyncée d'assassiner Castor et d'enlever Télaïre. Pollux est désespéré et demande à Jupiter, son père, de retirer Castor des Enfers. Impossible répond Jupiter à moins que Pollux descende aux Enfers, perde son immortalité et prenne la place de Castor. Finalement Castor qui refuse le sacrifice de son frère jumeau revient sur terre une seule journée pour dire adieu à Télaïre mais Jupiter, ému par l'abnégation des deux frères donne l'immortalité à Castor. Les génies qui président aux planètes et aux différentes constellations forment le divertissement, pendant lequel Castor et Pollux vont remplir la place qui leur est destinée sur le Zodiaque, nous dit la didascalie.


La version oratorio qui a été présentée par le Festival de Beaune, nous prive évidemment de toute action scénique et des ballets.
Il y a heureusement l'admirable musique de Rameau, particulièrement inspiré dans cette œuvre, laquelle peut se targuer de posséder des passages extraordinaires tels qu'à l'acte II, le Choeur des Spartiates, Que tout gémisse..., sorte de lamento dans lequel une gamme chromatique descendante de l'orchestre est reprise par le choeur avec une émotion intense. Le célèbre monologue de Télaïre, Tristes apprêts..., les trois scènes infernales de l'acte IV et notamment le fulgurant choeur des Démons, Sortons d'esclavage, et enfin à l'acte V, le célèbre duo Castor, Télaïre, Pourquoi vous dérober à des transports si doux....

Le choeur Pygmalion s'est montré omniprésent, comme il se doit dans la tragédie antique, ses interventions puissantes remplissaient la nef de la collégiale Notre Dame. L'équilibre hommes femmes était parfait et les voix pures. Je n'ai jamais entendu pareille émotion dans Que tout gémisse. Raphaël Pichon a eu l'idée intéressante de scander cette déploration par des roulements de grosse caisse.

Emmanuelle de Negri fut une Télaïre remarquable : voix douce au beau legato, timbre d'une grande noblesse, engagement, toutes ses interventions provoquaient une profonde émotion...Clémentine Margaine a indiscutablement la voix idéale pour exprimer la noirceur du personnage de Phébé, j'ai ressenti cependant une sensation d'inachevé dans sa prestation comme si elle ne s'était pas totalement approprié le rôle, défaut certainement remédiable...Sabine Devieilhe incarnait parfaitement de sa jolie voix le personnage plus léger de Cléone. Florian Sempey fut un Pollux d'exception, sa voix à la tessiture étendue nous donna de beaux graves et surtout un magnifique médium. Les débuts de Castor (Colin Ainsworth) furent un peu hésitants à l'acte I mais à partir de l'acte IV, il donna pleine mesure de son talent avec une voix au timbre très agréable et de très beaux aigus. Philippe Talbot m'a beaucoup séduit, son rôle (Mercure, un athlète) est petit mais sa voix est magnifique. Son intervention à la fin de l'acte II, Eclatez, fières trompettes, dans un registre très tendu, fut remarquable. Excellent Christian Immler, dans le rôle de Jupiter ainsi que Virgile Ancely dans celui du Grand Prêtre.

L'orchestre Pygmalion m'a beaucoup plu avec un excellent continuo dans les passages récitatifs. Les tuttis furent brillamment enlevés par un splendide pupitre de violons. Les tempi très rapides firent admirer la vélocité exceptionnelle de certains traits des premiers violons. Parmi les bois, j'ai particulièrement aimé les bassons très actifs dans Tristes apprêts et les flûtes bien en dehors dans Oh Perte irréparable. Belles timbales et percussions intéressantes. Raphaël Pichon imprime à cet ensemble Pygmalion sa personnalité avec des tempi sortant de l'ordinaire et des passages très brillants, on pense en particulier aux marches guerrières dont la partition est truffée.

Le public fit un accueil enthousiaste à l'ensemble des musiciens qui furent tous ovationnés.

(1) http://www.odb-opera.com/viewtopic.php?f=6&t=14440


Dernière édition par Piero1809 le Mar 5 Aoû - 23:17, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Jean-Philippe RAMEAU (1683-1768)   Lun 4 Aoû - 11:59

On peut visionner sur la toile Castor et Pollux en streaming interprété par de merveilleux chanteurs et dirigé par Christophe Rousset. Voix féminines superlatives avec Véronique Gens (Phébé), Anna Maria Panzarella (Télaïre) et Judith van Wanroij (exceptionnelle Cléone).

https://www.youtube.com/watch?v=8wgj7OmGJdc
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MessageSujet: Re: Jean-Philippe RAMEAU (1683-1768)   Aujourd'hui à 10:43

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