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 LES QUATUORS OPUS 71

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Piero1809
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MessageSujet: LES QUATUORS OPUS 71   Mar 20 Sep - 8:55

Ils sont composés par Joseph Haydn à Vienne en 1792-3, peu après le retour de Londres. Généralement réunis avec l'opus 74 pour former une série de six, ils possèdent des caractéristiques propres qui méritent une étude séparée.

On a insisté sur l'influence des symphonies Londoniennes sur ces quatuors. Cette influence se traduit par une écriture incorporant des procédés orchestraux et également par la présence d'une introduction. Cette dernière n'est pas forcément lente et ne compte que quelques mesures, toutefois elle donne aux mouvements liminaires une personnalité unique dans le corpus des quatuors de Haydn.

A première audition on est frappé par le son unique, brillant, parfois éclatant de ces quatuors opus 71. Ils furent une révélation pour moi quand je les entendis pour la première fois! Les quatre parties sont écrits d'une écriture bien plus virtuose que les précédents et s'adressent à des exécutants chevronnés comme pouvait l'être Salomon et les relations de ce dernier. Une écriture assez concertante et une structure aérée  ne se retrouvera plus dans les quatuors suivants plus touffus. On note une évolution dans les trois quatuors de l'opus 71. Le n° 1 en si bémol est celui qui se rapproche le plus de l'opus 64 précédent, le volume sonore du n° 2 en ré majeur est déjà bien plus conséquent. Le plus brillant est sans aucun doute le n° 3 en mi bémol majeur qui ressemble par bien des côtés à la symphonie n° 99 contemporaine dans la même tonalité.

Le comte Antoine von Apponyi, par ailleurs bon violoniste, paya cent ducats pour recevoir la dédicace de l'opus 71 (et de l'opus 74) et de bénéficier d'une année de droits exclusifs. (1)

(1) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988, pp 1271-1284.

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Dernière édition par Piero1809 le Ven 30 Sep - 9:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 71   Mer 28 Sep - 9:39

Quatuor en si bémol majeur opus 71 n° 1 HobIII.69

C'est le plus paisible de la série et peut-être un des plus riches au plan mélodique.

Allegro 4/4. Structure sonate. Il débute par une introduction consistant en cinq accords en doubles cordes sabrés par les quatre instruments. L'allegro proprement dit débute par une belle mélodie, chantée par le premier violon et se poursuit par un motif vigoureusement rythmé, émaillé de sforzandos et de contre-temps tout à fait typiques de Haydn. Après un retour du thème lyrique du début, apparait un second thème, toujours en si bémol majeur, consistant en un arpège puissant joué en canon par le violon et le violoncelle qui nous amène au thème initial cette fois à la dominante fa majeur et à un magnifique passage au contrepoint serré où ce thème est développé. Après un rapide retour du second thème toujours en fa majeur on arrive aux barres de reprises tandis que retentissent les cinq accords de l'introduction. Le développement, environ 40 mesures, débute par un travail contrapuntique sur le thème initial, il se poursuit avec le motif vigoureusement rythmé qui fait l'objet de multiples échanges entre les quatre instruments tandis que le motif passe par de nombreuses modulations dans les tons mineurs. La réexposition, très condensée, inverse l'ordre d'apparition des différents motifs mais ne présente pas de changements profonds. On note toutefois un passage pianissimo formé de deux rondes dans l'aigu des quatre instruments qui apporte une touche de mystère.

Adagio, fa majeur, 6/8. Forme Lied. C'est une magnifique Sicilienne débutant mystérieusement par une tenue des violons tandis que l'alto et le violoncelle exposent le thème à la tierce. La deuxième partie de ce thème débute avec une brusque modulation en la bémol majeur qui apporte une touche d'inquiétude mais le thème initial reparait, plus suave que jamais et aboutit à une cadence suivie par un motif conclusif. L'intermède central déroule aux quatre instruments de longues volutes mélancoliques de doubles et triples croches. Le retour de la première partie ne se traduit pas par des changements importants. Après une courte coda, conclusion pianissimo dans le grave des quatre instruments.

Menuetto. Allegretto. 3/4. Plus rien de dansant dans ce mouvement vigoureux qui évoque plutôt un scherzo. L'harmonisation qui comporte de nombreuses altérations  confère à ce menuetto un son nouveau et typiquement romantique. On ne peut qu'admirer l'énergie avec laquelle le thème du menuetto est repris par le violoncelle à la fin de la deuxième partie et l'harmonie qui en résulte. Le trio dans sa première partie est un laendler joué par le premier violon, le début du thème du Laendler est échangé habilement entre l'alto et le violoncelle lors de la deuxième partie. Après de belles modulations chromatiques, c'est enfin le retour du laendler accompagné cette fois par de nouveaux contrepoints aux autres instruments.

Vivace. 2/4. Structure sonate. Comme c'est maintenant l'habitude, le quatrième mouvement a une importance comparable à celle du premier. Il s'ouvre par un thème aérien, d'abord ascendant et ensuite descendant en légères doubles croches piquées. Toute l'exposition donne la partie belle à ce thème initial considérablement élaboré et varié, on note en particulier un passage en croches liées particulièrement harmonieuses au dessous d'un fa tenu par le premier violon. L'exposition se termine avec un nouveau thème très rythmé et syncopé tout à fait typique du dernier Haydn. C'est ce nouveau thème qui fait les frais de la majeure partie du développement. Ce dernier, très court, à peine 28 mesures sur un total de 230 pour le mouvement entier, consiste en de puissantes imitations entre les quatre instruments sur ce nouveau thème. La réexposition est notablement allongée avec un nouveau développement sur le passage en croches liées signalé dans l'exposition, cette fois pianissimo, agrémenté ici par de belles modulations dans le mode mineur. Le retour du second thème aboutit à une coda pianissimo très poétique. Ce quatuor qui avait commencé fortissimo, se termine sur la pointe des pieds!

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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 71   Jeu 29 Sep - 13:10

L'interprétation du quatuor Festetics m'a laissé sur ma faim. Leur exécution est trop sage, les contrastes pas assez appuyés. Le premier violon m'a semblé manquer de légèreté, du moins dans les trois mouvements rapides. Leur jeu par contre convenait très bien à l'adagio. Pour rester dans le domaine des instruments d'époque, je vais écouter encore le quatuor Buchberger.

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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 71   Ven 30 Sep - 17:22

Quatuor en ré majeur opus 71 n° 2 HobIII.70

Ce quatuor par sa virtuosité, son brillant, ses sonorités conquérantes nous transporte dans un autre univers!

Adagio, Allegro 4/4. C'est le seul qui comporte une véritable introduction lente. Quatre mesures adagio seulement suffisent pour créer l'ambiance. L'allegro qui suit subjugue par son thème génial: un saut d'octave ascendant,  entonné par chaque instrument avec un temps de décalage, en commençant par le violoncelle et en finissant par le premier violon. Ces entrées de chaque instrument réalisent l'accord parfait de ré majeur. Ensuite ce saut d'octave ne va plus quitter la scène, il réapparait quelques mesures plus loin mais cette fois descendant et en commençant par le premier violon et finissant avec le violoncelle. Peu avant les barres de reprises apparait un thème nouveau à la dominante mais le thème initial reprend le dessus avant les barres de reprises suivi par un court motif nouveau. Le développement , très court (18 mesures) est basé sur ce court motif. Mais ce développement n'intéresse pas tellement Haydn car voilà bientôt la réexposition et un nouvel exposé du thème initial. Nous arrivons à la partie la plus géniale du morceau quand les quatre sauts d'octave ascendants sont répétés quatre fois avec quatre tonalités différentes. Ce passage ressemble beaucoup à un passage du développement du premier mouvement du quatuor opus 59 n° 3 Razumovsky de Beethoven que les commentateurs ont qualifié de combat de titans! Marc Vignal cite ce passage du quatuor de Haydn dans un exemple musical, mettant en évidence la calligraphie des notes de musique, digne selon lui d'une partition de musique contemporaine (1). Ce thème très particulier est encore répété lors de la coda et conclut ce morceau extraordinaire avec trois sforzandos. La puissance et la virtuosité de ce mouvement sont spectaculaires et demandent des interprètes de haut vol.

Adagio cantabile, la majeur 3/4.Cet adagio "chantant", comme le dit Haydn, s'ouvre par un thème admirable par sa splendeur mélodique. La suite est principalement confiée au premier violon accompagné simplement par la basse d'Alberti de l'alto et rappelle le style sérénade des premiers quatuors Furnberg. Mais les magnifiques modulations des mesure 22 et suivantes nous éloignent du style sérénade pour nous plonger dans le romantisme  de Franz Schubert. On pense aussi à ce compositeur quand on entend le subtil glissement vers le do bécarre grave du violoncelle à la mesure 37 amenant la tonalité éloignée de do majeur alors que la phrase précédente évoluait en mi majeur. Le développement débute avec un nouvel exposé du thème initial en do majeur qui acquiert une nouvelle profondeur du fait de l'accompagnement en doubles cordes dans le registre grave des trois autres instruments. La réexposition est en fait une moûture très variée de la première partie. Le thème est d'abord exposé de nouveau, transfiguré et pourtant parfaitement reconnaissable, la suite sera considérablement modifiée avec un accompagnement en triolets de doubles croches passant par les quatre instruments. Fin pianissimo très recueillie. Un accord forte termine cet émouvant morceau. On constate que Haydn réalise maintenant de façon courante des accords de trois notes au violoncelle qui donnent à cet instrument une sonorité puissante.

Menuetto Allegro. Très dansant, ce menuet est classique  et fait harmonieusement dialoguer les quatre instruments. Avec l'étrange trio, on retourne trente ans en arrière dans les trios fantomatiques des symphonies n° 28 en mi majeur et 29 en la majeur et des trios pour baryton des années 1765.

Finale Allegretto 6/8. Ce mouvement final assez court représente un intéressant compromis entre le rondo-sonate et le thème varié. Le refrain est encadré de doubles barres de reprises, suit un couplet qui  commence par un exposé du refrain  en la mineur cette fois et fonctionne ensuite comme un développement sur la première partie du thème du refrain. On arrive à de nouvelles barres et à un nouvel exposé du refrain notablement varié, terminé par un point d'orgue. Le refrain, Allegro cette fois, reparait et se termine par une brillante péroraison finale fortissimo. On voit que les épisodes qualifiés de refrain ou de couplet peuvent être aussi considérées comme autant de variations sur le thème initial. On peut aussi considérer ce morceau comme une structure sonate strictement monothématique.

(1) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988, pp.1274-1276.

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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 71   Dim 2 Oct - 8:34

Bonne surprise! L'interprétation du quatuor Festetics est remarquable dans ce quatuor en ré majeur opus 71 n°2.

D'abord les Festetics font toutes les reprises dans les premiers et troisième mouvements ce qui les allonge du double. D'habitude je ne suis pas favorable à ce procédé qui, à mon humble avis, a le défaut de casser le déroulement harmonieux du flux musical. Ici ça passe bien parce que ce quatuor est très court, le plus court de l'opus 71 et plus court que les trois de l'opus 74.

Les Festetics tirent un habile parti des reprises. Dans tous les premiers mouvements de Haydn qui sont des structures sonates, on a la structure binaire AB. On rappelle que dans la structure sonate, B commence par un développement B1 et continue avec la réexposition qui est une version plus ou moins variée de A. En général on fait la reprise de A et donc la structure devient AAB. Les Festetics font aussi la reprise de B et le déroulé devient chez eux AABB. Grâce à cette reprise de B, ils peuvent jouer le fameux combat de Titans du début de la réexposition, une fois fortissimo et la seconde fois piano ce qui donne un éclairage mystérieux à la seconde reprise.

L'adagio cantabile est joué à un bon tempo et les modulations romantiques que nous avons signalées prennent tout leur sens.
Le finale est en même temps léger et incisif; les contrepoints sont lumineux de clarté.

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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 71   Mar 4 Oct - 10:31

Quatuor en mi bémol majeur opus 71 n° 3 HobIII.71

Dans ces trois quatuors de l'opus 71, le premier mouvement distance les trois autres par les dimensions et la signification musicale. De ce point de vue, le quatuor en mi bémol est le plus spectaculaire avec un premier mouvement hors normes.

Vivace, 2/4, structure sonate. L'introduction se réduit à un accord de mi bémol majeur sabré violemment par les quatre instrumentistes (triple cordes au violoncelle).
L'écoute du thème initial de ce mouvement fut une révélation pour moi, encore maintenant il me donne le frisson. Clarté des tierces des violons, puissance de l'arpège ascendant du violoncelle. Où est le vrai thème? C'est quand même la tierce descendante suivie d'une quarte ascendante du premier violon qui va constamment reparaître aux quatre instruments dans la suite du discours comme fil conducteur. Notons dès à présent, dans ce thème, un groupe de quatre doubles croches liées suivi par trois croches détachées. On remarque aussi la présence d'un unisson de quatre mesures. Ces unissons sont fréquents chez Haydn comme si au terme d'un écheveau complexe de contrepoints et de rythmes, Haydn tenait à calmer le jeu et mettre les pendules à l'heure. L'exposition se termine par un motif de quatre croches. Le magnifique développement (70 mesures), bien plus élaboré que dans les deux quatuors précédents, est le coeur du mouvement. Le développement s'ouvre résolument sur le motif de quatre doubles croches suivies des trois croches détachées du thème initial qui acquiert une motricité étonnante, c'est ensuite au tour de ce motif de trois croches détachées de jouer un rôle de premier plan à travers des modulations mystérieuses: on passe par enharmonie de si bémol mineur à si mineur (le si bémol à la basse est suivi par un do bémol, devenu sur la partition un si naturel) en passant pas sept mesures d'ambiguïté tonale (1). Ensuite les deux motifs précédents engagent un violent combat riche en dissonances acerbes et modulations abruptes et on aboutit à la rentrée du thème initial en la bémol majeur mais c'était une fausse rentrée et le développement va se poursuivre dans une deuxième partie amenant avec élégance la réexposition et le thème initial enrichi de nouveaux contrepoints. Cette réexposition est voisine de l'exposition et le mouvement se termine par une vaste coda. A noter que le développement très remarquable de ce quatuor présente des analogies avec celui du premier mouvement de la symphonie n° 99 en mi bémol majeur pratiquement contemporaine. Ses modulations audacieuses le rapprochent de la symphonie n° 39 en mi bémol majeur K 549 de Wolfgang Mozart, notamment du développement de l'andante et du mouvement final de cette symphonie qui présentent plusieurs modulations enharmoniques voisines de celles du présent quatuor (2).

Andante con moto, si bémol majeur, 2/4. C'est un thème varié. Le thème présente un caractère populaire, les altérations nombreuses et notamment la sensible de ré mineur lui donnent une touche romantique. La première variation en si bémol mineur donne la première place à l'alto qui chante une magnifique mélodie issue du thème initial au caractère lyrique mis en valeur par le timbre de l'instrument proche de la voix humaine. Curieusement la deuxième variation qui ne possède pas de barres de reprises est un copié-collé du thème initial. On peut imaginer que Haydn s'étant écarté du thème initial avec le chant de l'alto, souhaitait revenir aux fondamentaux du thème pour mettre en valeur les variations suivantes. La troisième variation est une broderie élégante sur le thème du premier violon en sextolets agiles. La quatrième variation, en si bémol mineur, est un chant admirable du violoncelle poursuivi dans une deuxième partie par des contrepoints en canon des deux violons sur le début du thème. Cette variation s'enchaine avec la cinquième, la plus géniale presqu'entièrement en doubles croches staccato assai piano puis pianissimo dans l'extrême aigu des violons et de l'alto. Cette variation a une sonorité féérique qui anticipe le Songe d'une Nuit d'été de Felix Mendelssohn. Certains quatuors à cordes la jouent sul ponticello, mention non inscrite à ma connaissance sur la partition et donc procédé inutile. Dans la dernière variation, le thème est enrichi de lumineux contrepoints et ce superbe mouvement se termine sereinement.

Menuet et trio. 3/4. Le menuet est particulièrement dansant et dans sa deuxième partie évoque une valse. Les imitations entre les deux violons et le violoncelle  à la fin du menuet lui donne beaucoup d'intensité. Changement d'éclairage avec le mystérieux trio où dans les profondeurs du violoncelle on retrouve les quatre doubles croches du premier mouvement. L'ambiguïté tonale du début du trio se dissipe à la fin qui affirme la tonalité de mi bémol majeur.

Finale, Vivace, 6/8, rondo. Son plan est voisin de celui du finale du quatuor précédent  opus 71 n° 2, mais ici la forme rondo est plus affirmée. Comme dans le quatuor précédent, le thème du refrain est encadré de doubles barres de reprises. Le premier couplet est en fait un vaste développement sur le thème du refrain au second violon tandis que le premier joue un contrechant en doubles croches extrêmement dynamique. Un brillant fugato se déroule tout au long d'une page et aboutit à un unisson s'enchainant élégamment avec le retour du refrain très écourté. Ce dernier est suivi par de nouveaux contrepoints accompagnant le thème du refrain. Un nouvel exposé complet cette fois du refrain aboutit à une coda. Cette dernière consiste en un habile canon sur le début du thème du refrain et ensuite en une extension du contrechant précédent. Un brillant unisson termine le quatuor.

(1) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988, pp. 1176-78.
(2) Mark Anson-Cartwright, Chromatic features of Eb-major works of the classical period, Music Theory Spectrum, The Journal of the Society for Music Theory, 24, 177-204, 2002.

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MessageSujet: Re: LES QUATUORS OPUS 71   Jeu 6 Oct - 20:50

La version du quatuor Festetics du quatuor en mi bémol majeur opus 71 n°3 manque un peu de punch. J'ai été déçu par leur exécution du thème principal du premier mouvement qui manque de dynamisme et d'élan. Le développement manque un peu de mystère et d'énergie dévorante.
L'andante con moto est correct sans plus mais manque un peu de magie dans sa cinquième variation staccato assai.
Le menuet est joué au bon tempo et dans sa deuxième partie, les contrepoints ressortent bien.
L'allegretto final est excellent et d'une remarquable clarté. C'est, dans les doigts agiles de ces artistes, la meilleure partie du quatuor.

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