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 HAYDN ET LA FUGUE

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Piero1809
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MessageSujet: HAYDN ET LA FUGUE   Jeu 9 Fév - 20:40

Selon le musicologue Marcel Dupré, La fugue (de fuga, fuite) est une forme de composition musicale dont le thème, ou sujet, passant successivement dans toutes les voix, et dans diverses tonalités, semble sans cesse fuir (1).

Comme on l'a bien souvent répété, Joseph Haydn, né en 1732, plonge ses racines dans la musique baroque. On considère généralement que l'année 1750, date du décès de Johann Sebastian Bach, marque la fin de l'époque baroque. Toutefois, bien des musiciens nés à l'aube du 18ème siècle (Adolphe Hasse, Johann Gottlieb Janitsch, Carl Philip Emmanuel Bach...) ont continué à écrire dans le style baroque jusqu'en 1760 environ. Joseph Haydn se signale d'emblée par la modernité de son écriture et cela dès ses premières oeuvres (trios pour deux violons et violoncelle HobV, quatuors à cordes pour Fürnberg ou symphonies composées avant 1760). Il ne dédaigne pas pour autant le contrepoint et écrit nombre de fugues dans ses messes des années 1760 (messe en mi bémol majeur HobXXII.4 et en do majeur HobXXII.5, dans les derniers mouvements des symphonies (n° 3 en sol majeur, n° 13 en ré majeur et n° 40 en fa majeur) de la même décennie, de trios pour baryton, dans les quatreèmes mouvements des quatuors à cordes de 1772 opus 20 du Soleil (quatuors n° 3 en do majeur, n° 4 en fa mineur et n° 6 en la majeur) etc...

Comme je l'ai entendu dire par nombre de musicologues, le contrepoint dans sa stricte application et la fugue avec ses règles et ses exigences très strictes, ont tendance à gommer la personnalité du musicien qui les utilise. Quoi de plus pénible qu'une fugue de Schubert? Je suis frappé en écoutant la sublime messe en mi bémol D 950 de 1828, du contraste existant entre l'inspiration géniale de tous les volets de cette messe et la banalité des fugues qui terminent le Gloria (fugue Cum Sancto Spirito) et le Credo (fugue Et vitam venturi saeculi). Dans les oratorios de Mendelssohn si beaux, les fugues sont plutôt ennuyeuses. Il vaut mieux, par charité, ne pas parler des fugues de César Franck. Le divin Mozart n'échappe pas à cette critique. Certaines fugues de ses messes salzbourgeoises ont un caractère souvent scolaire, c'est le cas des deux grandes fugues de sa missa longa K 262, composée en 1775. Je ne suis pas non plus un fanatique des deux grandes fugues (Cum sancto Spirito et Hosanna in excelsis) de la messe en do mineur K 427.

Exception n° 1: Jean Sébastien Bach. Ses fugues sont admirables par leur souplesse et leur variété et procurent plaisirs des sens et de l'intellect! Celles du clavecin bien tempéré, fugue en do # mineur du premier livre par exemple, regorgent de beautés. C'est normal car le contrepoint est la langue naturelle de Jean Sébastien et des compositeurs baroques en général. La fugue (Gloria Patri et Filio...) qui clôt le Dixit Dominus (1707) de Georg Friedrich Haendel est particulièrement jubilatoire.

Exception n° 2: Joseph Haydn. Les fugues de la Création, des Saisons, d'Il Ritorno di Tobia sont géniales. Elles sont pleines de vie et de dynamisme, parfois même épiques et grandioses. La musique de Haydn est si puissante qu'elle brise le carcan qui bride cette forme. Beethoven sera également capable de donner à la fugue personnalité et originalité (quatuor à cordes en do# mineur, premier mouvement, quatuor à cordes n° 17 Grande Fugue, finale de la sonate n° 17 en si bémol Hammerklavier). Les fugues ou fugatos qui ouvrent le premier quatuor à cordes et la fameuse Musique pour cordes, percussion et célesta montrent que Bela Bartok a su comprendre le potentiel expressif de cette forme musicale.

(1) http://www.universalis.fr/encyclopedie/fugue/

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MessageSujet: Re: HAYDN ET LA FUGUE   Mer 22 Fév - 11:19

La fugue qui termine la symphonie en ré majeur n° 80 de 1779 est bien typique de la manière de Joseph Haydn.

Cette fugue (ou fugato) (1) est écrite dans la tonalité de ré mineur ce qui est surprenant, dans une oeuvre commencée dans le mode majeur, chez Haydn à cette période de sa vie. Par contre, vingt ans plus tard, il terminera dans le mode mineur des oeuvres commencées dans le mode majeur dans deux quatuors à cordes de l'opus 76: le n° 1 en sol majeur et le numéro 3 en do majeur.
Cette fugue allie de manière très originale des éléments dramatiques rappellant la sinfonia qui ouvre l'opéra l'Isola disabitata contemporaine ainsi que des touches franchement humoristiques comme s'il ne voulait pas se prendre trop au sérieux.
Ainsi Haydn échappe au reproche d'académisme que l'on fait souvent aux auteurs de fugues postbaroques.

(1) Fugue ou fugato? Dans le fugato, le compositeur utilise une forme plus libre avec les quatre entrées de fugue (s'il s'agit d'une fugue à quatre voix). Il s'affranchit, en partie ou en totalité, des règles strictes de la fugue d'école avec ses renversements, majorations, pédales, strettes etc...et intercale des passages homophones ou des divertissements...

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MessageSujet: Re: HAYDN ET LA FUGUE   Sam 25 Fév - 12:56

Autre exception la fugue pour deux pianoforte en do mineur K 426 de Wolfgang Mozart datée de 1783.

Au terme de deux années consacrées au contrepoint, Mozart écrit sa fugue la plus accomplie. Cinq ans plus tard, en 1788, il transcrira cette fugue pour orchestre à cordes et la fera précéder d'un prélude à la fois austère et grandiose qui met idéalement en valeur la fugue (adagio et fugue K 546). Cette dernière renouvelle le genre car Mozart lui insuffle un dramatisme puissant et utilise un langage harmonique étonnamment acerbe chez lui.

Il ne composera plus de fugues comparables par la suite (celles du Requiem k 626 sont très belles mais pas aussi avancées du point de vue harmonique que la fugue K 546 et plus archaïques que celles de la plupart des messes de Joseph Haydn) mais il incorporera avec bonheur l'esprit de la fugue dans diverses oeuvres instrumentales comme par exemple les développements géniaux de sa symphonie n° 40 K 550 ou encore le dernier mouvement de la symphonie Jupiter K 551 qui est un fugato très savant et inventif.

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