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 Trio n° 27 en la bémol majeur (HobXV.14) Sublime adagio

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Piero1809
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MessageSujet: Trio n° 27 en la bémol majeur (HobXV.14) Sublime adagio   Sam 14 Juin - 22:25

Le Trio n° 27 en la bémol majeur (HobXV.14) fut composé au début de l'année 1790 à Eszterhaza. Quelques mois plus tard (le 28 septembre), Nicolas le magnifique décédait. L'opéra d'Eszterhaza fut alors dissous par le Prince Anton, successeur de Nicolas tandis que Joseph Haydn quittait l'Autriche et s'embarquait en Angleterre au début de l'année 1791. Finalement Haydn avait refusé les propositions de son admirateur, Ferdinand IV, roi de Naples, et cédé à celles, plus concrètes et précises de l'impresario Salomon qui le pressait de s'établir à Londres.

Le premier mouvement, Allegro moderato est une structure sonate dont le thème unique a un rythme pointé très caractéristique. C'est un des morceaux les plus aventureux de Haydn et de ce point de vue, il n'a rien à envier aux quatuors contemporains de l'opus 64. La tonalité de la bémol majeur est propice à de brusques changements d'éclairage. En modulant fréquemment en la bémol mineur puis enharmoniquement en sol dièze mineur puis si majeur, il est possible d'élargir la palette tonale et d'accéder à de nouvelles atmosphères et couleurs (1). C'est dans le développement que se produisent ces modulations. Il commence par une formule conclusive enjouée située à la fin de l'exposition mais transposée en ut mineur ce qui en change radicalement la signification et la rend inquiète et même angoissée. La suite consiste en admirables modulations aboutissant à la dominante de do bémol majeur puis coup de théâtre, on entend le thème initial en si majeur qui donne lieu à une page spectaculaire et fantaisiste d'arpèges modulants dans les tons diézés, aboutissant à un accord de ré dièze majeur pianissimo et un point d'orgue. Cette fois nous assistons à la vraie rentrée du thème principal dans le ton (la bémol) du morceau. Cette reexposition est écourtée et s'achève par une conclusion piano.

L'Adagio en mi majeur est un des morceaux les plus extraordinaires et visionnaires de Haydn. Plutôt que Beethoven, c'est Schubert ou même Brahms que l'on perçoit ici. Toutefois la concision, l'art de dire un maximum avec peu de notes, sont typiques de Haydn. Il comporte trois parties.
Dans la première partie, le violon expose un thème sublime sur un accompagnement du piano en basse d'Alberti. La partie centrale en mi mineur est une improvisation très libre de caractère tzigane sur le thème de l'Adagio. C'est le piano qui improvise tandis que les cordes et la main gauche du pianiste ponctuent avec des pizzicattis. Remplacez par la pensée la main droite du pianiste par une clarinette, ajoutez une contrebasse et un cymbalum et vous aurez peut-être une idée de ce que J.Haydn pouvait entendre dans les campagnes avoisinantes d'Eszterhaza. Le retour du thème en mi majeur se déroule sans grands changements si ce n'est une belle modulation en ré dieze majeur (par enharmonie mi bémol majeur, dominante de la bémol majeur) qui nous amène sans interruption et en douceur au la bémol majeur du Rondo final, Vivace.

Il s'agit d'un Rondo entièrement construit sur un seul thème. Le refrain sera énoncé cinq fois et les couplets sont des développements, principalement sur le thème du refrain. Rondo ou structure sonate? Cette question est secondaire car ce morceau est en fait un développement perpétuel d'un thème toujours en devenir. Il termine de la façon la plus brillante un trio que l'on peut légitimement placer au sommet de la production de son auteur.

(1) On retrouve le même type de modulations dans deux magnifiques mouvements en la bémol majeur presque contemporains de Mozart: l'Adagio de la sonate pour piano et violon KV 481 (1786) et l'Andante de la 39ème symphonie (1788).


Dernière édition par Piero1809 le Mar 21 Mai - 8:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Trio n° 27 en la bémol majeur (HobXV.14) Sublime adagio   Mer 24 Déc - 20:44

Ayant écouté de nouveau ce prodigieux trio par le Beaux Arts Trio, je le trouve tellement sublime que je serais heureux d'avoir quelques avis de colistiers.

Joyeux Noël
Piero


Dernière édition par Piero1809 le Mar 27 Nov - 21:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Trio n° 27 en la bémol majeur (HobXV.14) Sublime adagio   Jeu 25 Déc - 21:51

Piero1809 a écrit:
Ayant écouté de nouveau ce prodigieux trio par le Beaux Arts Trio, je le trouve tellement sublime que je serais heureux d'avoir quelques avis de colistiers.

Joyeux Noël
Piero

Le Père Noël m'ayant apporté le coffret Haydn, j'ai écouté ce trio aujourd'hui d'abord dans la version du Beau-Arts Trio que je possédais déjà puis dans celle du coffret (Trio Van Swieten). L'approche musicale est assez semblable dans les deux interprétations et semble "coller" parfaitement au commentaire de Piero. Je n'ai malheureusement pas la partition et mon oreille seule ne me permet pas de saisir toute les tonalités des nombreuses modulations.
Sur le plan rythmique, le thème initial n'est pas sans rappeler celui de la sonate Hob. XVI.52 en mi bémol majeur, mais le traitement en sera bien différent car la suite est effectivement très aventureuse. Le thème initial de l'adagio sonne comme une ode. L'improvisation centrale est encore plus intéressante sur le pianoforte de Bar Van Oort (dont je suis pourtant loin d'être un inconditionnel!), qui évoque parfaitement le cymbalum, que sur le piano de Menahem Pressler. Ce passage qui évoque quelque thème de "palotas" des rhapsodies de Liszt est des plus surprenant et sonne de façon extraordinaire.
Le thème initial du final est complexe et un peu difficile à saisir sur le plan rythmique, peut-être un peu moins vite et un peu plus "carré" chez les Van Swieten, et s'anime en devenant de plus en plus clair au cours de ses répétitions.
Bref, nous ne pouvons que remercier Piero de nous faire découvrir ce magnifique trio
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Trio n° 27 en la bémol majeur (HobXV.14) Sublime adagio   Ven 26 Déc - 13:34

Merci, Jean Pierre, pour cet avis éclairé.

Je viens d'écouter le trio van Swieten dans le trio en la bémol majeur (HobXV.14) et je suis d'accord avec vous; leur interprétation de la partie centrale de l'adagio est plus libre et plus rhapsodique que l'interprétation des Beaux Arts trio que toutefois je préfère dans les autres mouvemments ainsi que dans le début et la fin de l'adagio.
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MessageSujet: Re: Trio n° 27 en la bémol majeur (HobXV.14) Sublime adagio   Jeu 28 Oct - 21:13

Qui n'a pas écouté au moins une fois l'adagio du trio n° 27 en la bémol majeur pour piano, violon et violoncelle (HobXV.14) ne peut se targuer de connaître Joseph Haydn.

C'est une boutade de ma part évidemment mais cet adagio témoigne du niveau atteint par Haydn à la fin de cette période allant de 1784 à 1790.
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MessageSujet: Trio n° 27 en la mémol majeur HobXV.14   Lun 20 Mai - 9:30

J'ai entendu ce trio N° 27 en la bémol majeur HobXV.14 interprété par le Kungsbacka Piano Trio, un ensemble Suédois qui a entrepris une intégrale chez Naxos des trios de Joseph Haydn dont nous parlerons bientôt.
La sonorité est belle, les Tempos sont très justes et l'adagio est particulièrement émouvant avec un intermède au piano qui rappelle les improvisations tziganes à la clarinette.
Si le Beaux Arts Trio reste une référence, il est de plus en plus concurrencé par des versions modernes plus conformes à l'esprit du 18ème siècle finissant.

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MessageSujet: Re: Trio n° 27 en la bémol majeur (HobXV.14) Sublime adagio   Aujourd'hui à 8:42

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