Joseph Haydn

(1732-1809)
 
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 François-Joseph Gossec (1734 - 1829)

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Euclide-Orphée

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MessageSujet: François-Joseph Gossec (1734 - 1829)   Jeu 15 Fév - 4:28

Etrange oubli que celui de François-Joseph Gossec, ce compositeur français (certains diraient Belge) à la longévité record (95 ans) de la même génération que les frères Haydn, ayant collaboré avec Rameau mais aussi survécu à Beethoven et à Schubert ... Son implication dans la vie musicale parisienne de son époque nous assure d'ailleurs qu'il fut au contact des symphonies d'Haydn populaires et jouées à Paris.
En quelque sorte la figure principale de la formalisation et du développement classique de la symphonie en France il est une figure importante qui a traversé bien des événements. Si le contexte guerrier de la France lors de la Révolution puis l'Empire n'a pas forcément permis un développement artistique épanoui Gossec a tout de même pu, avec sa longue histoire, nous léguer bien des oeuvres fantastiques.

Wikipédia :

François-Joseph Gossé, dit Gossec, est né à Vergnies, un village français enclavé dans le Comté de Hainaut alors domaine de la couronne autrichienne. Ce village est aujourd'hui situé en Belgique dans la province de Hainaut.

Formé à Walcourt avant de devenir choriste à la cathédrale d’Anvers (où il accomplit ses études musicales), puis à Bruxelles et Liège, Gossec s'installe en 1751 à Paris.

À 17 ans, il est engagé comme violoniste dans l'orchestre de La Pouplinière1. Il est initié à la franc-maçonnerie2, il est membre de la loge parisienne « La réunion des Arts ».

Entre 1762 et 1770, il dirige, en tant que maître de musique, le théâtre du Prince de Condé, prince du sang, à Chantilly. Il passe ensuite au service d'un autre prince du sang, le Prince de Conti, en tant qu'intendant de la musique.

Il fonde le Concert des Amateurs en 1769, qu'il dirige jusqu'en 17734.

Entre 1773 et 1777, il est directeur du Concert Spirituel.

En 1780, il devient sous-directeur de l'Opéra puis, après la démission d’Antoine Dauvergne à Pâques 1782, directeur général. Toutefois, ses pouvoirs sont limités car contrebalancés par celui du secrétaire d'État à la maison du Roi et celui du comité des artistes5.

En 1784, il quitte la direction du comité pour diriger la nouvelle École royale de chant6, fondée par le baron de Breteuil6 (et qui devait devenir, en 1795, le conservatoire national)6.

Il rejoint les rangs de la Révolution. Il écrit de nombreuses œuvres telles des hymnes.

Se faisant une réputation d’inventeur de la musique démocratique et de l’art choral populaire; il est reconnu en tant que « musicien officiel de la Révolution ». Il fait pour les grandes cérémonies de la Révolution la musique dont le peintre Jacques-Louis David fait la scénographie, comme l'entrée des manes de Marat au Panthéon (Paris), en 1793 le Triomphe de la République. Cette caractéristique lui vaut du reste la disgrâce lors de la Restauration.

Considéré comme le père de la symphonie française, il fonde avec un musicien liégeois, André-Modeste Grétry, le Conservatoire de Paris où il enseigne la composition entre 1795 et 1814 et dont il est ensuite l'un des inspecteurs.

Ses quelque 50 symphonies – dont les premières, composées en 1756, sont antérieures à celles de Joseph Haydn – ont contribué au développement du genre en France. Composée en 18096, la Symphonie à 17 parties, célébrant le 20e anniversaire de la prise de la Bastille, est la dernière de la série. Il compose également des opéras, notamment Le Pêcheur (1766) et Toinon et Toinette (1767), Sabinus ou Thésée, des œuvres de musique de chambre et des pièces sacrées, tel l'oratorio La Nativité (1774). Sa Missa pro defunctis — encore appelée Grande Messe des morts et connue comme son Requiem — composée en 1760 est une œuvre novatrice d'une grande beauté qui a probablement inspiré Mozart pour son célébrissime Requiem mais également la Grande Messe des morts de Berlioz. La Messe des Vivants, composée en 1813 et tristement nommée, est l'une de ses dernières compositions.

Il meurt à Passy en 1829, sous la Seconde Restauration, après soixante-cinq ans d'une carrière qui se termine avec son dernier Te deum, en 1817. Gossec est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, où il repose près de la tombe de son ami Grétry.

Une rue du 12e arrondissement de Paris, la rue Gossec, porte aujourd'hui son nom. Elle débute rue de Picpus et se termine avenue Daumesnil.


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Pour entendre le développement de la symphonie en France on peut comparer deux symphonies en fa majeur de Gossec, l'une au début du classicisme, composée en 1774 et qui montre qu'il a déjà beaucoup assimilé, l'autre composée en 1809, alors au sommet de sa maturité.
F-J Gossec, Symphonie en Fa majeur, 1774:
 

F-J Gossec, Symphonie en Fa majeur, 1809:
 
Il aura par ailleurs de très bons successeurs, par exemple en Méhul qui est un compositeur

Gossec apparaît aussi comme un témoignage très intéressant de l'art révolutionnaire, avec un certain nombres d'airs pour les célébrations. Cela n'est pas toujours musicalement ce qu'il y a de plus flatteur et malheureusement je dirais même que ça a bien souvent grandement nuit à la créativité des artistes de l'époque mais c'est historiquement extrêmement instructif. On trouve aussi tout de même dans le lot des oeuvres plus élaborées.
On reconnaîtra par exemple quelques airs célèbres (et pas des moindres !) dans cette "Offrande à la liberté" :
F-J Gossec, Offrande à la liberté, 1792:
 
Cette orchestration ou réécriture de la Marseillaise a de quoi attirer notre intention sur le talent intrinsèque de Gossec.
La reprise du thème à la clarinette (à partir de 6:30) est absolument sublime, de quoi donner un ton tout autre à un hymne ma fois bien guerrier ! Une tendresse toute Mozartienne, un sursaut de calme, de paix, et de beauté, qui ne pouvait pas faire de mal et qui ouvre de nouvelles perspectives sur cette musique.
Dans un registre mémoriel là encore j'apprécie, je dois l'admettre, cet hymne en hommage à Voltaire, sans doute par affection et respect pour le philosophe :
F-J Gossec, Hymne sur la translation de Voltaire au Panthéon, 1791:
 


Cela permet par ailleurs de rebondir sur la qualité immense de Gossec dans l'écriture vocale et religieuse.
Outre le Te-Deum pour la fête de la fédération de 1790, oeuvre massive interprétée par un nombre totalement extravagant de musiciens à l'époque c'est surtout son Requiem précoce qui est une pure merveille et qui conserve une certaine réputation aujourd'hui. Mozart s'en serait inspiré.
F-J Gossec, Requiem, 1760:
 
Comme la chose est longue, avant de se lancer dans l'écoute totale peut être quelques extraits choisis peuvent-ils suffire à rendre compte du génie et du côté visionnaire de Gossec.
F-J Gossec, Requiem, 1760, extraits : Confutatis, Lacrmyosa, Recordare, Pie Jesus:
 
Il est difficile de ne pas entendre Mozart dans le Confutatis. Dès lors qu'on écoute Gossec et le Requiem en do mineur de Michael Haydn on comprend d'où vient l'oeuvre de Mozart en terme d'influences. Il faudrait sans doute y ajouter l'oeuvre incroyable mais non enregistrée à ce jour de Gassmann.

Gossec est assurément un très grand compositeur qui a malheureusement souffert du contexte épineux de 1789 à 1815 qui n'était pas forcément propice à la meilleure expression artistique en France. De surcroît son engagement vigoureux en faveur de la révolution a conduit à un oubli forcé de ses oeuvres lors de la Restauration.
Dans l'absolu je dirais que son requiem de 1760 l'érige au rang des immortels.
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Joachim

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MessageSujet: Re: François-Joseph Gossec (1734 - 1829)   Jeu 15 Fév - 12:39

Merci, Euclide, d'avoir abordé celui que je considère comme le plus "grand" des compositeurs français du siècle dit "des Lumières".

En effet, combien de fois me suis-je insurgé, sur quelques forums musicaux, de la méconnaissance des compositeurs français de cette époque, comme s'il n'y avait rien entre Rameau et Berlioz. Citons par exemple Dalayrac, Monsigny, Dauvergne et même Grétry, dont on connaît le nom, mais qui n'est interprété que rarement. Et Saint-George...

Concernant Gossec, quelques CD comme le Triomphe de la République ou Sabinus sont sortis récemment. On trouve aussi une bonne partie des ses symphonies, ainsi que le grand Te Deum, la Dernière Messe des Vivants et bien entendu le fameux Requiem.


J'aime beaucoup cette symphonie pastorale de 1761, qui n'a que le tort d'être trop courte !



Si quelqu'un est intéressé par son catalogue des oeuvres complet, je peux faire un copié-collé de mon forum.
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François-Joseph Gossec (1734 - 1829)
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