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 Adelina Patti (1843-1919)

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Euclide-Orphée

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MessageSujet: Adelina Patti (1843-1919)   Jeu 6 Sep - 12:09

Wikipédia :

Adela-Juana-Maria dite Adelina Patti est une cantatrice italienne (soprano colorature), née le 10 février 1843 à Madrid et morte le 27 septembre 1919 au château de Craig-y-Nos près de Brecon (Pays de Galles).

Dernière des quatre enfants de Salvator Patti (1800-1869) et Catherine Chiesa, deux musiciens italiens installés en Espagne, Adelina Patti émigre peu de temps après sa naissance avec sa famille aux États-Unis. Ayant commencé le chant dès l'âge de 9 ans, elle donne plusieurs concerts à travers le pays avec ses deux sœurs aînées, Amelia (1831-1915) et Carlotta (v. 1835-1889) également cantatrices, sous l'impulsion de Maurice Strakosch, un pianiste et impresario qui a épousé Amalia en 1852. Leur frère Carlo (1830-1869) sera violoniste et chef d'orchestre.

En 1859, à 16 ans, elle débute à l'Academy of Music de New York dans le rôle-titre de Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti, puis se rend en 1861 à Londres où elle triomphe au Covent Garden dans le rôle-titre de La sonnambula de Vincenzo Bellini. Ses débuts en 1862 au Théâtre-Italien de Paris dans la même œuvre la font adopter immédiatement du public français.

Surnommée à la manière des divas La Patti, elle interprète principalement les grands rôles de l'opéra italien mais aussi de l'opéra français. Vocalisant avec une « extrême agilité » et dotée d'une émission d'une « égalité parfaite » et d'un timbre « admiré pour sa richesse autant que pour sa clarté », sa voix s'étendait du do3 au contre-fa (fa5)

Sa technique lui permet d'aborder des rôles aussi différents vocalement que Luisa Miller, Aida, Desdemone, Elcìa (Anaï) et plus tard Gioconda et même Carmen.

Le 29 juillet 1868 à, elle épouse à Londres Louis-Sébastien-Henri de Roger de Cahuzac, marquis de Caux et écuyer de l'empereur Napoléon III, de seize ans son aîné. Elle envoie dès lors des invitations indiquant : « La marquise de Caux sera chez elle samedi soir ; la Patti chantera ». Le 7 février 1877, le couple entame une procédure de séparation qui est prononcée le 4 août suivant avec grand bruit aux dépens de la cantatrice, celle-ci ayant été convaincue d'entretenir une liaison avec le ténor Ernest Nicolas dit Nicolini. Le divorce n'ayant été effectif qu'en 1885, elle épouse Nicolini le 9 juin 1886, dont elle divorce pour épouser en janvier 18999 un suédois, le baron Olof Rudolf Cederström.

Elle quitte définitivement la scène en 1906 et meurt le 27 septembre 1919 dans sa propriété de Craig-y-Nos au pays de Galles. Elle est enterrée quelques jours plus tard au cimetière du Père-Lachaise (4e division) à Paris. Adelina Patti fit l'admiration de Tchekhov qui, jugeant le chant italien supérieur, érigea la célèbre soprano en modèle au même titre que le ténor Enrico Tamberlick (1820-1889).

Elle a enregistré vers 1906, à plus de 60 ans, quelques titres sous le label Gramophone Patti, dont « Connais-tu le pays » de Mignon, l'« Air des bijoux » de Faust, « Batti, batti » de Don Giovanni, « Casta diva » de Norma, « Ah ! non credea mirarti » de La sonnambula , « Il bacio » de Luigi Arditi et la Serenata de Paolo Tosti.


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Petit sujet dans la continuité de mon commentaire à propos des élèves de Liszt, cette fois sur une des cantatrices star de son époque et qui nous permet un lien direct avec la tradition musicale du XIXème siècle.
Il est assez génial d'avoir accès à quelques enregistrements d'une femme née avant la mort de Chopin et qui fit carrière dès 1859.
Si les enregistrements que nous avons d'elle sont ceux d'une vieille femme, ayant plus de 60 ans, et donc loin de son apogée, il n'en demeure pas moins que l'on peut toucher du doigt ce qui, jusqu'alors, était perçu comme une technique vocale parfaite et un timbre exceptionnel.
C'est en outre un lien direct avec l'interprétation historique des opéras romantiques (au moins de la fin du XIXème siècle mais notons tout de même que dès les années 1860 ses interprétations de la Sonnambula eurent un immense succès, et on n'est que 30 ans après la création de l'opéra en question écrit en 1831).

"Ah Non Credea Mirarti", La Sonnambula:
 

Casta Diva:
 

The Last Rose of Summer:
 

Voi Che Sapete:
 

Disons qu'en matière de style on est assez éloignée d'une Cécilia Bartoli Laughing
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Adelina Patti (1843-1919)   Ven 7 Sep - 12:10

Euclide-Orphée a écrit:


Disons qu'en matière de style on est assez éloignée d'une Cécilia Bartoli Laughing

Merci Euclide-Orphée pour ce document précieux.
Très émouvante cette interprétation de Casta diva. L'intonation est excellente mais évidemment je suis surpris par le portamento sur toutes les notes et la manière de vocaliser.
Malgré toute l'admiration qu'on peut avoir pour la magnifique carrière de Cecilia Bartoli, et sa technique vocale impeccable, je suis souvent agacé par ses vocalises presque mécaniques et son jeu scénique un peu stéréotypé. Pour le chant baroque, je préfère nettement Anna Bonitatibus (pour citer une cantatrice opérant dans un répertoire voisin). Cette dernière également excellente au plan technique m'émeut davantage au plan dramatique. Son jeu est moins sophistiqué, plus naturel que celui de la Bartoli.
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Euclide-Orphée

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MessageSujet: Re: Adelina Patti (1843-1919)   Ven 7 Sep - 15:33

Disons que La Patti confirme un certain nombres de choses sur le chant de la seconde partie du XIXème siècle (et peut être un peu antérieur ?) :

- Vibrato extrêmement mesuré, utilisé seulement occasionnellement comme un outil, et absolument pas systématiquement comme souvent aujourd'hui
- Des portamenti, eux, quasiment systématiques
- Un usage massif du Rubato pour souligner l'expression et accompagner le texte
- La voix souvent décalée avec l'accompagnement, donnant un aspect très libre et naturel à la performance
- Un accent très fort mis sur la clarté du discours (je suis toujours surpris de la facilité avec laquelle on la comprend malgré la qualité des enregistrements)
Tout ça est particulièrement frappant dans son enregistrement de "Voi Che Sapete".
Tous ces éléments peuvent en déstabiliser plus d'un cela dit.

J'ajouterais aussi même si ce n'est pas pas forcément évident dans ces enregistrements beaucoup plus de liberté pour l'improvisation.

Dans l'ensemble je pense que la tradition romantique est souvent caricaturée : "rubato excessif = incompréhensible et mièvre".
En vérité ce que j'entends des enregistrements des musiciens formés durant le XIXème siècle c'est une immense délicatesse et, parfois, une grande sobriété par rapport à bien des musiciens actuels puisqu'il s'agit moins d'une déferlante purement technique.
Par exemple si on compare Cécilia Bartoli, que par ailleurs j'admire beaucoup (il y a quand même quelque chose d'époustouflant avec elle, je ne dirais pas qu'elle a le plus beau timbre, mais tout de même, quelle fougue), avec La Patti, la différence en terme de "sobriété" me paraît parfaitement évidente.
Après bien sûr j'ai cité Céclia Bartoli car elle me semble être caractéristique de notre époque et particulièrement "caricaturale" de ce qu'on considère comme une diva moderne à l'opéra (voix surpuissante, beaucoup de vibrato, beaucoup de vocalises, une virtuosité incroyable). Il y a en effet des cantatrices qui peuvent sonner plus délicates à certaines oreilles, et de nos jours on ne manque assurément pas de talent en la matière !
Le monde de l'opéra se porte bien pour ce qui est des interprètes.
Vous avez raison de souligner qu'Anna Bonitatibus est extraordinaire.

En tout cas c'est une chance d'avoir des traces de ces musiciens formés dans la pure tradition romantique.
Seront-ils un jour pris en exemple pour des performances "historiquement informées" cela dit ?
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