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 La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir

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Joachim



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MessageSujet: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Mer 25 Juin - 18:33

Ces trois symphonies complémentaires font partie des premiers chefs d'oeuvre de la jeunesse de Haydn. Elles ont été composées en 1761, probablement à la demande du Prince Paul Anton Estherazy.

Respectivement en sol majeur, ut majeur, sol majeur, elles respirent, par leur climat pastoral, l'allégresse, la joie de vivre...

Contrairement aux symphonies postérieures, celles ci semblent hériter de l'ancien concerto grosso, avec des passages entiers dédiés aux instruments solistes.

De la symphonie Le Matin, avec son introduction lente qui aboutit à un allegro correspondant au lever de soleil jusqu'à la fin de la symphonie Le Soir qui décrit une Tempête, on ne s'ennuie pas une seconde au cours de ces quelque 70 minutes de pur bonheur.

Mais je suis persuadé qu'avec son talent habituel, Giuseppe va nous "décortiquer" ces symphonies bien mieux que je ne saurais le faire...
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Piero1809
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MessageSujet: Re: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Mer 25 Juin - 22:44

Joachim a écrit:

Mais je suis persuadé qu'avec son talent habituel, Giuseppe va nous "décortiquer" ces symphonies bien mieux que je ne saurais le faire...
Non Joachim, vous avez été parfait et je n'ajouterai rien. En quelques lignes vous avez dégagé l'essentiel.
Votre artefact est superbe. Quelle noblesse dans l'attitude du beau Chevalier, un violon à la main.

Piero


Dernière édition par Piero1809 le Mer 23 Sep - 9:40, édité 1 fois
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Haydn
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MessageSujet: Re: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Jeu 26 Juin - 0:08

Oui, de ces trois, mon Mouvement préféré est incontestablement le 1er du Matin. :heureux:
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Piero1809
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MessageSujet: Re: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Jeu 26 Juin - 21:21

Piero1809 a écrit:

Votre artefact est superbe. Quelle noblesse dans l'attitude du beau Chevalier, un violon à la main.
A y regarder de plus près, c'est une épée qu'il tient (dommage, le violon c'était plus poétique!)

Ceci dit, moi aussi je préfère le premier mouvement du Matin. Marc Vignal fait remarquer que lors de la réexposition (juste après le développement) le cor fait entendre le début du thème principal une mesure avant tous les autres instrumentistes. L'effet produit est à la fois harmonieux et plein d'humour.


Dernière édition par Piero1809 le Sam 27 Mar - 11:27, édité 2 fois
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Pierre



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MessageSujet: Re: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Dim 20 Sep - 18:55

Je possède deux versions, qui témoignent d'approches différentes:

1. Neville Marriner et l'Academy of St Martin-in-the-Fieds.

L'interprétation de Marriner marque la transition entre les lectures traditionnelles («Papa Haydn») et les interprétations décapantes des baroqueux à leurs débuts. Disque publié en 1980.


2. Petra M!ullejans et le Freiburger Barockorchester.


On est là dans une lecture historicisante qui offre un tableau aux élégantes couleurs, heureusement dispensé des brusqueries «à la Harnoncourt» ! Disque publié en 2002.

—> Vous qui me lisez, qu'en pensez-vous ?

—> Quelqu'un a-t-il des versions intéressantes à proposer ?
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Piero1809
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MessageSujet: Re: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Mer 23 Sep - 10:27

Pierre a écrit:
Je possède deux versions, qui témoignent d'approches différentes:

1. Neville Marriner et l'Academy of St Martin-in-the-Fieds.



2. Petra M!ullejans et le Freiburger Barockorchester.



Vous qui me lisez, qu'en pensez-vous ?

Quelqu'un a-t-il des versions intéressantes à proposer ?
Merci Pierre pour ces commentaires concernant ces fabuleuses symphonies n° 6, 7 et 8.

Je ne connais malheureusement pas les versions que vous proposez. J'ai seulement les versions des deux intégrales Antal Dorati et Adam Fischer.

La lecture d'Antal Dorati est classique. Je préfère nettement Adam Fischer. Dans le Matin, il donne une émouvante version de l'Adagio. Ce dernier mouvement très "vivaldien" d'esprit est introduit et terminé par un épisode baroque avec une splendide progression harmonique des basses. Ce passage est particulièrement expressif sous la baguette de Fischer. Plus généralement la qualité exceptionnelle des solistes de l'orchestre d'Adam Fischer fait merveille dans les nombreux épisodes confiés aux solistes à la manière du concerto grosso baroque.

Dans la symphonie le Soir, ma préférée peut-être, le premier mouvement avec ses surprises, ses sautes d'humeur est excellent sous la direction de Fischer. La contrebasse est particulièrement cocasse dans le très beau menuetto et trio. Dans La Tempesta, première manifestation dans un genre que Haydn allait traiter de manière Oh combien plus dramatique (Orfeo ed Euridice, 7 Dernières Paroles, Saisons), la flûte tire particulièrement bien son épingle du jeu avec ses zigzags pleins d'humour!
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Pierre



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MessageSujet: Re: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Ven 25 Sep - 22:01

Dorati et Fischer appartiennent à deux époques complètement différentes. Certes on peut analyser leurs qualités intrinsèques, mais il faut aussi tenir compte des contextes fort différents dans lesquels elles ont paru.
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Piero1809
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MessageSujet: Re: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Dim 27 Sep - 8:21

Pierre a écrit:
Dorati et Fischer appartiennent à deux époques complètement différentes. Certes on peut analyser leurs qualités intrinsèques, mais il faut aussi tenir compte des contextes fort différents dans lesquels elles ont paru.
Tout à fait d'accord. Il y a aussi un point sur lequel on insiste beaucoup plus actuellement c'est l'aspect "folklorisant" de la musique de Haydn et notamment l'importance des influences d'Europe Centrale mises en évidence et rassemblées depuis quelques décennies par des musicologues hongrois.
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Pierre



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MessageSujet: Re: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Lun 28 Sep - 0:21

Oui, mais pas seulement. Dorati a considéré la musique de Haydn à partir de la partition, sans se poser des question quand à la forme des instruments, leur nombre,la technique instrumentale (jeu des cors ou des trompettes)... Fischer, lui, essaye d'imaginer le contexte dans lequel ces oeuvres ont pu naître et avoir été jouées, quels ont été les moyens du compositeur, quels étaient les musiques que l'on écoutait à l'époque...

En somme Dorati avait une conception «absolue» de cette musique, tandis que Fischer a vu les choses sur un plan plus contextuel.
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Piero1809
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MessageSujet: Re: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Sam 26 Déc - 22:10

Des trois symphonies n° 6 Le Matin, n° 7 Le Midi et n° 8 Le Soir composées par Joseph Haydn en 1761 (1), la n° 7 me semble la moins souvent interprétée. Une audition récente des trois m’a convaincu que la symphonie n° 7 en ut majeur Le Midi avait un charme tout particulier c’est pourquoi j’ai voulu lui consacrer quelques commentaires.

Elle est écrite pour la formation suivante : 2 flûtes, deux hautbois, un basson, deux cors en do, deux violons solistes, un violoncelle obligé, une contrebasse soliste, le quintette à cordes et un clavecin. C’est la plus richement instrumentée, celle qui se rapproche le plus de l’antique formule du concerto grosso (une petite formation de solistes dialogue avec l’orchestre au complet) et, à mon humble avis, la plus chatoyante des trois. Elle débute avec une solennelle et majestueuse introduction Adagio, seule partie vraiment symphonique de l’œuvre où le groupe des vents s’oppose fièrement à celui des cordes. L’allegro débute de manière saisissante par un unisson forte des cordes avec des trémolos de doubles croches aux violons. Le dessin initial est ensuite répété avec une harmonisation qui le rend encore plus intense. Le contraste est grand entre ce début sombre et farouche et la suite du mouvement qui consiste en motifs très mélodieux confiés aux deux violons solistes et au violoncelle. Le dialogue se déplace vers les hautbois puis au violoncelle et aboutit à un énergique tutti orchestral qui termine l’exposition. Au cours du développement les passages assez doux confiés aux solistes continuent d'alterner avec des tutti menaçants mais cette fois dans des tonalités mineures. Le dernier tutti aboutit à un accord fortissimo en mi majeur. Après un silence surprenant, le développement se poursuit et il faut alors admirer la transition chromatique qui annonce et amène la réexposition. Le thème du début reparaît plus sombre que jamais par tout l’orchestre d’où émergent les menaçants appels des cors.

Le second mouvement Adagio peut être considéré comme une scène dramatique, précédée comme il se doit par un magnifique récitatif débutant en ut mineur. Les phases exaltées et abattues se succèdent. Au récitatif fait suite un lumineux duo en sol majeur entre un violon et un violoncelle évoquant un duo d’amour d’opéra. Les deux solistes sont richement accompagnés par les deux flûtes et l’orchestre. Cet épisode se termine par un point d’orgue suivi d’une cadence où violon et violoncelle solistes rivalisent de virtuosité.

Après un menuetto majestueux, le trio nous offre un festival de sonorités inhabituelles. La contrebasse a un superbe solo et fait preuve d’une étonnante agilité (2). Les deux parties du trio sont agrémentées par les tierces moelleuses des cors tandis que hautbois, d’une part et basson et clavecin d’autre part font entendre des notes tenues ou bien de légers motifs pianissimo. Haydn expérimente des sonorités nouvelles dont il se souviendra trente ans plus tard en composant les symphonies Londoniennes.

Tous les instruments se donnent rendez-vous dans le finale allegro, le plus richement orchestré des quatre mouvements. C’est maintenant la flûte qui est gratifiée des solos les plus brillants. Plus qu’ailleurs les tutti dialoguent avec des épisodes confiés à des instruments solistes, l’un d’entre eux consiste en gruppettos du premier violon piano dont l’élégante maigreur contraste avec les tutti bien nourris qui l’entourent. Au cours du développement, les motifs de l’exposition circulent avec des modulations génératrices de nouvelles couleurs. Un puissant tutti met un terme à l’œuvre de façon lapidaire.

(1) Voir la présentation des trois symphonies Matin, Midi et Soir par Joachim au début de ce fil.
(2) Les trios des menuets des trois symphonies Matin, Midi et Soir comportent des solos de contrebasse.
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MessageSujet: Re: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Dim 27 Déc - 23:19

Dans le site ci-dessous, il est possible d'écouter la symphonie n° 7 en ut majeur Le Midi de Joseph Haydn dans trois interprétations: Antal Dorati, Adam Fischer et Christopher Hogwood.Cerise sur le gâteau, on peut faire défiler la partition en écoutant la musique.


http://www.haydn107.com/index.php?id=21&sym=7&lng=1&composer=hogwood
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MessageSujet: Re: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Jeu 22 Juil - 22:26

Suite à l'excellente présentation générale des symphonies n° 6, 7 et 8 faite par Joachim, j'aimerais revenir plus particulièrement sur la symphonie n° 6 en ré majeur Le Matin.

D'abord quelques données générales supplémentaires sur ce triptyque:
-elles sont composées en 1761 pour satisfaire une commande effectuée probablement sitôt l'installation de Joseph Haydn au service des Esterhazy. De ce fait chronologiquement elles devraient porter les numéros 21, 22 et 23;
-l'effectif requis pour les trois symphonies est de loin plus fourni que celui présent dans toutes les symphonies qu'il écrivait auparavant. Il comporte une flûte, deux hautbois, un bassons, deux cors, le quintette à cordes avec en son sein des instruments solistes: un violon, un violoncelle et une contrebasse. On peut rappeler ici que les vingt symphonies précédentes sont écrites le plus souvent pour le quintette à cordes, deux hautbois, un basson doublant la basse et deux cors;
-possédant de petits solos pour les vents ou les cordes, elles se rapprocheraient comme l'a dit Joachim de la symphonie concertante ou du concerto grosso à la différence qu'ici les solos très brefs sont fermement intégrés à un projet purement symphonique;
-les solos de contrebasse présents dans les trios des trois menuets sont écrits pour le violone (1,2), contrebasse en usage à l'époque de Haydn, sonnant un octave en dessous du violoncelle (16 pieds) et donc une tierce en dessous de la contrebasse moderne. Faute de violone, les chefs modernes ont eu tendance à modifier ces solos afin de pouvoir jouer les notes manquantes à l'octave supérieur, quitte parfois à confier le solo à un violoncelle. Il semble probable que les orchestres utilisant les instruments d'époque devraient disposer d'un violone;
-la présence ou non d'un clavecin fait actuellement débat. Haydn a indiqué pour la présente symphonie: cembalo ad libitum et laisse ainsi clairement le choix au chef!

Le premier mouvement adagio 4/4 puis allegro ¾, de la symphonie n° 6 en ré majeur Le Matin a, selon Marc Vignal, les plus brillantes couleurs (3). Il n'y a pas à proprement parler de solos mais plutôt de courtes interventions de la flûte, des hautbois , du basson, des cors qui colorent merveilleusement un mouvement d'essence symphonique. Le passage le plus extraordinaire est la transition entre la fin du développement et la réexposition, cette dernière consiste en tenues des vents au dessus de pizzicatos des cordes puis le cor joue à découvert le thème principal deux mesures avant la véritable rentrée, bourde géniale qui sera exploitée de manière identique et au même endroit par Beethoven à des fins dramatiques et non plus humoristiques dans sa symphonie Eroïque (3).

Dans l'adagio 4/4 pour les cordes seules, les magnifique progressions harmoniques baroques du début et de la fin du mouvement évoquent Vivaldi, musicien faisant partie du répertoire de l'orchestre de Haydn. Au centre s'épanouit un andante ¾ faisant la part belle au violon et au violoncelle solistes. Fin pianissimo dans une ambiance recueillie.

Les vents au complet sont de retour dans le menuet. Le trio en mineur est confié à la contrebasse et au basson solos accompagnés par des pizzicatos des violons. On ne sait pas qui chante et qui accompagne tant les deux mélodies se complètent harmonieusement. La présence du clavecin est souhaitable dans un tel passage.

Le finale 2/4 Allegro est en deux parties, dans la première partie, le thème consiste en une gamme de ré majeur ascendante, fusée lancée par une flûte virevoltante et un violon agile accompagnées par des figurations très virtuoses du violoncelle. La deuxième partie débute avec une sorte de transition destinée à amener la rentrée du thème principal. Ce passage, un solo assez acrobatique du premier violon, ne cessera de prendre de l'importance dans les finales des symphonies qui suivront pour devenir un vrai développement, comparable en taille et en signification musicale à celui du premier mouvement (4).


(1) Antony Hodgson, The Music of Joseph Haydn: The Symphonies. London: The Tantivy Press (1976): 57.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Violone
(3) Mark Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988.
(4) http://imslp.eu/files/imglnks/euimg/3/37/IMSLP31297-PMLP71273-Haydn-_Sinfonia_Nr6__HCR_Landon_.pdf
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Joachim



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MessageSujet: Re: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Ven 23 Juil - 14:07

Voici une très belle analyse de cette symphonie.

Cette trilogie forme vraiment un chef d'oeuvre de la jeunesse de Haydn. Je trouve que, comme les quatre saisons de Vivaldi, cette trilogie (qu'on pourrait appeler la Journée, ou les Heures), forme un tout.
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MessageSujet: Re: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Dim 25 Juil - 23:56

Joachim a écrit:

Cette trilogie forme vraiment un chef d'oeuvre de la jeunesse de Haydn. Je trouve que, comme les quatre saisons de Vivaldi, cette trilogie (qu'on pourrait appeler la Journée, ou les Heures), forme un tout.
Entièrement d'accord avec toi, Joachim. Cette unité qui règne dans les trois volets de ce triptyque (unité dans le genre musical, la structure, l'instrumentation, l'orchestration...) est très satisfaisante pour l'oreille et l'esprit.
Pourtant unité ne signifie pas monotonie car chaque volet a sa spécificité et dépeint un instant privilégié d'une belle journée d'été.
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MessageSujet: Re: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Lun 26 Juil - 20:46

La symphonie n° 8 en sol majeur Le Soir de Joseph Haydn bien que de coupe et d'effectifs identiques aux symphonies le Matin et Le Midi, diffère de ces deux dernières par son style bien plus symphonique. Dans les mouvements extrêmes et dans le menuet, les solos ont pratiquement disparu et les interventions des vents ne diffèrent pas sensiblement de ce que l'on attend dans une symphonie de l'époque.

Selon Marc Vignal (1), le premier mouvement Allegro molto 3/8 annonce, un quart de siècle avant, par son côté monothématique et la rigueur de sa construction, celui de la symphonie n° 88 dans la même tonalité. Le premier thème léger et spirituel domine l'exposition et le développement. Une particularité très remarquable de ce mouvement est qu'après le développement, la réexposition est profondément remaniée; elle débute, mesure 173, par le thème initial aux cors et se poursuit avec une fantaisie extraordinaire pour culminer par un unisson de l'orchestre sur un mi bémol tout à fait innattendu (2), premier échantillon des surprises dont la musique de Haydn nous régalera par la suite (3).

L'andante 2/4, comme les mouvements lents des symphonies n° 6 et n° 7, évoque fortement la symphonie concertante ou le concerto grosso par ses importants solos concertants. Aux violoncelle et violon solistes déjà présents dans les symphonies 6 et 7, s'ajoute un basson dont l'intervention, quoique modeste, colore très agréablement ce morceau au grand charme mélodique.

Le menuetto semble avoir été écrit à une date bien postérieure à 1761 tant ce menuet est écrit dans un vigoureux style symphonique. Dans le trio, le violone est le seul soliste et sa partie est particulièrement difficile.

Le finale Presto 6/8 est intitulé la Tempesta. Tout est fait pour évoquer la tempête, les zigzags de la flûte évoquent les éclairs, les roulades à l'unisson de l'orchestre, le tonnerre, les octaves brisés en doubles croches des violons et des violoncelles (technique très hardie pour cet instrument), les bourrasques de vent, les noires piquées des violons et des cors entrecoupées de soupirs, les gouttes de pluie. Tout cela est très ingénieux et constitue un magnifique morceau de musique descriptive. Joseph Haydn aura plus tard l'occasion de nous émouvoir avec des cataclysme naturels autrement plus conséquents, les orages fracassants des Saisons (1800), meurtriers d' Orfeo ed Euridice (1791) sans oublir le terremoto des Sept Dernières Paroles du Christ (1786).

(1) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988.
(2) http://imslp.eu/files/imglnks/euimg/d/df/IMSLP31309-PMLP71308-Haydn-Sinfonia_Nr8__HCR_Landon_.pdf
(3) La réexposition permet de distinguer très facilement Haydn et Mozart. Elle est toujours variée, parfois profondément chez Haydn, tandis que chez Mozart la réexposition est généralement identique à l'exposition aux changements de tonalité près. Il s'agit d'un point technique qui n'entraine en aucun cas un jugement de valeur.
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MessageSujet: Re: La Trilogie : symphonies n° 6, 7, 8 Matin, Midi, Soir   Aujourd'hui à 3:09

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