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 Trio n° 41 en mi bémol mineur (HobXV.31) Jacobs Dream

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Piero1809
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MessageSujet: Trio n° 41 en mi bémol mineur (HobXV.31) Jacobs Dream   Sam 9 Mai - 9:22

A propos du Trio n° 41 en mi bémol mineur (HobXV.31), on peut consulter l'anecdote suivante:

http://haydn.aforumfree.com/haydn-une-longue-vie-mouvementee-f5/le-reve-de-jacob-t200.htm

Ce trio pour piano, violon et violoncelle, composé par Joseph Haydn en 1794-5 fut dédié à la pianiste Thérèse Jansen-Bartolozzi. La tonalité improbable de mi bémol mineur est déjà un manifeste d'originalité de la part de Haydn. Les six bémols à la clé du premier mouvement interdisent l'usage des cordes à vide pour sept sur les huit cordes du violon et du violoncelle.

Le premier mouvement Andante est un double thème varié comportant le thème en mi bémol mineur encadré par de doubles barres de reprises, une variation en majeur, une variation en mineur, une variation en majeur et une dernière variation mineure. Les deux émouvantes "variations" majeures pourraient aussi bien être qualifiées d'intermèdes car toutes deux s'éloignent beaucoup du thème initial. Le thème ici est particulièrement pathétique et la fin de sa deuxième partie est remarquable par son expression intense conférée par des harmonies chromatiques vraiment poignantes. Les deux superbes variations mineures exploitent toutes les potentialités expressives du thème. On a là un des thèmes variés le plus dramatiques de Haydn.

Le second mouvement "Jacobs Dream" Allegro en mi bémol majeur m'a posé un problème. J'ai trouvé ce morceau atypique et me suis demandé ce que son auteur avait voulu dire et où voulait-il nous emmener? Comment un musicien écrivant des oeuvres toujours aussi solidement architecturées avait-il pu composer une pièce apparemment dépourvue de fil directeur, mélangeant allègrement, rythmes, motifs, avec un violon partant dans tous les sens? La gaité de ce mouvement m'a aussi semblé de surface et même factice, cachant une sourde angoisse sous-jacente. Cette angoisse affleure dans certaines parties du développement (mais est-ce vraiment un développement?). Lors de la réexposition, violon et piano font étalage de virtuosité avec des traits compliqués qui débouchent sur le vide, du moins est-ce ainsi que je le sens. Y-a-t-il eu chez Haydn un désir de provocation vis à vis d'un violoniste inexpérimenté comme semble le relater Dies? Cette oeuvre, comme d'autres des années 1790 (nombreux passages d'Orfeo ed Euridice, sonate n° 61 en ré, interlude en la mineur des 7 Dernières Paroles du Christ, trio n° 37 en ré mineur...), est-elle le témoignage d'une anxiété passagère ou d'un désarroi de Haydn? Mon imagination me joue peut-être des tours c'est pourquoi je serais heureux d'avoir d'autres points de vue.


Dernière édition par Piero1809 le Mer 9 Mar - 12:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Trio n° 41 en mi bémol mineur (HobXV.31) Jacobs Dream   Dim 10 Mai - 1:14

Je viens d'écouter ce trio, dans l'interprétation du Beaux-Arts Trio, ce qui a son importance pour ce genre d'œuvre. Globalement, je suis tout à fait d'accord avec ce que vous dites (qui m'a sûrement influencé…)

En effet le premier mouvement semble de facture très romantique, avec un thème méditatif qui devient aventureux puis me paraît effectivement de plus en plus pathétique avec les chromatismes de la deuxième partie. Sous les doigts de Menahem Pressler, les deux variations majeures paraissent vraiment schubertiennes, avec les délicates broderies du piano,
de plus en plus romantiques, et les triolets chromatiques de la variation finale paraissent anticiper nettement sur le siècle à venir, coupés par une fin vraiment dramatique.

Je trouve que le second mouvement commence de façon assez carrée, avec son battement d'horloge rapide, qui laisse peu augurer des fantaisies à venir. Pour moi le passage le plus signifiant est la réexposition, dans laquelle les sextolets très rapides du piano, les notes répétées puis les traits chromatiques donnent une impression de déliquescence, mal contenue par le battement rythmique originel qui devient franchement rageur.

Ce trio, comme les autres œuvres que vous citez (je n'ai jamais entendu Orfeo ed Euridice), et comme bien des œuvres de Mozart, me semble élargir le champ expressif de la musique, tel qu'il est envisagé à l'époque classique. Après le drame du premier mouvement, la danse devrait symboliser la liberté et l'optimisme retrouvés (comme très souvent chez Mozart), mais ici elle reste confinée, comme à l'étroit, et grinçante.
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Trio n° 41 en mi bémol mineur (HobXV.31) Jacobs Dream   Dim 10 Mai - 22:17

Merci Jean Pierre pour ce commentaire très riche et éclairant.

D'autres points de vue seraient utiles pour m'aider à mieux comprendre cet étonnant trio.
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MessageSujet: Re: Trio n° 41 en mi bémol mineur (HobXV.31) Jacobs Dream   Aujourd'hui à 3:06

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