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 HARMONIEMESSE (HobXXII.14)

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Piero1809
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MessageSujet: HARMONIEMESSE (HobXXII.14)   Sam 24 Nov - 0:28

La Harmoniemesse HobXXII.14 a été créée à Eisenstadt le 8 septembre 1802. Elle est orchestrée pour le quintette à cordes, une flûte, deux hautbois, deux clarinettes, deux bassons, deux cors, deux trompettes, timbales et orgue. Le nom Harmonie ne fut pas donné par Joseph Haydn et résulte peut-être du rôle important des instruments à vents. Cette messe apparait comme la plus vaste de toutes les messes de Haydn, pourtant en durée, elle est à peine plus longue que la précédente (Schöpfungsmesse), mais elle donne une impression de longueur du fait de sa majesté et de l'extraordinaire souffle qui règne dans les mouvements choraux. Marc Vignal rapproche cette messe de la messe en mi bémol majeur D 950 de Franz Schubert en raison de sa sonorité inédite chez Haydn ainsi que de l’atmosphère très particulière qui règne dans plusieurs épisodes de la messe (1). En outre les deux messes sont des oeuvres ultimes dans la vie des deux compositeurs: fin 1802 Haydn a pratiquement cessé d'écrire de la musique (2) tandis que c’est la mort qui surprend Schubert à la fin de l’année 1828.

C’est le plus important Kyrie eleison, poco adagio ¾, de toutes les messes de Haydn. Ce morceau monumental est introduit par un vaste prélude instrumental où la clarinette se détache des autres bois, anticipant le rôle majeur qu’aura cet instrument au cours du 19ème siècle. Pour la première fois dans un Kyrie de Haydn un tempo très lent est maintenu tout le long du morceau. C’est une pièce essentiellement chorale et on remarque immédiatement que le choeur débute de façon très surprenante par un accord de septième diminuée. Le quatuor de solistes n'intervient qu'épisodiquement et notamment au moment du Christe eleison. Ce dernier dans le mode mineur est particulièrement émouvant. A la fin on entend une belle sonnerie de trompettes et une coda piano très recueillie. Cette pièce qui s’écoule lentement et majestueusement comme un grand fleuve est celle qui s’apparente le plus à la messe de Schubert.

Le Gloria in excelsis, Vivace assai ¾, est attaqué abruptement par la soprano solo et repris par le choeur. Le ton s’assombrit rapidement jusqu’au Laudamus te qui reprend le thème du Gloria de façon triomphale. Le Gratias agimus tibi s’ouvre par un beau prélude des violons doublés par la flûte, la soliste alto reprend le thème puis la soprano solo, le ténor et enfin la basse. Haydn combine les paroles du Gratias et celles du Domine Deus. Comme d’habitude le Qui tollis en fa mineur est l’épisode le plus dramatique du Gloria, il est chanté par le choeur qui fait preuve d’une grande puissance expressive. Le quatuor de solistes prend le relai sur les paroles suscipit et le choeur conclut sur Miserere nobis de façon très émouvante et mystérieuse. Magnifique doublé fugue sur les mots In Gloria patris et Amen. A la fin, le thème du Gloria revient et est suivi de magnifiques vocalises du quatuor de solistes. De belles sonneries de trompettes donnent une fin triomphale au Gloria .

Le Credo, Vivace 4/4, débute avec fougue. Un mouvement très agité des violons soutient constamment les masses chorales. L’entrain du début se maintient jusqu’à l’Incarnatus est, Adagio en mi bémol majeur. Cet épisode est introduit par un merveilleux chant de la clarinette, relayé rapidement par la soprano solo qui dialogue avec un orchestre très discret où domine les violons. Le quatuor de solistes lui fait écho de la plus émouvante façon. Le Crucifixus est entonné par le choeur forte . Les solistes répondent par les mots passus est et sepultus est de façon poignante. Les clarinettes mettent un point final à ce splendide épisode. Le Resurrexit est une fois de plus dans le mode mineur qui se maintient sur les paroles Credo in unam sanctam catholicam ecclesiam. La grande fugue 6/8 chromatique sur Et vitam venturi, appartient à un genre cultivé par Haydn dans de nombreuses messes au même endroit mais avec ici un éclat particulier.

Après un Sanctus solennel et recueilli, adagio ¾, aux chromatismes évoquant certains mouvements lents de l’opus 76, le mouvement s’accélère sur les mots Hosannah in exelsis. Un Benedictus, allegro molto, guilleret fait suite, sa légèreté contraste avec la solennité de ce qui précède mais Haydn nous a habitué à sa conception joyeuse de la foi. La suite du Benedictus se complexifie avec un fugato. Le quatuor de solistes apporte sa contribution de façon efficace. Il y a un monde entre ce Benedictus décontracté et celui, sublime, de la messe précédente, preuve supplémentaire de la variété de l'inspiration de Haydn à la fin de sa carrière.

L’Agnus Dei, adagio ¾ en sol majeur, est très profond et recueilli comme d’habitude dans les messes de Haydn. Cette prière fervente est confié au quatuor de solistes. Le thème de l’Agnus Dei ressemble à celui de l’andante de sa symphonie n° 98 en si bémol majeur, tonalité de la presente messe. Le deuxième exposé sur les mots Agnus Dei est encore plus émouvant. Le Dona nobis pacem est introduit par une brillante sonnerie des trompettes. Il donne lieu à un magnifique fugato très symphonique qui fait office de développement où interviennent les bois de manière très expressive. Ainsi un dénouement de grande intensité clôt glorieusement le corpus imposant des quarorze messes de Joseph Haydn.

(1) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988, pp. 1427-31.
(2) Il écrira encore le 28 novembre 1802 une Marche Nationale Hongroise HobVIII.4. En 1803 Haydn écrira un quatuor à cordes en si bémol majeur (ou en ré mineur?) qui restera inachevé opus 103.



Dernière édition par Piero1809 le Mar 22 Jan - 11:59, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: HARMONIEMESSE (HobXXII.14)   Lun 3 Déc - 21:46

Cette messe est évidemment très enregistrée et on a le choix entre de magnifiques versions (Simon Rattle, George Guest, Nikolaus Harnoncourt...). J'ai sélectionné celle dirigée par Janos Ferencsik avec IlonaTokody soprano, Klara Takacs, contralto, Denes Gulyas Ténor, Jozsef Gregor Basse éditée par Hungaroton.
Cette version est à la fois puissante et recueillie et les solistes comme la chorale sont remarquables.
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MessageSujet: Re: HARMONIEMESSE (HobXXII.14)   Mar 22 Jan - 11:55

En complément du texte ci-dessus concernant la Harmoniemesse, on peut lire le document ci-dessous que je trouve très intéressant:

http://www.choranova.org/progNotes/2010-11.pdf

On y trouvera aussi des commentaires sur le Te Deum composé en 1800 et le madrigal The Storm (1792).
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MessageSujet: Re: HARMONIEMESSE (HobXXII.14)   Aujourd'hui à 22:43

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