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 Symphonies n° 1 en ré majeur et n° 2 en ut majeur

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Piero1809
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MessageSujet: Symphonies n° 1 en ré majeur et n° 2 en ut majeur   Lun 7 Déc - 22:41

La symphonie n° 1 en ré majeur n'est peut-être pas la première composée par Joseph Haydn. Bien d'autres symphonies parmi la vingtaine écrites avant 1761, date d'installation de Haydn à Eisenstadt, au service du Prince Eszterhazy, pourraient revendiquer ce privilège. Comme beaucoup de symphonies de cette époque, elle est en trois mouvements à la manière d'une ouverture d'opéra italien (1,2). Toutefois la dimension opératique me semble absente du contenu de l'oeuvre, bien plus autrichien qu'italien. En tout état de cause, cette symphonie constitue un magnifique portique pour entrer dans l'univers du compositeur. L'impressionnant crescendo qui ouvre le premier mouvement Presto 4/4 de l'oeuvre et aboutit à un fortissimo de tout l'orchestre, est peut-être unique dans toutes ses symphonies. Après un premier thème aussi brillant et extraverti, le second thème dans le mode mineur, comme c'est souvent le cas dans ces symphonies pre-Eisenstadt, est au contraire très discret. A la fin du développement les cors interviennent fortissimo et marquent le point culminant du morceau.

L'andante en sol inaugure une série de mouvements, nombreux dans les symphonies de "jeunesse", basés sur un rythme de marche lente. Ce remarquable mouvement est basé sur un thème unique débutant par l'accord parfait de sol majeur (re,si,sol,sol à l'octave). Ce motif sera répété constamment pendant tout le morceau dans des tonalités et des arrangements instrumentaux différents. Les cors et les hautbois fort actifs dans le premier mouvements se taisent ici et ce paisible mouvement acquiert une intimité qui le rapproche de la musique de chambre. Si le premier violons jouent le plus souvent la mélodie, on note de belles imitations entre premiers et seconds violons.

Le presto final 3/8 est remarquable par les appogiatures narquoises de son thème principal qui apportent une pointe d'humour typiquement "haydnienne" ainsi que les oppositions entre quatuor à cordes et tutti.

Cette symphonie comme la symphonie n° 3 (3) et ses voisines composées après 1757 et avant 1761 est très courte mais cet ensemble possède une diversité merveilleuse. Ainsi la symphonie n° 2 en ut majeur est radicalement différente et regarde encore vers le passé alors que la n° 1 était résolument "moderne". Le premier thème a une allure presque "vivaldienne" (4) et cet aspect est encore plus marqué dans le développement. Comme dans la symphonie précédente, le second thème, dans le mode mineur, apporte une touche de mélancolie.

L'andante qui suit écrit pour les cordes seules ressemble au mouvement lent de la symphonie précédente mais lui est supérieur par ses émouvantes incursions dans le mode mineur et la poésie qui l'imprègne. Le premier violon joue constamment une mélodie très ornementée, sobrement accompagné par les croches isolées des autres cordes.

Le finale Presto ¾ est un rondo. Le refrain est en soi un minuscule morceau de sonate, le premier couplet aux cordes seules est plutôt méditatif, le second couplet démarre de manière insouciante mais oblique rapidement vers les tons mineurs. Le dernier retour du refrain aboutit à une conclusion vigoureusement scandée par les cors.

(1) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988, pp. 819-30.
(2) On peut lire un très intéressant commentaire sur les symphonies pre-Eisenstadt de Haydn, assorti d'une lettre imaginaire envoyée par Joseph Haydn à Porpora.
http://www.passee-des-arts.com/3-categorie-10819980.html
(3) http://haydn.aforumfree.com/les-symphonies-f1/symphonie-n-3-en-sol-majeur-t229.htm
(4) Antonio Vivaldi (1678-1741) mourut à Vienne dans l'indigence. "Six petits chanteurs accompagnèrent ses funérailles parmi lesquels on imagine volontiers le petit Joseph Haydn agé de neuf ans" (1).
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Symphonies n° 1 en ré majeur et n° 2 en ut majeur   Mar 20 Jan - 1:13

In Memoriam. Un très bel enregistrement de la symphonie n° 2 de Joseph Haydn par le regretté Christopher Hogwood et The Academy of Ancient Music.

Malgré les positions prises par les musicologues Anthony Hodgson et Howard Chandler Robbins Landon, préconisant l'utilisation du continuo (clavecin) dans les symphonies pré-Eisenstadt de Joseph Haydn, Christopher Hogwood n'utilise pas un clavecin. A l'auditeur de juger. Pour ma part je trouve que le clavecin apporte un réel plus dans l'andante de la symphonie n° 2 au moins.


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Haydn
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MessageSujet: Re: Symphonies n° 1 en ré majeur et n° 2 en ut majeur   Ven 23 Jan - 19:32

J'aime mieux sans clavecin, j'ai toujours trouvé le clavecin en continuo un brin pollueur dans les symphonies de Haydn.
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MessageSujet: Re: Symphonies n° 1 en ré majeur et n° 2 en ut majeur   Aujourd'hui à 8:42

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