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 LE NOZZE DI FIGARO

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Emmanuelle



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MessageSujet: LE NOZZE DI FIGARO   Lun 25 Juil - 1:49

La thèse de Dexter Edge, musicologue américain réputé, sur les copistes Viennois à l'époque de Mozart (environ 2400 pages en anglais !) a été mise en ligne sur son blog.

Mozart’s Viennese Copyists Ph.D. dissertation, University of Southern California (2001).

Elle a son intérêt pour les amateurs de Haydn, car dans les partitions d'orchestre analysées comme sources de l'opéra et de ses multiples remaniements se trouve la copie établie pour Esterhaza avant 1789. Voir p. 1527 et suivantes.
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Piero1809
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MessageSujet: Re: LE NOZZE DI FIGARO   Mar 23 Aoû - 10:05

Emmanuelle a écrit:
La thèse de Dexter Edge, musicologue américain réputé, sur les copistes Viennois à l'époque de Mozart (environ 2400 pages en anglais !) a été mise en ligne sur son blog.

Mozart’s Viennese Copyists Ph.D. dissertation, University of Southern California (2001).

Elle a son intérêt pour les amateurs de Haydn, car dans les partitions d'orchestre analysées comme sources de l'opéra et de ses multiples remaniements se trouve la copie établie pour Esterhaza avant 1789. Voir p. 1527 et suivantes.
Merci Emmanuelle pour cette référence précieuse.

Quand je clique sur le lien que vous indiquez, je tombe sur Google, est-ce normal?
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Emmanuelle



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MessageSujet: Re: LE NOZZE DI FIGARO   Mar 23 Aoû - 11:19

Piero1809 a écrit:
Emmanuelle a écrit:
La thèse de Dexter Edge, musicologue américain réputé, sur les copistes Viennois à l'époque de Mozart (environ 2400 pages en anglais !) a été mise en ligne sur son blog.

Mozart’s Viennese Copyists Ph.D. dissertation, University of Southern California (2001).

Elle a son intérêt pour les amateurs de Haydn, car dans les partitions d'orchestre analysées comme sources de l'opéra et de ses multiples remaniements se trouve la copie établie pour Esterhaza avant 1789. Voir p. 1527 et suivantes.
Merci Emmanuelle pour cette référence précieuse.

Quand je clique sur le lien que vous indiquez, je tombe sur Google, est-ce normal?

Oui, car Edge a mis son fichier PDF dans un espace de stockage Google... Il suffit de cliquer sur "Download (95 MB)". Pas de pb avec le fichier...
(Mon antivirus n'a pas pu le scanner avant téléchargement ["Sorry, we are unable to scan this file for viruses. The file exceeds the maximum size that we scan"], mais après il m'a bien certifié qu'il n'y avait pas de pb). Par contre la thèse est en mode image, ce qui veut dire qu'on ne peut pas faire de recherche plein texte dedans...Table des matières entre les PDF 8 et 38.
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Piero1809
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MessageSujet: Re: LE NOZZE DI FIGARO   Lun 19 Sep - 11:42

Merci beaucoup Emmanuelle.
J'ai téléchargé la thèse. Un monument et une mine d'informations sur Mozart et son époque.
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Piero1809
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MessageSujet: Re: LE NOZZE DI FIGARO   Lun 13 Fév - 22:59

Je résume ici le passage de la thèse de Dexter Edge consacrée aux Noces de Figaro de Wolfgang Mozart et y ajoute quelques considérations personnelles (en bleu).

Une exécution des Noces de Figaro de Mozart était prévue à Eszterhàza en 1790. Joseph Haydn avait en effet assisté à une représentation de cet opéra à Vienne le 1er février 1790 et, dans un élan d'enthousiasme dont il rend compte dans une lettre fameuse écrite à Maria Anna von Genzinger et datée du 9 février 1790, aurait envisagé de le monter à Eszterhaza.
Selon Marc Vignal, Le Nozze di Figaro furent probablement représentées en août ou début septembre 1790 en même temps que deux autres opéras: Giannina et Bernardone de Domenico Cimarosa et Axur Re d'Ormus d'Antonio Salieri.

Une partition correspondant aux actes III et IV des Noces de Figaro existait en effet dans les archives Eszterhazy et est conservée maintenant à Budapest. Cette partition a été achetée par Nunziato Porta, librettiste attitré de l'opéra d'eszterhàza, comme en témoigne une facture signée de la main de Joseph Haydn. Par une extraordinaire coïncidence, ce document signé de Haydn et ayant trait notamment aux Noces de Figaro de Mozart porte comme date celle de la prise de la Bastille.

Ce qui suit a été acheté par moi sur ordre écrit du Kapellmeister Haydn pour le théâtre princier:
Partition Le Nozze di Figaro 30 Fl.
Partition Pittor Parigino 30 Fl.
etc......
Josephus Haydn mpria
Eisenstadt, 14 jullet 1789"(1,2)


On sait aussi que Johann Schellinger, copiste de l'opéra d'Eszterhàza, se mit rapidement à l'oeuvre et entreprit de copier les parties vocales et les parties instrumentales.

Denes Bartha et Lazlo Somfai ont étudié ces partitions et ont constaté qu'elles ne portent aucun trace de l'intervention de Joseph Haydn, directeur musical de l'opéra d'Eszterhàza. Au cours leur étude magistrale de cette activité de Haydn, ils eurent entre leurs mains beaucoup de matériels d'exécution des nombreux opéras italiens que Haydn montait et dirigeait et ils constatèrent que ces partitions avaient presque toutes fait l'objet d'une profonde révision se traduisant par des coupures, des substitutions et de très nombreuses annotations. Comme la partition des Noces de Figaro ne contenait aucune trace d'intervention de la part de Haydn, ces auteurs aboutissent à l'importante conclusion que Les Noces de Figaro n'ont finalement pas été représentées à Eszterhàza.Parmi les raisons invoquées, on peut imaginer: la longueur de l'opéra, la difficulté de certaines parties (les ensembles en particulier), l'importance du rôle des clarinettes alors qu'il n'y avait pas de clarinettiste attitré dans l'orchestre d'Eszterhazà et bien sûr le décès brutal de Nicolas le Magnifique.

Par contre comme il existe deux airs d'insertion remarquables, de la main de Haydn pour Giannina et Bernardone, on peut raisonnablement penser que cet opéra larmoyant (quasi naturaliste) très intéressant de Domenico Cimarosa a lui été représenté fin août ou début septembre 1790. (3,4)

(1) (Ce document est issu de: Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988, pp.312.
(2) Dexter Edge, PhD Thesis, University of Southern California, 2001.
(3) http://haydn.aforumfree.com/t286-airs-d-insertion-hobxxivb (post du 28 avril)
(4) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988, pp. 322-3.
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Piero1809
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MessageSujet: Re: LE NOZZE DI FIGARO   Mar 12 Juin - 19:18

La conclusion des considérations précédentes est qu'en toute probabilité Les Noces de Figaro de Wolfgang Mozart ne furent pas représentées à Eszterhàza.
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Piero1809
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MessageSujet: Re: LE NOZZE DI FIGARO   Lun 23 Juil - 14:07

Le Nozze di Figaro, nouvelle production, Aix en Provence (juillet 2012)
Version remaniée d'un compte rendu paru dans un autre forum.

Les Noces de Figaro est à mon humble avis l’opéra italien le plus parfait de Wolfgang Mozart. Une inspiration éblouissante règne dans les Noces de la première à la dernière mesure. De plus, la plus belle des musique est au service d’une action dramatique sans faille. On ne peut en dire autant de Don Giovanni où le passage de l’acte II compris entre le genial septuor (scène VII) et le grand finale (scène XIII et sequentes) a posé un problème insoluble au compositeur. Le cas de Cosi fan tutte est différent. Après un premier acte fulgurant, l’acte II subit un ralentissement fâcheux de l’action dramatique avec en son milieu une monotone succession d’arias (sublimes au plan musical, il va sans dire), véritable retour en arrière dans l’évolution du dramma giocoso.
Il est avéré que Joseph Haydn assista au debut de l’année 1790 à au moins une représentation des Noces de Figaro (1).

La mise en scène. La production nouvelle d’Aix en Provence (juillet 2012), rend excellemment justice au plus bel opéra de Mozart. On pourra toujours critiquer le bien fondé de la transposition de l’action dans le cabinet d’un grand avocat d’affaires de notre temps du fait d’inévitables distorsions avec le livret. On ne peut nier toutefois que le metteur en scène (Richard Brunel) a réussi à donner une vision d’ensemble de l’oeuvre audacieuse et pourtant cohérente. Les décors (Chantal Thomas) sont harmonieux et les enchainements de tableaux hábiles, les costumes (Axel Aust) seyants. La direction d’acteurs était remarquable.

L’interprétation. Bien sûr on n’a pas pour chaque rôle l’interprète idéal mais à mon avis le niveau d’ensemble m’a paru très élevé avec un Figaro (Kyle Ketelsen) enthousiasmant, un comte (Paolo Szot) excellent acteur et chanteur, certes plus brutal que le gentilhomme qu’il est censé être dans le livret. Patricia Petitbon m’a paru en pleine forme aux plans dramatique et musical incarnant une Suzanne renouvelée. La comtesse (Malin Biström) a donné une interprétation vibrante de ses deux grands airs Porgi amor et Dove sono. Kate Lindsey (Cherubino) a correctement chanté ses airs célébrissimes mais a été desservie par un problème orchestral dont je parlerai plus loin. Remarquable Bartolo (Mario Luperi) et très bonne Anna Maria Panzarella (Marcellina). Enfin Barberina (Mari Eriksmoen) était très émouvante dans sa cavatine au debut de l’acte IV.

Quelques moments d’anthologie: tous les ensembles si importants et novateurs dans cette oeuvre (finales d’actes II et IV de 20 minutes) (2) et notamment la fin Perdona, perdona, instant vraiment bouleversant de l’oeuvre, à l’acte II les gracieuses scènes où figurent Suzanne, la comtesse et Cherubino, d’un érotisme de bon aloi, à l’acte III le fameux Fandango débarrassé de la poussière de lectures trop sages et bien d’autres scènes encore…

Bonne direction musicale de Jérémie Rhorer. Malheureusement le son de l’orchestre, composé d’instruments anciens, il va sans dire, ne m’a pas paru harmonieux. En règle générale les cordes étaient en dehors et les vents en retrait. Cela fut dommageable dans les airs et particulièrement dans ceux de Cherubino: dans le fameux Voi che sapete, le rôle des clarinettes est très important et on les entendait très mal. Cela est d’autant plus curieux que le nombre modeste de violons devrait permettre aux bois et aux cors de ressortir. Peut-être s’agit-il d’un problème de prise de son dans la retransmission d’Arte.

Comme on l’a dit plusieurs fois, le rôle de la critique dans un spectacle retransmis ne peut être que limité. J’ai passé une excellente soirée!


(1) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988.
(2) A noter que Giovanni Paisiello avait déjà innové dans ce sens dans son Re Teodoro in Venezia (1784) (3). On ne saurait trop insister sur l’influence du compositeur napolitain sur Mozart. Des pans entiers des Noces sont aussi visiblement inspirés du Barbiere di Seviglia (1782).
(3) http://haydn.aforumfree.com/t138-il-re-teodoro-in-venezia-de-paisiello#594
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MessageSujet: Re: LE NOZZE DI FIGARO   Mar 24 Oct - 17:50

Le Nozze di Figaro, opera buffa en quatre actes (K 492)
Wolfgang Mozart
Lorenzo da Ponte, livret d'après le Mariage de Figaro ou bien La folle journée de Pierre-Caron Augustin de Beaumarchais

Patrick Davin, Direction Musicale
Ludovic Lagarde, Mise en scène
Antoine Vasseur, Décors
Marie La Rocca, Costumes
Cécile Kretschmar, Maquillage et coiffure
Sébastien Michaud, Eclairages
Christian LonLgchamp, Dramaturgie

Davide Luciano, Le comte
Andreas Wolf, Figaro
Lauryna Bendziunaite, Susanna
Vannina Santoni, La comtesse Almaviva
Catherine Trottmann, Cherubino
Arnaud Richard, Bartolo,
Marie-Ange Todorovitch, Marcellina
Gilles Ragon, Don Basilio
François Almuzara, Don Curzio
Anaïs Ivoz, Barberina
Dominique Burns, Antonio
Fan Xie, Dominique Petit, Deux jeunes filles.

Choeur de l'Opéra National du Rhin (Direction Sandrine Abello)
Orchestre Symphonique de Mulhouse

Opéra du Rhin 21 octobre 2017

Des trois opéras écrits en collaboration avec Da Ponte, Le Nozze di Figaro est le plus parfait à mon humble avis. Don Giovanni est évidemment plus intense au plan dramatique et est plus audacieux aux plans harmonique et orchestral mais souffre peut-être d'une petite baisse de régime au milieu de l'acte II, notamment dans la version de Vienne où deux pièces rapportées ralentissent le déroulement de l'action. Après un premier acte absolument fabuleux au plan scénique, le deuxième acte de Cosi fan tutte languit un peu du fait d'airs un peu trop nombreux au détriment des ensembles. Rien de tel dans les Nozze : l'équilibre entre airs et ensembles est subtilement dosé, une parfaite unité stylistique y règne de bout en bout et les quatre actes délivrent une progression dramatique continue débouchant sur un finale magistral. Des trois Da Ponte, c'est peut-être aussi celui qui aura la postérité la plus évidente. A l'écoute du Falstaff de Salieri créé en 1799, on mesure ce que cette brillante comédie doit aux Nozze di Figaro et on réalise qu'il s'agit bien d'un hommage du maître vénitien à son contemporain récemment décédé. Un siècle plus tard, Richard Strauss se souviendra des Nozze di Figaro dont de nombreux échos  parsèment la partition de Der Rosenkavalier ; en outre il va créer Octavian, un personnage si proche de Cherubino. S'il fallait citer une seule scène illustrant la perfection des Nozze di Figaro, je choisirais sans hésiter le duetto de Susanna et la comtesse, Sul aria..., quintessence du génie mozartien.

Ludovic Lagarde explique dans un entretien sa fascination pour les défilés de mode avec leur mélange de violence et d'élégance. C'est dans cet univers, pétri de traditions, qu'il place l'action de l'opéra. Le château des Almaviva est devenu une entreprise de mode. Le comte soumet le personnel féminin à un harcèlement en règle en dépit des lois interdisant cet abus de pouvoir. C'est un glouton plus qu'un séducteur, les ouvrières et les top model de son entreprise ne lui suffisant pas, Barberina et Susanna doivent subir ses assauts galants. Ce scenario imaginé il y a un an, est aujourd'hui d'une actualité brûlante avec l'affaire des studios d'Holywood. Rien de nouveau sous le soleil, cette transposition a d'autant plus de sens que la mode était très en vogue à Vienne en cette fin de siècle comme en témoigne le succès du Journal des Luxus und der Moden fondé à Weimar en 1786. Le décor d'Antoine Vasseur s'ingénie à marquer cette intemporalité du thème par sa nudité sans austérité. Des panneaux aux surfaces planes ou courbes, mis en valeur par les doux éclairages de Sébastien Michaud, se superposent, s'entremèlent et offrent ainsi des recoins ou cachettes bien propices aux ébats des protagonistes et aux rendez-vous galants. Les beaux costumes imaginés par Marie La Rocca sont aussi intemporels avec toutefois une vague allure dix huitième siècle. Susanna porte une robe blanche lumineuse, prélude au mariage qu'elle appelle de ses vœux, la comtesse revêt un déshabillé vaporeux et suggestif  aux brillantes couleurs dans les deux premiers actes puis noir dans les deux derniers comme si elle portait le deuil, celui de ses illusions peut-être. Très belle direction d'acteurs tout au long de l'opéra et notamment dans la géniale scène où Susanna et la comtesse habillent Cherubino, scène très travaillée, d'une sensualité de bon aloi, bien éloignée des débordements presque vulgaires de certaines mises en scène récentes.

La partition du personnage de Susanna ne convient pas à un soprano léger car elle contient des graves soutenus notamment dans l'air fameux de l'acte IV, Deh, vieni, non tardar..., Lauryna Bendzunaïte m'a paru idéale pour ce rôle avec une voix homogène dans toute l'étendue de sa tessiture, un timbre chaleureux et un engagement de tous les instants. Après une entrée sur scène un peu incertaine de Vannina Santoni dans le rôle de la comtesse Almaviva, l'intonation est très vite maitrisée et la belle soprano, en nous gratifiant d'un merveilleux Dove sono..., a composé un personnage un peu mélancolique et très séduisant. Catherine Trottmann a endossé le rôle de Cherubino avec un talent fou, jouant à merveille sur l'androgynie du personnage et nous gratifiant d'un superbe Voi che sapete. Davide Luciano est pour moi une grande découverte avec sa voix d'une projection insolente, il a donné au personnage du comte Almaviva un côté plus emporté et vindicatif que de coutume mais tout à fait crédible. Avec Andreas Wolf, très bien connu par les amateurs de musique baroque, pas de surprises, c'est décidément un remarquable Figaro. Les graves m'ont semblé manquer un peu de puissance mais le medium et l'aigu sont admirables notamment dans  Non piu andrai... magistral! Barbarina a un petit rôle mais essentiel et Anaïs Yvoz dans son air en fa mineur, presque désespéré, s'est avérée très touchante. Au brillant avenir promis au jeune aristocrate Cherubino, s'oppose celui bien plus incertain de la petite paysannne qui a perdu, on ne sait trop quoi, une épingle, ou autre chose? Marie-Ange Todorovitch qu'on avait entendue à Strasbourg dans le répertoire contemporain avec Quai Ouest, connait très bien Le nozze car elle avait joué le rôle de Cherubino à Glyndenbourne. La mezzo a mis sa belle voix au service de Marcellina, un rôle essentiel dans le développement de l'intrigue. Ce personnage ainsi que ceux de Bartolo (Arnaud Richard), de don Basilio (Gilles Ragon), de Don Curzio (François Almuzara) interviennent très efficacement dans les nombreux ensembles de la partition. Mention spéciale à Gilles Ragon (Don Basilio) dans un amusant rôle travesti. Dominic Burns a campé d'une voix tonitruante un personnage haut en couleurs, celui d'Antonio, jardinier du château.

L'orchestre de Mulhouse a réalisé une performance remarquable. J'ai été frappé par sa puissance sonore notamment dans les deux marches militaires des premiers et troisièmes actes. Toutefois les musiciens n'étaient jamais couverts dans les arias ou les ensembles. Patrick Davin accorde une grande importance à ces derniers, faire chanter et s'exprimer six personnages à la fois est un avantage de l'opéra sur le théâtre à condition qu'aucun personnage ne tente de prendre le dessus. Objectif pleinement réussi car ces ensembles étaient exceptionnellement lisibles.  

Ce texte est une version abrégée d'un compte rendu publié dans: http://www.odb-opera.com/viewtopic.php?f=6&t=19443
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