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 Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)

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Euclide-Orphée

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MessageSujet: Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)   Mar 8 Aoû - 16:09

Hier soir je parcourais le Dictionnaire de la Musique (édition 2011), édité par Larousse et supervisé par Marc Vignal à la recherche d'informations complémentaires sur J.B Krumpholz (compositeur dont je n'ai pas trouvé de rubrique lui étant dédiée ici, peut être me trompe-je ?).

Voici dans un premier temps sa courte biographie (assez pour que je la copie ici) tirée de sa page Wikipédia :
Jean-Baptiste Krumpholtz (en tchèque Jan Křtitel Krumpholtz), né à Budenice (près de Zlonice en Bohême) le 8 mai 1742, mort à Paris le 19 février 1790 est un harpiste et compositeur tchèque.

Fils d'un chef de fanfare de Prague, il grandit à Paris où il étudie la musique auprès de son père, puis il étudia la harpe à Vienne. Après divers voyages en Europe, il fut recommandé à Haydn et prit le pupitre de harpe solo dans l'orchestre Esterházy. Grand virtuose, il inventa de nombreux perfectionnements et ses travaux conduisirent plus tard Sébastien Érard à construire le prototype de la harpe à double action, base de l'instrument moderne. Franc-maçon initié à Paris à la loge Saint-Jean d'Écosse.

Les œuvres de Krumpholtz sont toujours au répertoire des harpistes.

Krumpholtz se suicida le 19 février 1790, en se jetant dans la Seine, après avoir été abandonné par sa femme Anne-Marie Steckler (1766-v. 1824), harpiste comme lui.

Son frère cadet Wenzel Krumpholz (1750–1817), violoniste chez le prince Esterházy et compositeur de pièces pour violon, fut l'ami et l'un des premiers à soutenir Beethoven.

Source : Wikipédia (je ne peux donner le lien exact).

Je connaissais Krumpholtz pour ses oeuvres (concerti essentiellement) mais ce lien avec Haydn m'a intrigué, le dictionnaire susnommé précise :

Krumpholtz, famille de musiciens tchèques.
Johann Baptist (Jan Křtitel), compositeur, harpiste et facteur d'instruments (Budenice 1742 - Paris 1790)
Protégé par le comte Kinsky, il étudia le cor avant de se tourner vers la harpe. Après plusieurs tournées en Europe, il fut membre de la chapelle du prince Esterházy à Esterháza (1773-1776) et y reçut des leçons de composition de Haydn. De là, il se rendit à Metz, où il y travailla six mois dans l'atelier du facteur d'instruments Christien Steckler (donc il devait plus tard épouser la fille), puis à Paris (février 1777), où il fit paraître ses cinq concertos pour harpe op. 4, 6 et 7, partiellement composés sous la tutelle de Haydn. Il fut le plus grand harpiste de son temps, songea, le premier, à employer les harmoniques et les homophones et aida de ses conseils et de ses idées les facteurs d'instruments Nadermann et Érard . Les infidélités de sa femme, également virtuose de la harpe, le poussèrent au suicide : il se jeta dans la Seine du haut du Pont-Neuf.


Le concerti de Krumpholtz forment une musique extrêmement mélodieuse, d'une grande pureté lyrique (très "opératique" d'une certaine manière), et avec une grande élégance. La harpe est un instrument très fin et délicat, bien plus doux encore que le pianoforte. A l'écoute d'un tel son on peut se demander pourquoi l'instrument fut si peu utilisé à l'époque alors qu'il s'intègre si bien à l'esthétique classique (je crois que Dussek a écrit des concerti pour harpe (Dittersdorf aussi peut être), mais ce n'est pas quelque chose de très commun, Mozrat s'y adonne une fois pour une occasion spécifique).
Harmoniquement ce n'est pas très recherché, il reste simple, sans sortir de l'usage de son époque, avec un phrasé typique (ça m'évoque beaucoup l'école de Mannheim à vrai dire, Stamitz en particulier), mais le tout est diablement efficace, d'une grande tendresse. Les qualités mélodiques sont indéniables, avec des pépites dans les mouvements lents. Une musique plutôt simple mais parfaitement construite et parfaitement menée, qui ne ménage pas l'agilité du harpiste pour autant.

Les harpistes semblent l'apprécier (à juste titre), ses oeuvres sont donc enregistrées, on les trouve sur le net (de manière générale les mouvements lents beaucoup plus recherchés et d'une très grande beauté). Faute de pouvoir les partager directement je me contenterais de recommander le concerto en fa majeur op 9-6 (magnifique romance) ainsi que le concerto en si bémol op 7-5 (l'Andante con variatione notamment). La qualité de ses oeuvres est assez égale cela dit, on trouve une série de concerti enregistrés par la même harpiste (Jana Boušková), idéalement il faudrait tout écouter.

Je n'ai pas lu l'intégralité du livre de Marc Vignal sur Haydn, il est dur de se remémorer l'intégralité de ce qu'on ingère par ailleurs. Le passage de Krumpholtz à Esterháza est-il évoqué ? Ses leçons avec Haydn ? Les concerti pour harpes écrits "partiellement sous sa tutelle" ? Marc Vignal a supervisé le dictionnaire de la musique, en tant que notre grand expert sur Haydn il doit savoir de quoi il parle, sans doute a-t-il des sources.
Appréciez-vous ce compositeur ? Percevez-vous l'influence de Haydn ?
À l'aveugle Haydn n'est certes pas la premier point de comparaison qui me serait venu.

PS : Je m'excuse de la présentation, il ne m'est pas possible en l'état de poster des liens externes.

À bon entendeur.


Dernière édition par Euclide-Orphée le Mer 9 Aoû - 11:52, édité 2 fois
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)   Mar 8 Aoû - 21:24

Merci pour cette présentation.
J'avoue que je ne connaissais pas la musique de Krumpholtz. Je vais donc écouter ses concertos pour harpe.
Ayant lu et relu Marc Vignal, je n'ai pas remarqué d'allusions à JB Krumpholtz.
Il semble assez cocasse que Haydn ait guidé Krumpholtz dans la composition de ses concertos pour harpe alors que l'on ne connait aucune oeuvre pour harpe
de lui mis à part les très belles parties de harpe pour l'opéra l'Anima del Filosofo composées en 1791 soit après la mort du compositeur bohémien.
On en reparlera certainement quand je serai plus informé!
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Joachim

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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)   Jeu 10 Aoû - 10:46

Euclide-Orphée a écrit:
Je n'ai pas lu l'intégralité du livre de Marc Vignal sur Haydn, il est dur de se remémorer l'intégralité de ce qu'on ingère par ailleurs. Le passage de Krumpholtz à Esterháza est-il évoqué ? Ses leçons avec Haydn ? Les concerti pour harpes écrits "partiellement sous sa tutelle" ? Marc Vignal a supervisé le dictionnaire de la musique, en tant que notre grand expert sur Haydn il doit savoir de quoi il parle, sans doute a-t-il des sources.

Marc Vignal en parle pages 166-167 dans sa biographie. Krumpholtz a été engagé comme harpe solo dans la chapelle Esterhazy le 1er août 1773 et y est resté jusqu'en février 1776, puis est parti à Metz, avant de se rendre à Paris (où, page 193, Vignal nous dit que Haydn y était déjà très connu).

Ceci est confirmé dans le Dictionnaire biographique des musiciens (le "Baker-Slonimsky") et aussi dans la biographie universelle des musiciens de François-Joseph Fétis.

Comme le catalogue de ses oeuvres n'est pas très fourni (19 opus), j'en fais un copié-collé de mon forum

op 1  : 6 Sonates pour harpe et violon (1775)
op 2 : 12 Préludes et petits airs pour harpe (1776)
op 3 : Sonates en quatuor pour harpe, violon, contrebasse et 2 cors (1776)
op 4 : 2 concertos pour harpe et orchestre : n° 1 en mi bémol, n° 2 en si bémol (1772)
op 5 : 2 symphonies concertantes pour harpe : n° 1 en fa, n° 2 en si bémol (1777)
op 5 : 2 Duos pour 2 harpes (1777)
op 6 : 2 concertos pour harpe et orchestre : n° 3 en mi, n° 4 en ré (1777)
op 7 : Concerto pour harpe et orchestre n° 5 en si bémol majeur (1778)
op 7 : 2 Duos pour harpe et pianoforte (arrangement de sonates par Guillaume Gatayes)
op 8 : 6 Sonates pour flûte ou violon et harpe (1780)
op 9 : Concerto pour harpe et orchestre n° 6 en fa majeur (1785)
op 10/1 : Petits airs variés pour harpe (dont variations sur un air de Mozart) (1787)
op 10/2 : Sonate pour harpe (1787)
op 10/3 : Duo pour 2 harpes (1787)
op 11 : 2 symphonies concertantes pour harpe n° 3 en fa, n° 4 en sol (1787)
op 12 : 4 Sonates non difficiles pour flûte ou violon et harpe (1787)
op 13 : 4 sonates pour harpe : si bémol, mi bémol, ut, sol majeur (1787)
op 14 : 2 sonates pour harpe : mi bémol majeur, ut mineur (1788)
op 15 : 4 Sonates "en forme de scènes de différents caractères" pour harpe ou piano et violon. (1788)
op 16 : 4 Sonates chantantes pour harpe, violon et basse (1788)
op 17 : 3 Sonates pour harpe et violon (1789)
op 18 : 2 Sonates en forme de scènes de différents caractères pour harpe ou piano et violon (1789)
op 19 : Andante pour harpe et violon (d'après l'andante de la symphonie  n° 53 de Haydn) (1789)

Sonate pour harpe en si majeur
Andante varié
Arias pour voix, violon et harpe
Concerto pour piano et orchestre (1789)


Je possède l'enregistrement des 6 concertos pour harpe par Jana Bouskova et l'orchestre symphonique de Prague dirigé par Jiri Balohlavek (en 2 CD Clarton), ainsi que les 4 symphonies concertantes pour harpe et orchestre opus 5 et 11, par Hana Müllerova et l'orchestre philharmonique de Prague dirigé par Jaroslav Krcek (CD Clarton), des sonates pour harpe et violon (CD Hungaroton), et aussi des sonates éparses pour harpe solo dans des compilations.

C'est dire à quel point j'apprécie ce compositeur Very Happy


Pour ce qui est de la question posée par Euclide-Orphée sur l'influence de Haydn sur la musique de Krumpholtz, je viens d'écouter à la suite le premier de ses concertos (op 4 n° 1, 1772) et le sixième (op 9, 1785), et je n'y vois pas d'influence de Haydn, ni d'ailleurs d'un autre compositeur : Krumpholtz semble avoir un style personnel. A peine sent-on une petite influence de la musique française dans le sixième, en ce sens que le compositeur a dû écouter des symphonies concertantes dont les français étaient friands à l'époque.
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)   Jeu 10 Aoû - 21:19

Merci beaucoup Joachim pour cette mise au point. Cette mention de la présence de Krumpholtz à Eszterhàza de 1773 à 1776 m'avait échappé.

J'écoute maintenant le concerto n° 6 pour harpe en fa opus 9 qui date de 1785 soit dix ans après le séjour du harpiste chez Haydn.
Je suis bien d'accord avec toi Joachim: peu de ressemblances avec Haydn, et un style très personnel basé sur la beauté mélodique même si on pourrait y détecter quelques influences du jeune Mozart. Le tissu musical est assez lâche: pas de polyphonie, des harmonies assez standard sans modulations marquantes mais un superbe second thème très lyrique dans le premier mouvement. Le second mouvement en fa mineur est une ariette mélancolique avec des touches préromantiques et une allure française. Le rondo final termine l'oeuvre dans un esprit voisin de celui du premier mouvement. L'intermède central navigue volontiers dans les tonalités mineures. Bref voilà une oeuvre très agréable qui enrichit notablement le répertoire de la harpe.
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Euclide-Orphée

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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)   Ven 11 Aoû - 0:28

Merci beaucoup pour cette référence Joachim, les pages en question sont très intéressantes.

Ce témoignage de Krumpholtz fait à nouveau honneur à Haydn comme professeur, il n'y a bien que Beethoven pour être en tension perpétuelle avec un homme aussi gentil.

Musicalement je vous rejoins dans l'absence d'influence perceptible de Haydn dans la musique de Krumpholtz ce qui n'enlève rien à son charme intrinsèque.

Il n'est pas si étonnant de voir Haydn corriger l'écriture d'un concerto pour harpe dans la mesure où Haydn était capable de faire sonner n'importe quel instrument et que son apport était vraisemblablement surtout axé sur l'orchestration (et un peu l'harmonie). Par ailleurs l'écriture pour harpe est, à l'époque, parfaitement comparable à une écriture relativement simple pour pianoforte (avec beaucoup de basse d'Alberti).
On pourrait aisément interpréter les concerti pour harpe au piano ou inversement. J'ai récemment pu entendre sur Youtube une interprétation du concerto pour piano en Ré majeur de Haydn à la harpe (orchestre de chambre de vienne, dirigé par Jurek Dybał, Xavier de Maistre à la harpe) : cela ne choque nullement (sauf peut être dans le rondo final où l'instrument souffre sans doute d'un déficit de dynamisme).

Ce qui est surprenant c'est qu'Haydn ait fait embaucher un harpiste virtuose sans n'avoir jamais rien écrit pour lui spécifiquement. Haydn aimait pourtant mettre en avant ses talentueux musiciens, il aurait très bien pu écrire un concerto, des sonates, introduire la harpe dans une symphonie ou quelque chose de ce type.
Aurait-on perdu des oeuvres ? Krumpholtz a-t-il interpréter des arrangements, sachant qu'à l'époque on s'accommode très facilement des disponibilités du moment ?

Pour un point de comparaison de l'utilisation de la harpe à la période classique il peut être intéressant de regarder du côté de Dittersdorf (concerto pour harpe en la majeur qui est beaucoup plus caractériel, il faut dire que Dittersdorf est un grand orchestrateur), Jan Ladislav Dussek (qui a, entre autre, écrit des étonnants duo pour pianoforte et harpe, il a même écrit une pièce pour piano, harpe et 2 cors, une configuration pour le moins extravagante), sa femme, Sophia Dussek (très belle sonate en ut mineur notamment) et Boieldieu (même si lui déborde probablement un peu sur le romantisme).
Trouvez-vous que la harpe ait été un instrument historiquement exploité à sa juste valeur ?
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)   Ven 11 Aoû - 10:06

Euclide-Orphée a écrit:

Ce qui est surprenant c'est qu'Haydn ait fait embaucher un harpiste virtuose sans n'avoir jamais rien écrit pour lui spécifiquement. Haydn aimait pourtant mettre en avant ses talentueux musiciens, il aurait très bien pu écrire un concerto, des sonates, introduire la harpe dans une symphonie ou quelque chose de ce type.
Aurait-on perdu des oeuvres ? Krumpholtz a-t-il interpréter des arrangements, sachant qu'à l'époque on s'accommode très facilement des disponibilités du moment ?

L'absence d'oeuvre pour la harpe composée par Haydn entre 1773 et 1776 reflète peut-être le tact de Haydn qui, sachant que Krumholtz composait pour la harpe, ne voulait pas faire de l'ombre à son élève.

Comme le théorbe, le clavecin et le violone (basse d'archet), la harpe a fait partie du continuo dans l'orchestre baroque. Elle disparait ensuite de l'orchestre et les compositeurs classiques ne l'utilisent pratiquement plus dans l'orchestre symphonique et dans l'opéra sauf quand il s'agit d'illustrer le mythe d'Orphée. C'est dommage car la harpe se marie parfaitement avec les cordes. Au milieu du 19ème siècle les compositeurs l'utilisent avec prodigalité notamment Wagner dans Tristan. Il faut deux harpes à Richard Strauss dans Salomé. Mahler innove en donnant à la harpe un rôle percussif notamment dans le Chant de la Terre. C'est la harpe qui figure la pluie de diamants qui apparait lors de l'ouverture d'une des sept portes dans Ariane et Barbe Bleue de Paul Dukas.
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Benoît

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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)   Sam 12 Aoû - 1:37

La harpe est un instrument  que j' aime beaucoup depuis mon plus jeune âge , car à 5 ans j' exprimais le souhait d' apprendre à  jouer de la harpe ( puis dissuadé...) et J.K. Krumpholz  en est ,avec Dussek, l' un des compositeurs importants à la période classique; on peut trouver en effet Dittersdorf,  Wagenseil, Albrechtsberger, Paisiello comme autres compositeurs mais leur composition pour la harpe reste souvent unique; il y a Francesco Petrini que , personnellement ,je  ne connais pas ( allô Joachim ? )

Par contre, j' ai ou connais les CDs de  J.K. Krumpholz  cités par Joachim et j' aime les écouter pour me détendre; cela fleure bon la fin de l' Ancien Régime, très " Marie Antoinette ", avec un charme mélodique indéniable, une joliesse de bon aloi et de bon goût ; mais je ne décèle en rien une quelconque influence de J. Haydn.

Avec Boïeldieu , en période charnière, et surtout L. Spohr et Charles Oberthür , la harpe entre dans le Romantisme.

J' ai écouté aussi les transcriptions faites pour harpe d' oeuvres de J. Haydn, qui y résistent bien , sans être dénaturées; très agréable, un peu anecdotique.

De mémoire, la seule oeuvre  authentique de J. Haydn avec harpe est le duo pour 2 ténors HobXXX:5c " DerMorgen graut " tiré de Alfred, toujours inédit à ce jour; il faudrait vérifier cela dans le livre de M. Vignal ( le mien est enfoui dans mes cartons ...)

Je pense que la harpe n' a connu que peu de compositions car elle reste un instrument de salon, à la dynamique peu intense, au charme trop délicat et pas assez spectaculaire, trop aristocratique ( par rapport au piano(forte)qui conquiert le milieu bourgeois), trop connotée " Ancien Régime ".

Enfin , pour rire un peu , je voulais citer une " vacherie " de I. Stravinski : " les harpistes passent 90 % de leur vie à accorder leur instrument  et les 10 % qui restent à jouer faux " Laughing  Tirée d' un livre que je vous recommande  pour se détendre https://issuu.com/fluideglacial/docs/petites_vacheries
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Piero1809
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)   Sam 12 Aoû - 9:10

Benoît a écrit:

De mémoire, la seule oeuvre  authentique de J. Haydn avec harpe est le duo pour 2 ténors HobXXX:5c " DerMorgen graut " tiré de Alfred, toujours inédit à ce jour; il faudrait vérifier cela dans le livre de M. Vignal ( le mien est enfoui dans mes cartons ...)

Enfin , pour rire un peu , je voulais citer une " vacherie " de I. Stravinski : " les harpistes passent 90 % de leur vie à accorder leur instrument  et les 10 % qui restent à jouer faux " Laughing  Tirée d' un livre que je vous recommande  pour se détendre https://issuu.com/fluideglacial/docs/petites_vacheries

Ayant consulté mon Vignal, je lis à propos de l'air HobXXX.5c qu'il s'agit d'un adagio pour deux ténors, violon solo, cordes et harpe...., mais sur l'autographe conservé à Berlin, la portée prévue pour la harpe est restée vide.
Dans ces conditions la seule oeuvre pour harpe de Haydn reste le splendide récitatif d'Orfeo Rendete a questo seno et l'air qui suit Cara speme, alme di scoglio...Un des plus beaux passages de l'Anima del filosofo qui regorge de beautés.

La boutade de Stravinsky est une vacherie dont le compositeur est coutumier. Elle me fait penser aux blagues contre les altistes: définition d'un demi-ton: intervalle séparant deux altistes jouant à l'unisson.
Cette boutade du père Igor s'applique parfaitement aux instruments munis de cordes en boyau (1): violes de gambe, violons et altos baroques. Avec mon alto baroque, je passe mon temps à m'accorder. Si je joue faux (aux auditeurs d'en décider), je fais mon possible pour me soigner.

(1) Des boyaux de chat bien entendu....
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Benoît

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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)   Sam 12 Aoû - 9:30

En effet, l' alto, l' altiste sont en première ligne dans les " vacheries entre les musiciens " ; Piero appréciera .... Rolling Eyes Je ne sais pas si cela reflète la réalité dans le milieu professionnel; il est vrai que l' alto , moins connu, n' a pas l' aura ( auprès du public, mélomane ou moins) du violon ou du violoncelle, même si des ar(l)tistes comme Gérard Caussé ou maintenant Antoine Tamestit le magnifient pleinement.
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)   Sam 12 Aoû - 14:17

Si je ne m'abuse Marie-Antoinette jouait elle-même de la harpe et appréciait beaucoup la musique de Krumpholtz. J'avais cru lire, un jour, que Kurmpholtz avait été son professeur pendant un temps, mais je ne retrouve pas l'information, j'ai dû rêver.
Dans un autre genre parmi ses professeurs on trouve (entre autre car elle en a eu beaucoup, spécialement dédiés parfois au chant (Lagarde), au clavecin (Simon), ou la harpe (Hinner)) Balbastre qui a su s'en sortir pendant la révolution, et avec un certain succès, en faisant des arrangements d'airs révolutionnaires : à ce titre il est très déroutant et ironique de pouvoir écouter "Ah ça ira" interprété au clavecin sachant qu'à l'époque on a fait brûler des clavecins pour le symbole qu'ils représentaient.
La reine était entre autre friande de la musique de Giroust, Martini, Grétry, Gluck, Haydn bien évidemment ...
Globalement elle avait un intérêt prononcé pour la musique et les arts du spectacle ce qui est une bonne chose compte tenu du désengagement de son mari sur ces sujets.
Toutefois la reine semble particulièrement attirée par la musique un peu désuète, très galante, très simple, une sorte de "pureté et élégance naturelle" telle qu'elle la mime dans sa bergerie.

Un petit lien entre la musique de Krumpholtz et celle de Haydn tout de même : les deux utilisent largement des airs populaires de leur temps. Dans le cas de Krumpholtz ça ne me semble pas imbécile de rapprocher ça de cette mode du paysan et de la nature qui a touché la cour.

Concernant l'utilisation de la harpe on ne m'ôtera pas de l'idée que sa sous-représentation n'est pas due qu'au fait que ce soit un instrument de salon (la viole l'était aussi), mais surtout au fait que c'est un instrument perçu comme féminin et maîtrisé essentiellement par des femmes (alors que les concertistes, eux, en-dehors du chant, étaient pratiquement toujours des hommes). Xavier de Maistre affirme qu'il y avait plus de 200 magasins de harpes à Paris au XVIIIème siècle, on vendait donc énormément d'instruments, mais d'évidence il y a une grosse césure dès lors qu'on rapporte le nombre de facteurs au nombre de compositeurs qui s'intéressent à la chose.

L'alto est injustement l'instrument moqué par excellence, à tous les niveaux.
Il y a une image, fausse, de violoniste ratée en la personne de l'altiste. Peu de gens en effet reconnaissent une identité propre à cet instrument qui apparaît comme perdu entre la violoncelle et le violon (que diraient-ils s'ils savaient que du temps de Lully il y avait 3 instruments qui séparaient le dessus de la basse de violon ? Haute-contre, taille et quinte, tous remplacés à terme par l'alto au XVIIIème siècle !).
Il serait aussi bon de rappeler que des compositeurs comme Mozart ou Stamitz appréciaient énormément l'alto, et que lorsque Mozart interprétait des quatuors avec Haydn il jouait l'alto.
Récemment j'ai encore eu l'occasion de parler avec quelqu'un, qui, lorsque j'ai évoqué l'alto, ne savait pas ce que c'était : il y a du chemin à faire vis à vis de la notoriété de cet instrument, peut être le plus méconnu de l'orchestre !
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)   Sam 12 Aoû - 16:09

Euclide-Orphée a écrit:

La reine était entre autre friande de la musique de Giroust, Martini, Grétry, Gluck, Haydn bien évidemment ...
L'alto est injustement l'instrument moqué par excellence, à tous les niveaux.

Martini serait-il le compositeur espagnol Martin i Soler auteur d'opéras à succès dont Una cosa rara (livret de Da Ponte) qui avait italianisé son nom en Martini?
En 1785, la reine Marie-Antoinette s'était entichée d'Antonio Sacchini, excellent compositeur qui, séjournant à Paris, avait composé de belles tragédies lyriques et en 1786 son chef-d'oeuvre: Oedipe à Colonne. Croyant à tort que la reine ne l'aimait plus, Sacchini fit une sorte de dépression et mourut peu après. Son Oedipe à Colonne fut représenté avec grand succès..

L'alto et la harpe n'ont pas la place qu'ils méritent dans la musique de chambre. Il faut remercier Debussy d'avoir composé un magnifique trio pour flûte, alto et harpe dont le seul défaut est sa grande difficulté d'exécution.
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)   Sam 12 Aoû - 18:12

Piero1809 a écrit:
Martini serait-il le compositeur espagnol Martin i Soler auteur d'opéras à succès dont Una cosa rara (livret de Da Ponte) qui avait italianisé son nom en Martini?

Ca aurait pu vu la volatilité des noms à l'époque.
Mais il s'agit de Jean-Paul-Égide Martini (né Johann Paul Aegidius Schwarzendorf mais lorsqu'il arriva en France il choisit d'italianiser son prénom pour être plus à la mode ! Il se faisait surnommer Martini Il Tedesco) : voir le topic lui étant dédié pour plus de détails.


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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)   Sam 12 Aoû - 18:48

Merci pour cette présentation de ce Jean Paul Egide Martini que je ne connaissais pas.
Pourrais-tu éventuellement ouvrir un nouveau sujet consacré à ce compositeur dans le sous-forum Compositeurs et interprètes en faisant un simple copier collé de ton post sur ce Martini? On gardera dans le sujet Krumpholtz, si tu est d'accord, les deux premières phrases de ta réponse.
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)   

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Jean-Baptiste KRUMPHOLTZ (1742 - 1790)
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