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 Trio n°24 en mi bémol majeur (HobXV.11)

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Piero1809
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MessageSujet: Trio n°24 en mi bémol majeur (HobXV.11)   Jeu 8 Jan - 15:39

Le Trio n°24 en mi bémol majeur pour oiano, violon et violoncelle (HobXV.11) a été composé en novembre 1788, c'est le premier d'une série de trois comprenant les trios en mi mineur (HobXV.12) et ut mineur (HobXV.13) du début de l'année suivante. Le trio en la bémol (HobXV.14) lui est écrit seulement en 1790 mais se rattache aux trois précédents par l'inspiration et le style.

La composition du présent trio survient trois ans après une série de trios datant de 1784-5. Entre temps Mozart, en 1786, écrit deux trios pour la même formation en sol majeur KV 496 et en si bémol KV 502. Contenant quelques passages génialement inventifs, les deux trios de Mozart sont peut-être les plus beaux et les plus fouillés des trios composés jusqu'alors, ils donnent de plus une place notable au violoncelle ce qui semble une initiative nouvelle à cette époque. En juin et juillet 1788, Mozart composera encore deux trios en mi majeur KV 543 et ut majeur KV 548, si le premier reste encore dans l'ambiance novatrice des deux précédents, le second, à mon humble avis, est moins créatif. Quant au dernier trio KV 564 d'octobre 1788, c'est une oeuvre modeste, rapidement écrite qui semble indiquer que Mozart se désintéresse de ce genre musical (1). Ainsi Joseph Haydn prend le relai de son ami et avec le présent trio nous offre une oeuvre triomphante qui montre à l'évidence qu'il est entré dans la période la plus créatrice de sa vie.

L'allegro moderato qui ouvre ce chef-d'oeuvre frappe par ses vastes dimensions. Il s'ouvre par un thème à la fois lyrique et fier typique de la tonalité de mi bémol qui avec ses rythmes lombards se grave rapidement dans la mémoire. Le premier thème reparait à la dominante mais la suite est toute différente c'est un chant continu et très modulant du piano et du premier violon. On arrive alors à un thème nouveau d'un charme mélodique irrésistible. Toute cette exposition fait 75 mesures. C'est le thème conclusif de la première partie qui amorce le développement en ut majeur, la suite est de nouveau un chant continu d'un lyrisme schubertien qui se déroule longuement à travers de magnifiques modulations. Le premier thème reparait en fa majeur mais c'est une fausse rentrée et après un passage plein de fantaisie on assiste à la véritable rentrée. Ce développement a duré 80 mesures. La rentrée est entièrement refondue. Le premier thème rapidement module en mi bémol mineur ce qui en change complètement la signification mais immédiatement le joyeux thème conclusif met un terme à la reexposition qui ne fait que 35 mesures. Il est certain que ces mots d'exposition, développement et réexposition ne signifient plus grand chose ici tant Haydn prend de libertés avec les formes qu'il manipule avec génie en fonction de son inspiration qui ici semble inépuisable.

Le second et dernier mouvement, Tempo di menuetto, contraste avec le précédent par sa sobriété. Il présente un mélange de gravité et de sérieux très attachants. Le menuet proprement dit, en deux parties est encadré de doubles barres de reprises. Le style en contrepoint à trois voix est sévère mais le résultat paradoxalement est plein de charme. Le trio en la bémol qui suit est également encadré de doubles barres de reprises. La mélodie est évidemment issue du menuet et rappelle le thème de l'épisode correspondant du menuetto du trio pour piano, clarinette et alto KV 498 de Mozart datant de 1786. De belles modulations chromatiques amènent la rentrée. Cette troisième partie est très différente de la première, il n'y a plus de barres de reprises et chaque partie du menuet est librement variée, procédé qui évite la monotonie.

Plénitude et harmonie sont les termes qui conviennent pour qualifier ce merveilleux trio.

(1) Le mouvement lent de ce trio andante reprend avec une petite modification rythmique le thème du poco adagio de la symphonie n° 75 en ré majeur de Joseph Haydn composée en 1779-80. Comme chez Haydn, ce thème est suivi de variations. Rappelons que le thème de Haydn à caractère d'hymne très prononcé impressionna si intensément "un clergyman anglais en 1792 qu'il tomba dans une intense mélancolie, car la nuit précédente il avait rêvé cet andante comme annonçant sa propre mort. Aujourd'hui Mr. Barthelemon m'a annoncé la mort de ce pasteur protestant". Haydn 2ème Carnet de Londres, feuille 11 côté b et feuille 12 côté a. Rapporté dans (2).

(2) Marc Vignal, Joseph Haydn, Fayard, 1988.
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